Nouvelle profanation du carré musulman du cimetière militaire situé près d'Arras, dans la nuit du 7 au 8 décembre 2008 © LCI| Dalil Boubakeur "une extrême provocation" |
C'est la troisième fois en deux que ce cimetière est profané. En avril 2007, 52 tombes musulmanes avaient été profanées. En avril 2008, 148 tombes avaient été recouvertes d'inscriptions injurieuses visant directement l'islam. Cette fois, c'est la presque totalité des tombes du carré musulman du cimetière militaire Notre-Dame-de-Lorette, près d'Arras, qui portent des insritptions : quelque 500 tombes sur les 576 que comptent le carré musulman. Et les auteurs ont choisi le jour de la grande fête musulmane de l'Aïd el-Kébir.
Sur ces sépultures orientées vers La Mecque : de grandes lettres tracées à la peinture noire forment des inscriptions insultant la religion musulmane et citant également nommément la ministre de la Justice Rachida Dati. Sur quelques sépultures, des croix gammées ont également été tracées, et au moins une affichette insultant l'islam a été collée sur une stèle.
Depuis la profanation d'avril 2008, "il y a eu un renforcement aléatoire et à certaines dates de la surveillance du cimetière, mais cette nuit (de dimanche à lundi) une patrouille est passée vers minuit, et n'a rien remarqué. Il n'y avait aucun véhicule suspect", selon le colonel Bruno Bresson, commandant du groupement de gendarmerie du Pas-de-Calais. "C'est un site complètement ouvert, extrêmement difficile à garder. Il y a une étude en cours pour renforcer la surveillance du site", a ajouté l'officier. Quelque 80 gendarmes étaient dès lundi matin à pied d'oeuvre et plusieurs centaines devraient prendre part à l'enquête.
Condamnations unanimes
"Les faits ont été découverts par des anciens combattants, tôt" lundi matin, ont indiqué les gendarmes. Cette nouvelle profanation a immédiatement entraîné la condamnation de nombreux responsables politiques, le président de la République Nicolas Sarkozy évoquant un "racisme répugnant" et la première secrétaire du PS Martine Aubry "une blessure pour tous les Français". Venu se recueillir sur place avec des élus et des responsables religieux locaux, le secrétaire d'Etat aux Anciens combattants Jean-Marie Bockel a dénoncé des "insanités" qui l'ont "révolté" et "écoeuré". La ministre de l'Intérieur, Michèle alliot-Marie, a fait part lundi matin dans un communiqué de "son indignation" et "condamné avec la plus grande fermeté cet acte odieux". "Tous les moyens nécessaires sont mobilisés pour retrouver au plus vite les auteurs de ces actes intolérables", a-t-elle précisé. François Fillon a condamné "avec la plus grande fermeté" ces nouvelles profanations, des actes qui, selon lui, "s'en prennent à l'Histoire de notre pays, à la mémoire d'hommes d'honneur".
Dans l'enquête sur la profanation d'avril, deux jeunes hommes d'une vingtaine d'années, revendiquant des idées proches du néo-nazisme mais niant les faits, ont été mis en examen et écroués mi-septembre. Ils ont été récemment laissés libres sous contrôle judiciaire. L'un des deux - qui comparaissait alors avec un autre jeune - avait déjà été condamné en mai 2007 à deux ans de prison, dont un ferme, pour la profanation des 52 tombes musulmanes du même cimetière en avril 2007. Il avait bénéficié d'une libération anticipée.
Inauguré en 1925 sur 13 hectares, le cimetière Notre-Dame-de-Lorette, situé sur une colline, commémore notamment les combats de 1915, à l'un des endroits les plus disputés du front occidental au début de la Première Guerre mondiale. Environ 40.000 combattants y reposent, dont la moitié dans des tombes individuelles. Le carré musulman compte 576 tombes orientées vers La Mecque.
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