L'attente Gare du Nord, à Paris © LCIUne semaine après le samedi noir du réseau Ouest, une bonne partie des chemins de fer français ont connu des retards. C'est la liaison Paris-Lille qui a connu la pagaille la plus spectaculaire : des dizaines de TGV empruntant la ligne dans les deux sens ont été retardés en raison de quatre actes de malveillance, qui ont touché les réseaux Nord, Est et Sud-Est. Au nord-est de la capitale, les agents de la SNCF et la gendarmerie présents sur place ont notamment constaté que des "fers à béton (d'épaisses tiges métalliques) avaient été fixés sur la caténaire". Le passage du premier train après l'installation de ce dispositif a arraché les fils. Le trafic a également été perturbé par la découverte d'un corps déchiqueté sur les voies.
En raison de ces incidents, la circulation des TGV, Thalys et Eurostar a été détournée sur une voie classique toute la matinée de samedi. Il a fallu également trouver des solutions pour trois TGV déjà engagés sur la voie lors de l'incident et qui n'avaient pu être détournés. Le premier d'entre eux a pu repartir avec un retard d'une heure et demi, le troisième a "rebroussé chemin". Le second est resté immobilisé sur la voie et une procédure d'évacuation a été mise en oeuvre, pour faire sortir les 350 passagers.
Des milliers de passagers en attente sur les quais
Mais d'autres dégradations ont été constatées sur le réseau ferré au cours de la même journée. Un communiqué de la SNCF diffusé en fin de journée a ainsi fait état de quatre sabotages distincts. Ces actes de malveillance ont visé des installations de la SNCF, situées dans l'Oise, l'Yonne et la Seine-et-Marne, touchant les lignes à grande vitesse Nord, Est et Sud-Est. Sur l'ensemble du territoire, les perturbations ont concerné environ 160 trains, avec des retards allant de 10 minutes à plus de quatre heures.
Sur la LGV Nord, la plus touchée, "environ 80 Thalys, Eurostar et TGV, transportant près de 20.000 voyageurs", ont subi des retards de l'ordre d'une heure. "Une trentaine de trains ont toutefois eu des retards de plus de deux heures", a précisé la SNCF. Trois TGV ont été bloqués, entraînant des retards de 4 heures pour l'un (Lille-Toulouse), 3h30 pour un autre (Lille-Irun) et 3 heures pour le dernier (Lille-Nice). Sur la LGV Est, un train, bloqué, a subi un retard de 4h30 et une quarantaine d'autres ont été retardés de 30 minutes, tandis que trois TGV ont subi des retards de 1h30. Enfin, sur la LGV Sud-Est, une quarantaine de TGV ont subi des retards de 10 à 45 minutes.
La pagaille a duré une bonne partie de la journée, notamment au nord de Paris, même si la circulation des trains a repris "progressivement" sur les deux voies de la LGV Nord à partir de la mi-journée. Mais les perturbations étaient encore perceptibles samedi soir. Pendant ce temps, à Paris, gare du Nord, c'était la cohue avec des milliers de personnes en attente sur les quais.
La SNCF ne veut plus être un "bouc émissaire" |
Après un incident de caténaire samedi dernier, qui faisait suite à une série de défaillances depuis l'été, le secrétaire d'Etat aux Transports, Dominique Busserau, avait déploré "l'incident de trop". Mais selon la CFTC, "la SNCF fait trop souvent figure du bouc émissaire du Gouvernement" et "les responsabilités doivent être placées là où elles sont vraiment, tant pour ce qui concerne le vieillissement du réseau que lors d'incidents indépendants de la volonté de la SNCF". Et après l'annonce des sabotages sur le réseau ferré, le syndicat a demandé à ce que "les auteurs de ces actes, quels qu'ils soient", puissent être "recherchés et faire l'objet de sanctions exemplaires". Cette fois, le message a été entendu par le gouvernement... du moins en ce qui concerne les responsables d'actes de vandalisme. |
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