Sabotages : dix personnes toujours en garde à vue

Par A.Ga. (D'après agence), le 11 novembre 2008 à 08h08 , mis à jour le 12 novembre 2008 à 21h42

Issues de la mouvance "ultra gauche", ces personnes ont été interpellées mardi à l'aube à Paris et en province. Aucun cheminot ne figure parmi ces suspects.

sabotage SNCFLors de l'arrestation d'un suspect présumé dans l'affaire des sabotages à la SNCF © LCI

Cela s'appelle une enquête éclair. Dix personnes issues de la mouvance "ultra  gauche" en garde à vue, des perquisitions en plusieurs  lieux du territoire... La police a frappé fort tôt mardi après les "sabotages" qui ont entravé le trafic SNCF ce week-end. Parmi les personnes interpellées, aucun cheminot au grand soulagement du président de la SNCF et des syndicats de l'entreprise.
 
L'opération s'est déroulée à l'aube mobilisant quelque 150 policiers. Les vingt interpellations ont eu lieu à Paris, Rouen, dans la Meuse, et à Tarnac en Corrèze. La moitié ont été remises en liberté, les dix autres, âgées de 23 à 33 ans, étant placées en  garde à vue. Parmi elles, trois femmes et le leader présumé du groupe,  interpellé à Tarnac, dans une communauté libertaire. Leur garde à vue a été prolongée mercredi. Elle peut durer jusqu'à 96 heures s'agissant d'un dossier de  terrorisme. Après, les suspects devront être, soit présentés à un magistrat antiterroriste, soit remises en liberté. Les policiers du renseignement intérieur et de la sous-direction antiterroriste, en charge de l'enquête, ne disposent pas pour l'instant de preuves.  "Il n'y a pas d'élément matériel qui permette de les rattacher directement aux actes de malveillance", dit-on de source policière. Les interrogatoires se déroulent pour neuf des suspects à Paris et le dernier à Nancy. 
 
Les félicitations de Fillon
 
Annonçant cette opération tôt mardi, la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie a indiqué que les personnes arrêtées appartenaient "à l'ultra-gauche, mouvance  anarcho-autonome". Depuis plusieurs mois, la Direction centrale du renseignement intérieur  (DCRI) surveillait cette mouvance et c'est sur ses informations que la SDAT a  opéré. Le travail technique de la gendarmerie s'est aussi avéré très important  avec notamment la découverte d'une "trace ADN" près d'un caténaire visé.
 
Selon une source proche du dossier, la Sous-Direction anti-terroriste (SDAT), qui avait cette mouvance dans  le collimateur depuis avril pour des "dégradations", s'interroge sur  "d'éventuels liens avec l'ultra-gauche allemande qui a déjà revendiqué des  actions contre des trains transportant des déchets nucléaires". Sous réserve de confirmation par l'enquête et la justice qu'elles aient un  rapport direct avec les actes de sabotage, ces arrestations témoignent de la  célérité des investigations après les actes de malveillance de ce week-end. Le président Nicolas Sarkozy s'est aussitôt "réjoui des progrès rapides et  prometteurs obtenus" dans le cadre de l'enquête, saluant "l'efficacité et la  mobilisation" de la police et de la gendarmerie". Le Premier ministre, François Fillon, a également félicité les policiers et les gendarmes.
 
La mise au point de Besancenot
 
Ces interpellations semblent en outre accréditer l'hypothèse d'une action  concertée. Une hypothèse évoquée dès samedi par la direction de la SNCF et  reprise dimanche par le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant. De plus,  les informations communiquées mardi par MAM lui donnent une  coloration politique. Olivier Besancenot, porte-parole de la LCR, a précisé que les actes de sabotage "ne sont pas et ne seront jamais" ceux  de la LCR.
 
Une série d'actes de malveillance avait été commise sur le réseau SNCF ce  week-end. Un autre incident, de nature différente, s'était produit dimanche  soir: un TGV reliant Bruxelles à Perpignan percutant deux plaques de béton sur  la voie, dans l'Aude. Samedi, des fers à béton posés sur des caténaires des lignes des TGV Nord,  Est et Sud-Est, selon un mode opératoire identique, avaient entraîné des retards  pour 160 trains. Le dispositif --un fer à béton, ouvragé en forme de crochet  arrimé au câble de la caténaire--, dont le Figaro publie une photo, est  techniquement élaboré. Depuis deux ans, divers actes de malveillance dans plusieurs régions ont  affecté le réseau SNCF, sans qu'on eût à connaître depuis les résultats des  enquêtes ouvertes.

Par A.Ga. (D'après agence) le 11 novembre 2008 à 08:08
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18 Commentaires

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  • Rémy, le 11/11/2008 à 17h44

    La honte et la lie de mon pays. Heureusement qu'ils ne sont pas nombreux. De graves sanctions à leur encontre et pour l'exemple.

  • Pia, le 11/11/2008 à 17h39

    Pourrait-on m'expliquer ce qu'est "l'ultra-gauche" par rapport à l'"extrème gauche".Ce charabia ministériel est singulier.Ceci dit BRAVO pour ces interpellations s'il s'agit des coupables.

  • Alexis, le 11/11/2008 à 17h31

    C'est quoi la différence entre l'ultra-gauche et l'extrême-gauche ?

  • Bouégoule, le 11/11/2008 à 17h11

    Même si l'on commence à s'habituer à leur efficacité, bravo à tous les services de police.

  • Jacques, le 11/11/2008 à 16h39

    Doivent être traités comme des terroristes

  • JMLP, le 11/11/2008 à 15h03

    L'ultra-gauche, comme par hasard...

  • ENGHIEN, le 11/11/2008 à 14h54

    Bravo vraiment bravo

  • Mike, le 11/11/2008 à 14h50

    Mais dans quel but réaliser ces sabotages ? Quels sont les avantages pour ces groupes? Faires parler d'eux ?

  • Citoyen, le 11/11/2008 à 14h33

    BRAVO à l'ensemble des services de l'état

  • Nicole, le 11/11/2008 à 14h17

    J'espère que ces fous seront punis sévèrement, car ils ont de vrais méthodes de terroristes

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