© TF1/LCIUn détenu s'est suicidé par pendaison dans la nuit de jeudi à vendredi à la maison d'arrêt de Strasbourg, ce qui porte à trois ce type de décès dans les prisons françaises en moins de deux semaines. Le procureur a ouvert une information judiciaire pour "recherche des causes de la mort". L'homme, majeur, avait été incarcéré jeudi soir après avoir été mis en examen dans un dossier criminel. Il avait été placé en cellule avec un autre détenu, sur consigne du magistrat. Il a été découvert vers une heure du matin, pendu avec ses lacets de chaussures, sans que les surveillants, alertés par son co-détenu, parviennent à le ranimer.
Le 6 octobre déjà, un mineur s'était donné la mort en se pendant à l'aide d'un drap à la prison de Metz. Trois jours plus tard, un autre mineur incarcéré aussi à Metz s'était suicidé de la même manière à Strasbourg, où il avait été transféré à la suite des premiers faits. Mais les deux suicides de Strasbourg sont sans rapport, assure l'administration pénitentiaire.
Les précédents de Metz
Les prisons françaises connaissent une surpopulation jugée dramatique par les syndicats de surveillants. Malgré des mesures visant à favoriser les libérations anticipées, le chiffre de la population carcérale au 1er octobre, publié vendredi, marque une nouvelle hausse de 0,5% par rapport à septembre avec 63.185 détenus, dont 697 mineurs.
La ministre de la Justice Rachida Dati a annoncé une série de mesures après les deux suicides de Metz et Strasbourg et ordonné une enquête administrative à l'encontre des magistrats lorrains. Cette démarche a suscité la colère des syndicats des magistrats qui ont décidé l'organisation le 23 octobre d'une journée de protestation et ont saisi le Conseil supérieur de la magistrature pour qu'il se prononce sur ce qu'ils considèrent comme une atteinte à l'indépendance de la justice.
Les syndicats estiment que la ministre cherche des boucs émissaires alors que c'est sa politique prônant davantage de répression pour les mineurs délinquants et les récidivistes en général qui est en cause, selon eux. L'administration pénitentiaire, pour sa part, fait valoir que les suicides en prison ont diminué d'un quart entre 2002 et 2007, passant de 23 pour 10.000 détenus à 15 pour 10.000 détenus.
D'après agence
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