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Grenoble - Le déséquilibré pourra être entendu par un magistrat

le 18 novembre 2008 à 18h28, mis à jour le le 18 novembre 2008 à 22:18

Une expertise a conclu que l'état mental de l'homme qui a mortellement poignardé un étudiant à Grenoble est "compatible avec son audition et son éventuelle mise en examen".

Agression d'un étudiant par un déséquilibré à Grenoble (12 novembre 2008)Agression d'un étudiant par un déséquilibré à Grenoble (12 novembre 2008)

Jean-Pierre Guillaud, 56 ans, souffre de schizophrénie. Soigné dans un service psychiatrique, il a déjà commis plusieurs agressions. Le 12 novembre dernier, il s'est ainsi échappé de l'hôpital où il était soigné. Il a ensuite pris un bus pour Grenoble, acheté un couteau et poignardé dans le ventre un passant en sortant du magasin. Le jeune homme, un étudiant-chercheur dans une école d'ingénieurs à Grenoble, âgé de 26 ans, devait mourir peu après.

A la suite de cette agression, le parquet de Grenoble a pris contact avec les médecins-psychiatres de l'hôpital de Saint-Egrève, d'où Jean-Pierre Guillaud s'était échappé à l'occasion d'une promenade dans le parc, pour vérifier s'il était en mesure d'être entendu par un magistrat. Le résultat de l'expertise est arrivé ce mardi : le médecin qui l'a examiné a jugé son cas "compatible avec son audition et avec son éventuelle mise en examen".

Trois agressions du même type

Cette expertise ne permet cependant pas de préjuger de la responsabilité pénale de l'agresseur. Pour savoir si l'homme pourra ou non être jugé, une deuxième expertise a été ordonnée dans le cadre de l'information judiciaire ouverte par le parquet. Ses résultats ne seront pas connus avant plusieurs semaines.

Jean-Pierre Guillaud, qui "entendrait des voix", est malheureusement un habitué de ce genre de passage à l'acte. Il a déjà commis trois agressions du même type qui se sont soldées chaque fois par son placement d'office en hôpital psychiatrique. En 1989, il avait ainsi poignardé dans le ventre un clochard à Grenoble, en 1995 un autre passant dans la ville après s'être échappé de l'hôpital, puis en 2006 un résident d'une maison de retraite de Miribel-les-Echelles. Sa victime de 1995 a d'ailleurs témoigné il y a quelques jours dans le Dauphiné libéré : l'agression avait eu lieu pratiquement au même endroit que celle de ce 12 novembre, et le déséquilibré avait acheté son couteau dans la même quincaillerie... Cet homme agressé avait à l'époque porté plainte contre le CHU qui avait été condamné, après que son agresseur schizophrène eut été reconnu pénalement irresponsable.

Le directeur de l'hôpital psychiatrique "suspendu"

Le directeur de l'hôpital psychiatrique de Saint-Egrève a été "suspendu", a indiqué mardi le ministère de la Santé. Selon Le Figaro, "Michel Gellion, le directeur de l'hôpital psychiatrique de Saint-Egrève, a été suspendu de ses fonctions lundi. La sanction est intervenue quatre jours seulement après le meurtre de Luc Meunier".

le 18 novembre 2008 à 18:28
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