L'attentat rue Copernic, à Paris, a fait 4 mort le 3 octobre 1980 © INALe 3 octobre 1980, vers 18h40, en ce soir du shabbat, la synagogue de l'Union libérale israélite de la rue Copernic, dans le XVIe arrondissement de Paris, est comble. Une forte explosion retentit dans cette rue. Elle fait même tomber le plafond de l'édifice. Dix kilos de pentrite dissimulés dans la sacoche d'une moto, devant la porte, viennent d'exploser et ont tué quatre passants -trois Français et une Israélienne- et blessé neuf autres personnes, brisé toutes les vitres du quartier et ébranlé les immeubles des alentours.
Après près de 30 ans de fausses pistes, l'auteur présumé de cet attentat a été arrêté jeudi à Gatineau, près d'Ottawa, au Canada, sur mandat d'arrêt international de juges français. Il s'agit d' Hassan Diab, un Libano-Canadien de 54 ans d'origine palestinienne, recherché depuis 2007, a confirmé le ministère de la Justice. Deux juges antiterroristes parisiens chargés de l'affaire doivent très prochainement se rendre au Canada. La fondatrice de l'association SOS Attentats, Françoise Rudetzki, s'est aussitôt félicitée de cette interpellation et a salué le "travail de fourmi et l'obstination des enquêteurs".
L'homme est soupçonné par la justice française d'avoir confectionné l'engin explosif posé dans la sacoche. Le mandat d'arrêt international a été délivré à la suite d'une commission rogatoire internationale en novembre 2007 visant Hassan Diab. Ce dernier s'était déclaré "victime d'une homonymie". "Je n'ai jamais appartenu à aucune organisation palestinienne, ni milité politiquement", avait-il assuré. Son avocat canadien avait indiqué que son client était étudiant à Beyrouth à l'époque de l'attentat de la rue Copernic et s'était ensuite installé aux Etats-Unis pour des études de doctorat. L'avocat avait à l'époque menacé les autorités françaises de poursuites. Jeudi soir, contacté par l'AFP, il a de nouveau affirmé l'"innocence" de son client.
28 ans d'enquête difficile
Le jour même de l'explosion, un appel anonyme revendiquait l'attentat au nom des Faisceaux nationalistes européens. Mais le dirigeant de cette organisation d'extrême droite, Marc Fredriksen, avait aussitôt démenti. La police n'a alors aucune piste mais se lance sur celle de l'extrême droite. Des dizaines de personnes sont arrêtées dans les jours qui suivent puis relâchées. Aucune arme, aucun explosif ne sont découverts. Plusieurs manifestations "contre le fascisme" sont organisées dans les jours suivants, dont l'une rassemble 200.000 personnes à Paris le 7 octobre. Le 9 octobre, la police recherche un Chypriote qui serait le propriétaire de la moto trouvée déchiquetée dans la rue. Rapidement, elle apprendra que ce motard était porteur d'un passeport chypriote au nom d'Alexandre Panadryu.
Le 15 octobre, c'est le dirigeant libyen, le colonel Mouammar Kadhafi, qui est désigné par l'hebdomadaire Tribune juive, selon des sources du contre-espionnage français. Début novembre, une "piste espagnole", toujours dans l'extrême droite, est évoquée par le journal l'Humanité qui cite des policiers et désigne un leader néonazi espagnol qui se cacherait sous le nom de Panadryu. La police enquêtera sur cette fausse piste durant trois ans. Cependant, dès 1981, des sources policières n'évoquaient plus que la piste palestinienne. Panadryu n'est toujours pas identifié, même si sa description est précise.
En octobre 1984, la presse écrit qu'Israël a identifié les auteurs de l'attentat, cinq hommes d'un groupe dissident de l'OLP (Organisation de libération de la Palestine), sous les ordres d'un nommé Selim Abou Salem, âgé d'une quarantaine d'années. Le 11 octobre 2007, Le Figaro annonce que l'auteur présumé de l'attentat, un ancien du FPLP (Front populaire de libération de la Palestine, gauche radicale) dénommé Hassan Diab, vit au Canada après avoir passé plusieurs années aux Etats-Unis, et aurait été identifié par la police... Et interpellé ce jeudi.
Réactions |
-Le Grand rabbin Williams officiait dans la synagogue de la rue Copernic lorsque l'attentat du 3 octobre 1980 a eu lieu : "J'ai vécu avec ça depuis 28 ans, mieux vaut tard que jamais !", a déclaré le rabbin. "Pour les victimes, s'il y a une suite, c'est mieux que rien. Nous attendons patiemment de voir", a-t-il ajouté. "Cette année après 28 ans où nous n'avons pas été questionnés, je suis resté bouche bée : la DST est venue nous voir. Entre le 3 octobre 1980 et mai 2008, il ne s'est rien passé, ce n'est pas une critique, c'est une constatation. Littéralement, presque 30 ans de silence", a relevé le rabbin, qui officie toujours à la synagogue. Si la personne interpellée est traduite en justice, "nous serons peut-être partie civile", a ajouté le religieux. |
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