Lors de l'arrestation d'un suspect présumé dans l'affaire des sabotages à la SNCF © LCICela s'appelle une enquête éclair. Dix personnes issues de la mouvance "ultra gauche" en garde à vue, des perquisitions en plusieurs lieux du territoire... La police a frappé fort tôt mardi après les "sabotages" qui ont entravé le trafic SNCF ce week-end. Parmi les personnes interpellées, aucun cheminot au grand soulagement du président de la SNCF et des syndicats de l'entreprise.
L'opération s'est déroulée à l'aube mobilisant quelque 150 policiers. Les vingt interpellations ont eu lieu à Paris, Rouen, dans la Meuse, et à Tarnac en Corrèze. La moitié ont été remises en liberté, les dix autres, âgées de 23 à 33 ans, étant placées en garde à vue. Parmi elles, trois femmes et le leader présumé du groupe, interpellé à Tarnac, dans une communauté libertaire. Leur garde à vue a été prolongée mercredi. Elle peut durer jusqu'à 96 heures s'agissant d'un dossier de terrorisme. Après, les suspects devront être, soit présentés à un magistrat antiterroriste, soit remises en liberté. Les policiers du renseignement intérieur et de la sous-direction antiterroriste, en charge de l'enquête, ne disposent pas pour l'instant de preuves. "Il n'y a pas d'élément matériel qui permette de les rattacher directement aux actes de malveillance", dit-on de source policière. Les interrogatoires se déroulent pour neuf des suspects à Paris et le dernier à Nancy.
Les félicitations de Fillon
Annonçant cette opération tôt mardi, la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie a indiqué que les personnes arrêtées appartenaient "à l'ultra-gauche, mouvance anarcho-autonome". Depuis plusieurs mois, la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) surveillait cette mouvance et c'est sur ses informations que la SDAT a opéré. Le travail technique de la gendarmerie s'est aussi avéré très important avec notamment la découverte d'une "trace ADN" près d'un caténaire visé.
Selon une source proche du dossier, la Sous-Direction anti-terroriste (SDAT), qui avait cette mouvance dans le collimateur depuis avril pour des "dégradations", s'interroge sur "d'éventuels liens avec l'ultra-gauche allemande qui a déjà revendiqué des actions contre des trains transportant des déchets nucléaires". Sous réserve de confirmation par l'enquête et la justice qu'elles aient un rapport direct avec les actes de sabotage, ces arrestations témoignent de la célérité des investigations après les actes de malveillance de ce week-end. Le président Nicolas Sarkozy s'est aussitôt "réjoui des progrès rapides et prometteurs obtenus" dans le cadre de l'enquête, saluant "l'efficacité et la mobilisation" de la police et de la gendarmerie". Le Premier ministre, François Fillon, a également félicité les policiers et les gendarmes.
La mise au point de Besancenot
Ces interpellations semblent en outre accréditer l'hypothèse d'une action concertée. Une hypothèse évoquée dès samedi par la direction de la SNCF et reprise dimanche par le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant. De plus, les informations communiquées mardi par MAM lui donnent une coloration politique. Olivier Besancenot, porte-parole de la LCR, a précisé que les actes de sabotage "ne sont pas et ne seront jamais" ceux de la LCR.
Une série d'actes de malveillance avait été commise sur le réseau SNCF ce week-end. Un autre incident, de nature différente, s'était produit dimanche soir: un TGV reliant Bruxelles à Perpignan percutant deux plaques de béton sur la voie, dans l'Aude. Samedi, des fers à béton posés sur des caténaires des lignes des TGV Nord, Est et Sud-Est, selon un mode opératoire identique, avaient entraîné des retards pour 160 trains. Le dispositif --un fer à béton, ouvragé en forme de crochet arrimé au câble de la caténaire--, dont le Figaro publie une photo, est techniquement élaboré. Depuis deux ans, divers actes de malveillance dans plusieurs régions ont affecté le réseau SNCF, sans qu'on eût à connaître depuis les résultats des enquêtes ouvertes.
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