Les voyageurs attendant leur train retardé Gare du Nord, le 8 novembre 2008 © LCI| La colère de Guillaume Pépy au 13 h de TF1 |
Le week-end dernier, lorsqu'une rupture de caténaire dans l'Essonne avait provoqué des retards à la chaîne sur les lignes TGV, Dominique Bussereau avait immédiatement dénoncé "l'incident de trop". Ce samedi, ce sont une quarantaine de TGV, Thalys et Eurostar et leurs milliers de passagers qui ont subi des retards pouvant aller jusqu'à 2h30. Pourtant, Dominique Bussereau s'est montré plus indulgent avec la SNCF. Il faut dire que si les avaries et retards ont été nombreux ces derniers mois, survenant en pleines vacances ou au milieu d'un week-end prolongé, retardant des dizaines de trains pendant des heures et contraignant des milliers de voyageurs à dormir dans les TGV ou dans les gares, les problèmes les plus récents semblent dus, non à des défaillances techniques, mais à des actes de malveillance. Non pas un, ni même deux, mais, selon un communiqué de la SNCF diffusé en soirée, pas moins de quatre actes de malveillance, qui ont touché les réseaux Nord, Est et Sud-Est.
Aussi, au lieu de pointer la SNCF, le secrétaire d'Etat aux Transports a-t-il condamné les saboteurs "avec la plus grande fermeté", en soulignant que ce type "d'agissement inqualifiable" pouvait "mettre des vies en danger". Et il a demandé un renforcement de "la surveillance des installations ferroviaires", rappelant au passage "que les peines encourues pour ces actes de dégradations de bien public vont de 3 à 10 ans de prison ferme et jusqu'à 75.000 euros d'amende".
"On ne peut pas mettre des patrouilles le long de tous les rails"
Message reçu cinq sur cinq par Guillaume Pépy, le président de la SNCF : invité du 13 heures de TF1, il a promis une surveillance accrue et a fustigé les responsables des incidents. "Heureusement, il n'y a pas de problème de sécurité, le réseau français est l'un des plus sûrs du monde mais moi, je suis très, très en colère comme d'ailleurs les usagers", a confié le patron de l'entreprise ferroviaire, soulignant que "c'est la quatrième fois en trois semaines qu'on a des actes de malveillance, voire de sabotages sur les lignes à grande vitesse (...) franchement, y en a marre (...) nous sommes victimes d'actes irresponsables, d'actes imbéciles". Il a toutefois souligné aussi que "c'est d'abord, évidemment, la responsabilité de la police et de la justice de retrouver les auteurs et que ces personnes-là soient sanctionnées".
Les pouvoirs publics ont réagi à l'unisson, Rachida Dati donnant des "instructions de fermeté" aux procureurs "pour recenser les actes commis sur l'ensemble du territoire national", pour "ordonner systématiquement des enquêtes pénales" et pour que les responsables "soient sanctionnés avec la plus grande sévérité". Du côté du ministère de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie a souhaité que les enquêtes soient placées sous la "responsabilité directe" du directeur général de la Gendarmerie nationale. Et "que tous les moyens, en particulier ceux de police technique et scientifique, soient mobilisés au service de ces investigations".
Mais au même ministère, on n'en soulignait pas moins samedi après-midi les difficultés d'organiser la surveillance de 34.000 km de lignes de chemin de fer en France. "On ne peut pas mettre des patrouilles le long de tous les rails de France et de Navarre", assurait-on place Beauvau, en soulignant que la responsabilité de la sécurité du réseau incombe en grande partie à la SNCF. "Si une demande précise est formulée par la SNCF, elle sera étudiée avec le plus grand soin" pour des "actions ciblées" ou pour donner "des consignes localement", a cependant précisé le ministère.
D'après agences
| Des voyageurs mieux informés, mieux indemnisés, mieux nourris |
Face aux critiques sur l'information voyageurs dont fait l'objet l'entreprise dans ce genre de situation, Guillaume Pépy a estimé qu'il y avait encore une marge de progression et que des efforts allaient être entrepris pour encore "améliorer la prise en charge des voyageurs à bord des trains" avec notamment "plus de boissons, plus d'alimentation et l'indemnisation". |
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