Lors de l'arrestation d'un suspect présumé dans l'affaire des sabotages à la SNCF © LCINeuf personnes soupçonnées d'être membres d'une "cellule invisible qui avait pour projet la lutte armée" devaient être présentées samedi à un juge d'instruction antiterroriste en vue de leur éventuelle mise en examen pour des dégradations contre des lignes TGV. A la mi-journée, le parquet a ouvert une information judiciaire, notamment pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste", selon une source judiciaire. Ces quatre hommes et cinq femmes, âgés de 22 à 34 ans, doivent ensuite être présentés dans l'après-midi au juge d'instruction antiterroriste Thierry Fragnoli en vue de leur éventuelle mise en examen, requise par le parquet. Une mise en examen signifierait que le juge estime disposer d'"indices graves et concordants" de leur implication dans cinq dégradations de caténaires de lignes à grande vitesse fin octobre et dans la nuit du 7 au 8 novembre qui avaient perturbé le trafic SNCF.
Ces jeunes gens, pour la plupart issus de milieux aisés, étaient sous surveillance dans le cadre d'une enquête ouverte en avril. Selon le procureur de Paris Jean-Claude Marin, ce groupe participait à des manifestations violentes et était en liaison avec des groupes similaires, notamment en Allemagne, en Grèce, en Italie et aux Etats-Unis. Se félicitant mardi de leur arrestation au cours d'une opération qui a mobilisé 150 policiers, la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie avait affirmé qu'ils appartenaient "à l'ultra-gauche, mouvance anarcho-autonome". Lors des perquisitions, notamment dans une ferme de Tarnac, en Corrèze, où plusieurs d'entre eux vivaient, les enquêteurs ont mis la main sur des cartes du réseau ferré, des pinces à forge et de longues perches ainsi que de la documentation anarchiste et sur les moyens de s'en prendre aux caténaires.
"Une structure à vocation terroriste"
Cinq membres du groupe, qui s'était lui-même baptisé "cellule invisible", avaient également été aperçus dans la nuit du 7 au 8 novembre en Seine-et-Marne et dans l'Oise à proximité des lieux où des dégradations ont été commises. Les enquêteurs n'ont en revanche pas retrouvé d'exemplaire d'outil utilisé pour le sabotage - un fer à béton ouvragé en forme de crochet et arrimé au câble de la caténaire - ni de trace ADN ou d'empreinte digitale sur les lieux des sabotages, a affirmé le procureur vendredi devant la presse. Jean-Claude Marin a également souligné vendredi qu'ils avaient "refusé de parler" au cours de leur garde à vue. "Ça n'est pas une preuve mais cela montre des gens déjà ancrés dans un parcours de marginalisation et de radicalisation violente", a-t-il estimé.
Sur ces bases, le parquet a requis la mise en examen et le placement en détention d'un "noyau dur" de cinq personnes pour "association de malfaiteurs" et "dégradations en réunion", le tout en relation avec une entreprise terroriste. Ces trois femmes et deux hommes sont ceux qui ont été aperçus à proximité des lieux des dégradations. Parmi eux figure le chef présumé, âgé de 34 ans, dont le procureur a considéré qu'il a "dirigé une structure à vocation terroriste", un crime passible de 20 ans de réclusion. A l'encontre des quatre autres personnes déférées, deux hommes et deux femmes, le procureur a indiqué ne pas disposer de suffisamment d'éléments pour les incriminer dans les dégradations. Il a en revanche requis leur mise en examen pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste", s'appuyant sur leur appartenance présumée à cette "cellule invisible".
(D'après agence)
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