MAM réfute des poursuites "démesurées"

le 16 novembre 2008 à 13h23 , mis à jour le 16 novembre 2008 à 14h10

La ministre de l'Intérieur a estimé dimanche que la justice disposait d'éléments "convaincants" contre les neuf personnes mises en examen samedi pour des faits terroristes.

sabotage SNCFLors de l'arrestation d'un suspect présumé dans l'affaire des sabotages à la SNCF © LCI

Non, la mise en examen de neuf personnes, samedi, dans l'enquête sur les sabotages de caténaires sur le réseau SNCF n'est pas disproportionnée. C'est en tout cas ce qu'a estimé dimanche Michèle Alliot-Marie. Alors que les avocats des neuf personnes mises en examen pour des faits de terrorisme estiment qu'il y a "une disproportion totale entre la qualification (...) et ce qu'on peut réellement leur reprocher", la ministre de l'Intérieur a estimé sur Radio J que "les différents éléments retrouvés étaient des éléments qui sont apparus comme suffisamment convaincants aux juges". La ministre a également souligné qu'"il est possible qu'il y ait d'autres personnes [impliquées dans l'affaire]. Cela ressortira de l'enquête. Ce que nous savons c'est qu'il y a d'autres groupes". Michèle Alliot-Marie a ajouté que plusieurs groupes d'ultra-gauche étaient surveillés, évaluant le nombre de membres de cette mouvance à environ "300 personnes". Mais toutes ne sont pas prêtes, selon elle, à des actions violentes.

Parmi les neuf personnes mises en examen, un homme de 34 ans, Julien Coupat, un ancien étudiant en sociologie et chef présumé du groupe, qui s'était baptisé "cellule invisible". Il a été mis en examen pour avoir dirigé une structure à vocation terroriste, une incrimination criminelle passible de vingt ans de réclusion. Comme quatre autres personnes, considérées comme le "noyau dur" de ce groupuscule, il a été placé samedi soir en détention provisoire par un juge des libertés et de la détention. Les membres du groupe à l'origine des sabotages avaient été présentées dès mardi par la ministre de l'Intérieur comme membres d'un groupe anarcho-autonome. Cinq d'entre eux avait été aperçus à proximité de lieux où des dégradations avaient été commises, alors que des documents à caractère anarchiste, des cartes du réseau ferré ou encore des pinces à forge avaient été retrouvées lors des perquisitions. Aucune preuve directe, comme des traces ADN ou des empreintes digitales, n'a toutefois été apportée au dossier pour l'instant.
 
"Instrumentalisation par le pouvoir"
 
Outre ces cinq personnes - le chef du groupe et les quatre personnes composant le "noyau dur" - quatre autres personnes ont été mises en examen, même si le parquet considère ne pas avoir suffisamment d'éléments pour les incriminer dans les dégradations. Poursuivies pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste", ces personnes ont été remises en liberté et placées sous contrôle judiciaire.

Parmi ces quatre personnes, Bertrand et Elsa, 23 et 22 ans, étudiants respectivement en sociologie et en master d'anglais. Elles sont notamment soupçonnés d'avoir participé à des manifestations violentes. Pour leur avocate, Me Dominique Valles, il y a donc "une disproportion totale entre la qualification (...) et ce qu'on peut réellement leur reprocher". "Il est choquant de stigmatiser à ce point à partir de données floues", a-t-elle dit, dénonçant "ce qui peut apparaître comme une volonté de criminaliser ce qui correspond à l'expression d'opinions politiques". Pour Me Cédric Alépée, l'avocat d'une autre des quatre personnes poursuivis pour "association de malfaiteurs", "on a ratissé large". Avocate de Julien Coupat et de trois autres jeunes incarcérés, Me Irène Terrel a évoqué pour sa part une "affaire aux dimensions totalement démesurées". "Il n'y a aucune proportionnalité entre des faits reprochés qui ne sont en rien établis et qui, quand bien même ne seraient que des dégradations qui n'ont même pas mis en danger de vies, et une procédure terroriste", a-t-elle estimé.

D'après agence

le 16 novembre 2008 à 13:23
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6 Commentaires

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  • Cyclope, le 16/11/2008 à 17h18

    Et voilà la justice Bling-bling ! Vous l'avez voulu ? Vous l'avez !

  • Albert, le 16/11/2008 à 17h06

    Si saboter simultanément plusieurs lignes de TGV n'est pas un acte de terrorisme, qu'est-ce qu'il l'est ? Ces gens sont par définitions des terroristes, puisqu'ils ne peuvent pas passer par les urnes pour arriver à leur fins.

  • Domie94, le 16/11/2008 à 16h47

    Il est choquant de lire les propos de l'avocat des prévenus. Comment peut-on défendre des gens qui mettent la vie de centaines de personnes en dangers par des actes de sabotage. Ils ont fait des conneries qu'ils payent,s'il y avait eu des morts les avocates ne parleraient pas comme ca

  • Alain, le 16/11/2008 à 16h21

    Normal qu'il y ait des polémiques : les personnes arrêtées sont de gentilles figures de l'extrême gauche, pardon de l'ultra gauche ! Il ne faut pas désespérer Besancenot ! Imaginez si ces personnes là avaient appartenu à l'extrême droite, pardon à l'ultra droite, il n' y aurait pas eu l'ombre d'une polémique surtout médiatique !!! Mais pourquoi, au fait ?????

  • Poe, le 16/11/2008 à 16h04

    Terrorisme, quand des personnes sont peu être répréhensibles de malveillance mis en danger la vie d'autrui , car aucune revendication dans le monde du travail ne justifie une atteinte à la vie d'autrui. Mais MAM elle reçoit des chefs d'état terroristes patentés et cela ne l'outre pas. Dans le cas de la SNCF l'état veut pas tous les moyens cassés la révolte qui gronde. Mais madame la ministre c'est un pays tout entier qui gronde et que vous poussez inexorable à faire des exactions car vous le gouvernement et les patrons campaient sur vos positions de vouloir faire travailler plus les pauvres et leurs demandés de partir le plus tard en retrait quand on voit combien pendant ce temps les PDG du CAC40 se gavent avec loi. Pousser un peuple à bout c'est lui proposer comme seul échappatoire un extrémisme et comme tout le monde le sait l'extrémisme ne mène à rien de bon si ce n'est au chaos.

  • GILOU, le 16/11/2008 à 14h44

    "L'insurrection qui vient" n'est en rien un manuel de sabotage mais une analyse très sensée des fragilités de notre société. On savait qu'il suffisait d'un cutter pour détruire les Twins Towers et assassiner des milliers de personnes. On n'imagine pas forcément qu'un signal d'alarme tiré par malveillance dans un train de banlieue a un impact économique comparable à une journée de grève dans une PME de 500 salariés. Dont acte.

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