Agression d'un étudiant par un déséquilibré à Grenoble (12 novembre 2008) © TF1/LCILes experts avaient jugé son état de santé mentale compatible avec son audition devant un juge d'instruction. Convoqué jeudi matin, Jean-Pierre G, schizophrène de 56 ans, a reconnu avoir tué d'un coup de couteau un étudiant à Grenoble, a-t-on appris de source judiciaire. A l'issu de cet entretien, l'individu, qui était "calme" s'est vu notifier sa mise en examen pour "homicide volontaire" . Placé en détention provisoire par le juge des libertés et de la détention, il a été "reconduit à l'hôpital psychiatrique de Saint-Egrève" (Isère).
Etudiant poignardé à Grenoble: le schizophrène déclaré irresponsable
Les expert ont déclaré irresponsable l'homme qui avait poignardé à mort un étudiant à Grenoble il y a un an, entraînant l'annonce par Nicolas Sarkozy d'une réforme de l'hospitalisation psychiatrique.
Publié le 01/12/2009
Le 12 novembre, en plein centre de Grenoble, Jean-Pierre G., shyzophrène, avait mortellement poignardé Luc Meunier, après s'être échappé de l'hôpital psychiatrique de Saint-Egrève. D'après son avocate, Me Toubiana, "il s'est déclaré soulagé car ca fait 20 ans qu'il essaie de tuer quelqu'un, qu'il n'y arrive pas". "C'est la cinquième fois qu'il essaie de tuer quelqu'un", a-t-elle assuré, ajoutant que son client s'était dit "satisfait d'avoir répondu à la voix qu'il aime" et qu'il "appelle Satan". Jean-Pierre G. aurait également affirmé avoir "acheté un couteau" une semaine avant le meurtre de Luc Meunier et tenté d'agresser une personne, qui s'était défendue, des faits que les enquêteurs tentent de vérifier. Par le passé, Jean-Pierre G. avait commis deux agressions similaires au couteau, blessant grièvement ses victimes, pour lesquelles il avait été déclaré pénalement irresponsable.
Mercredi, la famille de cet étudiant de 26 ans a fait savoir qu'elle souhaitait "des réponses" sur les circonstances du drame. "La famille (les parents, le frère et la soeur) et la concubine de Luc (...) entendent se constituer parties civiles afin que toute la lumière soit faite sur les circonstances ayant conduit à ce drame, tant en ce qui concerne l'auteur des faits lui-même, que les évènements qui ont rendu possible son acte", précise leur avocat grenoblois, Me Hervé Gerbi, dans un communiqué. Ils souhaitent que des réponses soient apportées sur le suivi médical, la prise en charge et la surveillance de l'auteur (présumé) des faits. Les proches de l'étudiant, inhumé lundi, "sollicitent" par ailleurs que leur "soit communiqué" le "premier rapport" de l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS) ayant conduit à la suspension du directeur de l'hôpital psychiatrique, Michel Gellion.
Des syndicats dénoncent la suspension du directeur |
Sept syndicats de cadres, médecins et salariés du secteur psychiatrique ont dénoncé mercredi la suspension durant six jours du directeur de l'hôpital psychiatrique de Saint-Egrève. Le meurtrier présumé, un schizophrène de 56 ans, avait été interné d'office en 2006 après des faits analogues, mais il bénéficiait de "sorties d'essai" autorisées par la préfecture, selon les syndicats. "La recherche précipitée d'un bouc émissaire deviendrait-elle une nouvelle façon de gouverner ?", s'interrogent dans une déclaration commune, le Syndicat des Psychiatres d'Exercice Public (SPEP), le Syndicat des Psychiatres des Hôpitaux (SPH), le Syndicat des Psychiatres de Secteur (SPS) et l'Union Syndicale de la Psychiatrie (USP). "Le message ainsi délivré aux institutions et aux soignants" apparaît "particulièrement désastreux" et "contre-productif", selon les signataires.
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