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| Ce qu'il s'est passé |
Il avait été admis en pédiatrie générale pour une angine quelques heures plus tôt. Un enfant de trois ans est décédé mercredi soir à l'hôpital Saint-Vincent-de-Paul, à Paris après qu'une infirmière lui a administré par erreur le mauvais médicament, en l'occurrence du chlorure de magnésium. "Il est venu aux urgences pour un truc bénin, çà s'est détérioré et il a été emmené en réa", a expliqué un médecin de garde de l'hôpital. L'enfant a vu son état se dégrader après que l'infirmière lui a changé sa perfusion, dans laquelle elle a mis par erreur du chlorure de magnésium, produit habituellement bénin, selon une source proche du dossier, selon qui "aucune conclusion médicale ne peut être établie" pour le moment.
L'infirmière a été placée en garde à vue mercredi en fin de soirée. Jeudi, elle se trouvait toujours dans les locaux de la brigade de répression de la délinquance à la personne (BRDP) chargée de l'enquête par le parquet de Paris. Selon un médecin, un décès provoqué par chlorure de magnésium est surprenant étant donné la bénignité habituelle de ce produit. "S'il est trop dosé ou donné en quantité importante, cela peut entraîner une hypermagnésémie qui peut entraîner la mort, mais de manière rarissime", a expliqué ce médecin. Parallèlement à cette enquête, la ministre de la Santé Roselyne Bachelot a indiqué avoir demandé une enquête à la DDASS de Paris et la direction de l'AP-HP a, elle, demandé une audit interne pour comprendre les circonstances de ce drame.
Polémique sur la garde à vue
Cette garde à vue est "la procédure normale dans ce cas", a précisé la ministre Roselyne Bachelot, plusieurs syndicats la contestant. Dernier en date, Sud, deuxième syndicat de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris selon qui l'"erreur" d'une infirmière ayant débouché sur une "catastrophe" (...) n'est pas un "crime" justifiant une garde à vue. Une garde à vue qui pourrait pourtant être prolongée, a fait savoir jeudi soir le parquet de Paris.
Le président de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), Jean-Marie Le Guen, a exprimé jeudi soir son "émotion", après la mort de l'enfant et la mise en garde à vue "inhabituelle" de l'infirmière. Un responsable de la CGT-santé, Christophe Prudhomme, interrogé par l'AFP, a admis que "quand il y a une erreur, il faut la reconnaître, même si elle est dramatique. Le professionnel doit assumer les conséquences, c'est pour ça qu'on a des assurances et les familles ont droit à réparation", a ajouté ce médecin urgentiste, qui fait aussi partie de l'Amuf, syndicat de médecins urgentistes présidé par Patrick Pelloux. "Mais à partir du moment où l'erreur n'est pas intentionnelle, la garde à vue est disproportionnée", a-t-il estimé. Se défendant de parler "particulièrement de Saint-Vincent de Paul", il a ajouté: "aujourd'hui, du fait de la tension qui existe dans les hôpitaux, liée notamment au manque d'effectifs et à la dégradation des conditions de travail, on peut prévoir que ce type d'accident, qui devrait rester exceptionnel, risque de se multiplier".
L'hôpital Saint-Vincent de Paul, situé 82, avenue Denfert-Rochereau, dans le XIVe arrondissement, compte 1.152 lits pour 700 personnels médicaux (équivalents temps plein) et 4.484 personnels non-médical. Il dispense des soins aux malades enfants, adolescents et adultes, outre ses missions d'enseignement et de recherche. Il appartient au groupement hospitalier universitaire ouest, avec l'hôpital Cochin. L'AP-HP, qui a la tutelle sur cet établissement, regroupe aujourd'hui 39 hôpitaux ou groupe hospitaliers essentiellement à Paris et dans la région parisienne.
(D'après agence)
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