"Tirer les leçons" du drame de Saint-Michel

le 25 octobre 2008 à 17h16 , mis à jour le 25 octobre 2008 à 17h23

Le syndicat FSU dénonce les conditions du drame et notamment la mise en garde à vue de l'enseignant, qui s'était suicidé peu après, sur la foi d'accusations mensongères.

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Après la mort de l'enseignant, l'élève est revenu sur ses accusations
 

L'affaire du collège César-Savart a secoué toute la communauté enseignante à Saint-Michel, mais bien au-delà du département de l'Aisne, le syndicat FSU appelle aujourd'hui à en "tirer toutes les leçons", après le revirement d'un collégien, qui avait affirmé avoir reçu un coup de poing d'un professeur avant de se rétracter quelques semaines plus tard. Entretemps, l'enseignant, placé en garde à vue lors de la dénonciation de l'élève, s'était suicidé.

"La première réponse à un incident ou un conflit entre un enseignant et un élève devrait d'abord être traitée au sein de l'établissement scolaire en favorisant notamment le dialogue ; le recours à des procédures telles que la garde à vue devrait être exceptionnel et le respect de la présomption d'innocence ne devrait jamais être oublié", a écrit le syndicat dans un communiqué, en souhaitant que les ministres de l'Education nationale et de la Justice "le rappellent solennellement".

"Rendre son honneur à mon fils"

Vendredi, le parquet de Laon a annoncé que le collégien, âgé de 15 ans, qui avait reconnu avoir menti, allait faire l'objet de poursuites judiciaires. "Il est établi que les faits allégués sont inexacts", a indiqué le procureur de la République de Laon, Olivier Hussenet, dans un communiqué. "Tout au plus le professeur a-t-il empoigné le menton de l'élève, avec une certaine rudesse, pour lui faire relever la tête", provoquant une "douleur et un saignement" au niveau d'une dent cariée et cassée de l'élève, a-t-il ajouté. Mais le professeur "ne lui a porté ni un coup de poing, ni même une gifle, et ne lui a pas cassé une dent", a-t-il encore assuré. "L'élève M. a menti", a renchéri Francis Lec, avocat de la famille du professeur, lors d'une conférence de presse à Laon. "C'est un gâchis immense dans l'Education nationale qui se répète trop souvent. On n'a pas tiré les leçons du (procès d') Outreau", par rapport au recueil de la parole de l'enfant.

Pour le père de l'enseignant, qui entend se constituer partie civile, "l'objectif premier est atteint : rendre son honneur à mon fils. L'objectif second est maintenant de comprendre pourquoi et de savoir quel est le rôle des adultes dans cette machination". Reste que lors de son suicide, l'enseignant était en pleine procédure de divorce. Et que, selon le procureur de Laon, il est "téméraire" de privilégier un lien de causalité entre l'altercation avec son élève, la garde à vue et le suicide de l'enseignant.

D'après agence

le 25 octobre 2008 à 17:16
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