Un policier à Ajaccio le 4 octobre 2008. © TF1/LCI![]() |
| Ce qu'il s'est passé |
Trois adolescents d'origine maghrébine ont été blessés, dont un sérieusement à l'oeil, par quatre tirs de fusil de chasse, vendredi soir à d'Ajaccio, dans ce qui semble être une agression à caractère raciste.
Cette agression a été condamnée "avec la plus grande fermeté" par la ministre de la Justice Rachida Dati. Elle a demandé "au parquet général de donner instruction au parquet d'Ajaccio de faire toute la lumière sur cette affaire et de veiller à ce que les auteurs de ces faits soient sanctionnés avec la plus grande vigueur". "Si le caractère raciste de l'agression est confirmé par l'enquête judiciaire, les dispositions du code pénal qui aggravent les condamnations en cas de racisme devront être rigoureusement appliquées", a-t-elle ajouté. Une enquête, confiée à la PJ d'Ajaccio, a été ouverte pour "tentatives de meurtre".
Un différent quelques jours avant les faits
Les faits se sont déroulés vers 22h30 dans un quartier populaire situé sur les hauteurs de la ville. Un groupe de jeunes d'origine maghrébine se trouvait, selon des témoins, sur un terrain de sport du quartier et prolongeaient dans le calme la fête de l'Aïd el-Fitr, qui marque la fin du ramadan. Ils ont été pris pour cible par des hommes armés d'un fusil de chasse qui circulaient en voiture et ont fait feu à quatre reprises.
S'appuyant sur des témoignages, les enquêteurs ont interpellé un habitant du quartier dans son appartement. Quatre autres personnes qui se trouvaient avec lui ont également été arrêtées puis rapidement relâchées. Agé de 44 ans, l'homme nie avoir participé aux faits. Quatre fusils de chasse ainsi que des munitions ont été saisis chez lui. Un autre homme a été interpellé samedi matin, a précisé le procureur. Un autre homme, âgé de 21 ans, a été interpellé samedi matin et niait également les faits, a précisé le magistrat en indiquant qu'il disposait d'éléments qui justifient leur maintien en garde à vue.
Selon les premiers éléments recueillis par les enquêteurs, un différend aurait opposé il y a quelques jours les deux agresseurs présumés à plusieurs jeunes à cause d'une voiture taguée. Selon un témoin, interrogé par l'AFP, l'homme interpellé samedi matin aurait brandi une arme et proféré des menaces racistes lors de cette altercation, déclarant: "sales Arabes, je vais vous buter un par un, vous êtes tous sur ma liste". Les enquêteurs n'écartent pas la possibilité qu'il y ait eu une troisième personne dans le véhicule.
"Des insultes racistes incessantes ces dernières semaines"
Les trois victimes, âgées de 16 à 19 ans, inconnues des services de police, ont été conduites à l'hôpital de la Miséricorde à Ajaccio. Deux d'entre elles, légèrement blessées, ont quitté l'hôpital dans la nuit. Le troisième adolescent a été plus sérieusement touchée à l'oeil et opéré dans la nuit. Interrogé par Europe 1, il a expliqué qu'il était "tranquillement avec des amis en train de discuter". "Soudain j'ai entendu un boum et j'ai reçu quelque chose dans la tête", a-t-il raconté. "Je suis tombé par terre parce que ça m'a sonné et puis j'ai entendu les autres crier 'des plombs, des plombs'", a ajouté le jeune homme selon qui les médecins ne savaient pas encore s'il allait perdre son oeil.
"Mon fils sortait de la mosquée avec ses amis", a raconté à l'AFP le père d'une des victimes, précisant qu'ils étaient "simplement passés saluer leurs camarades". Après l'agression, près de 80 jeunes se sont regroupés et ont dénoncé des "insultes racistes incessantes ces dernières semaines". Dans la nuit, un groupe s'est introduit dans l'appartement d'un des tireurs présumés, y a commis des dégradations et a jeté un papier enflammé dans la cuisine, déclenchant un début d'incendie rapidement stoppé par les pompiers. Sur ces derniers faits, une enquête pour "dégradations et destruction de biens par incendie" a été ouverte.
SOS Racisme s'est dit "scandalisé" par l'agression et a appelé "à sanctionner sévèrement les auteurs". Le président UMP de l'Assemblée de Corse, Camille de Rocca Serra, a dénoncé "une violence gratuite" "insupportable"et le Parti socialiste un "acte odieux".
(D'après agence)
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