Livres religieux brûlés lors de l'incendie de la mosquée de Saint-Priest, près de Lyon (20 décembre 2008) © TF1/LCIUn début d'incendie d'origine encore inconnue a endommagé samedi la mosquée de Saint-Priest, dans la banlieue de Lyon. Le feu, qui s'est déclaré sur la porte d'entrée de la mosquée, "ne s'est pas propagé" et les seuls dégâts à l'intérieur ont été "causés par les fumées", a précisé la police. Une bibliothèque contiguë semble cependant avoir été touchée, et de nombreux livres religieux brûlés.
La police lyonnaise a annoncé avoir trouvé "un certain nombre d'éléments" sur place, à même de faire avancer l'enquête. Mais d'ores et déjà, pour le ministère de l'Intérieur, le caractère "criminel" du sinistre ne fait pas de doute et Michèle Alliot-Marie a écrit à Mohammed Moussaoui, président du Conseil français du culte musulman, pour lui faire part de "son émotion". Elle a souligné que "tous les moyens nécessaires, notamment de police technique et scientifique, sont mis en oeuvre pour retrouver au plus vite les auteurs de cet acte lâche et intolérable".
Appel à manifester dimanche
Le recteur de la Grande Mosquée de Lyon, Kamel Kabtane, accompagné de la maire de Saint-Priest, la socialiste Martine David, s'est rendu sur place. Il a violemment dénoncé la "montée du racisme et de l'islamophobie" et a appelé à une manifestation devant la mosquée de Saint-Priest dimanche à 15 heures. "Après les tombes musulmanes profanées près d'Arras, après la mosquée de Meyzieu, jusqu'où ira-t-on ?", a-t-il ajouté. La coordination contre le racisme et l'islamophobie, une association musulmane lyonnaise, a elle aussi dénoncé un "acte criminel et islamophobe", en soulignant que les profanateurs du cimetière de Notre-Dame de Lorette "courent toujours, comme la plupart de ceux qui ont commis des actes islamophobes ces dernières années".
"Cet acte, qui prolonge d'inquiétants et répétés passages à l'acte, confirme l'enracinement de cette forme de racisme qu'est l'islamophobie, et dont l'impunité des auteurs concourt à sa banalisation", a déploré pour sa part le Mrap. De son côté, la Grande Mosquée de Paris a "condamné avec force cet acte criminel qui provoque une fois de plus une profonde émotion dans la communauté musulmane nationale".
Martine Aubry, première secrétaire du PS, a assuré de sa "solidarité" les communautés musulmanes "atteintes dans leur dignité" et a déploré "une triste nouvelle pour tous les Français qui portent ensemble les valeurs de la République". Dominique Paillé, porte-parole de l'UMP, a quant à lui réagi : "Ce nouvel acte inqualifiable doit être solennellement dénoncé et ses auteurs démasqués et sévèrement condamnés. De tels agissements portent atteinte de manière intolérable à nos principes démocratiques et républicains fondés sur la tolérance et la liberté de croyance et de culte".
D'après agence
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