Lors de l'arrestation d'un suspect présumé dans l'affaire des sabotages à la SNCF © LCINon, la mise en examen de neuf personnes, samedi, dans l'enquête sur les sabotages de caténaires sur le réseau SNCF n'est pas disproportionnée. C'est en tout cas ce qu'a estimé dimanche Michèle Alliot-Marie. Alors que les avocats des neuf personnes mises en examen pour des faits de terrorisme estiment qu'il y a "une disproportion totale entre la qualification (...) et ce qu'on peut réellement leur reprocher", la ministre de l'Intérieur a estimé sur Radio J que "les différents éléments retrouvés étaient des éléments qui sont apparus comme suffisamment convaincants aux juges". La ministre a également souligné qu'"il est possible qu'il y ait d'autres personnes [impliquées dans l'affaire]. Cela ressortira de l'enquête. Ce que nous savons c'est qu'il y a d'autres groupes". Michèle Alliot-Marie a ajouté que plusieurs groupes d'ultra-gauche étaient surveillés, évaluant le nombre de membres de cette mouvance à environ "300 personnes". Mais toutes ne sont pas prêtes, selon elle, à des actions violentes.
Parmi les neuf personnes mises en examen, un homme de 34 ans, Julien Coupat, un ancien étudiant en sociologie et chef présumé du groupe, qui s'était baptisé "cellule invisible". Il a été mis en examen pour avoir dirigé une structure à vocation terroriste, une incrimination criminelle passible de vingt ans de réclusion. Comme quatre autres personnes, considérées comme le "noyau dur" de ce groupuscule, il a été placé samedi soir en détention provisoire par un juge des libertés et de la détention. Les membres du groupe à l'origine des sabotages avaient été présentées dès mardi par la ministre de l'Intérieur comme membres d'un groupe anarcho-autonome. Cinq d'entre eux avait été aperçus à proximité de lieux où des dégradations avaient été commises, alors que des documents à caractère anarchiste, des cartes du réseau ferré ou encore des pinces à forge avaient été retrouvées lors des perquisitions. Aucune preuve directe, comme des traces ADN ou des empreintes digitales, n'a toutefois été apportée au dossier pour l'instant.
"Instrumentalisation par le pouvoir"
Outre ces cinq personnes - le chef du groupe et les quatre personnes composant le "noyau dur" - quatre autres personnes ont été mises en examen, même si le parquet considère ne pas avoir suffisamment d'éléments pour les incriminer dans les dégradations. Poursuivies pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste", ces personnes ont été remises en liberté et placées sous contrôle judiciaire.
Parmi ces quatre personnes, Bertrand et Elsa, 23 et 22 ans, étudiants respectivement en sociologie et en master d'anglais. Elles sont notamment soupçonnés d'avoir participé à des manifestations violentes. Pour leur avocate, Me Dominique Valles, il y a donc "une disproportion totale entre la qualification (...) et ce qu'on peut réellement leur reprocher". "Il est choquant de stigmatiser à ce point à partir de données floues", a-t-elle dit, dénonçant "ce qui peut apparaître comme une volonté de criminaliser ce qui correspond à l'expression d'opinions politiques". Pour Me Cédric Alépée, l'avocat d'une autre des quatre personnes poursuivis pour "association de malfaiteurs", "on a ratissé large". Avocate de Julien Coupat et de trois autres jeunes incarcérés, Me Irène Terrel a évoqué pour sa part une "affaire aux dimensions totalement démesurées". "Il n'y a aucune proportionnalité entre des faits reprochés qui ne sont en rien établis et qui, quand bien même ne seraient que des dégradations qui n'ont même pas mis en danger de vies, et une procédure terroriste", a-t-elle estimé.
D'après agence
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