Urgence hôpital psychiatriques © TF1/LCIC'est un thème cher au président de la République. Il répète régulièrement sa volonté de défendre les victimes. "Moi, ma priorité, c'est les victimes", lançait-il encore mercredi soir lors d'une remise de décorations. Et ce n'est pas la première fois que Nicolas Sarkozy se saisit d'un fait divers pour revenir sur ce sujet sensible des crimes commis par des malades déclarés irresponsables. Face à l'émotion suscitée par le meurtre d'un étudiant, poignardé mercredi par un homme échappé d'un hôpital psychiatrique à Grenoble, et afin d'anticiper la polémique qui ne manquera pas de se rouvrir sur la prise en charge des malades psychiatriques, Nicolas Sarkozy a réuni ce jeudi après-midi en urgence les ministres de l'Intérieur, de la Justice et de la Santé à l'Elysée.
Etudiant poignardé à Grenoble: le schizophrène déclaré irresponsable
Les expert ont déclaré irresponsable l'homme qui avait poignardé à mort un étudiant à Grenoble il y a un an, entraînant l'annonce par Nicolas Sarkozy d'une réforme de l'hospitalisation psychiatrique.
Publié le 01/12/2009
Après près de deux heures de discussion sur ce dossier, le président a demandé à Michèle Alliot-Marie, Rachida Dati et Roselyne Bachelot de lancer "sans délai" une réforme "en profondeur" de l'hospitalisation psychiatrique. Cette réforme devra permettre de "mieux encadrer les sorties des établissements", "améliorer la surveillance des patients susceptibles de représenter un danger pour autrui, dans le cadre notamment de la création d'un fichier national des hospitalisations d'office", et "clarifier le partage des compétences administratives dans le pilotage de ces dossiers", précise l'Elysée. Lors de cette réunion, Nicolas Sarkozy et ses trois ministres ont également décidé le lancement d'une enquête de l'Inspection générale des affaires sociales "qui rendra ses conclusions dans les 72 heures". "Cette mission aura pour objectif principal de déterminer les responsabilités de ce drame dans la perspective de sanctions éventuelles", conclut le communiqué de la présidence.
"Des sorties d'essai"
Mercredi, l'homme, qui souffrirait de schizophrénie, a fugué, pris un bus pour Grenoble, acheté un couteau avant de frapper le premier passant venu, un étudiant de 26 ans. Le jeune homme est mort de ses blessures mercredi dans la soirée. Nicolas Sarkozy indique avoir appris avec "consternation" la mort de l'étudiant et "exprime sa sympathie très attristée aux parents et à l'entourage de la victime".
"Rien, en ce qui concerne l'équipe médicale, qui a observé ce patient ces derniers temps, ne laissait présager qu'il allait commettre des actes de la nature de ceux qui lui sont reprochés aujourd'hui", avait assuré mercredi soir directeur de l'hôpital de Saint-Egrève. Le malade mental n'avait pas d'autorisation de sortie pour mercredi mais pour les prochains jours, les médecins comptaient lui accorder "des sorties d'essai", a précisé le directeur. Par le passé, l'agresseur avait déjà commis trois agressions du même type, blessant grièvement trois personnes. L'hôpital a annoncé jeudi avoir ouvert une enquête "interne" sur les circonstances de la sortie du patient, qui a été mis en chambre d'isolement après son interpellation.
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