Image d'archives © TF1/LCIL'infirmière de l'hôpital Saint-Vincent-de-Paul, à Paris, soupçonnée d'avoir causée la mort mercredi d'Ilyès, un enfant de 3 ans, en raison d'une erreur de perfusion, a été mise en examen vendredi soir pour "homicide involontaire" et placée sous contrôle judiciaire avec interdiction provisoire d'exercer. Accompagnée du directeur de l'hôpital et d'un psychiatre et entourée de ses parents, la frêle jeune femme blonde de 35 ans est sorti livide du cabinet de la juge Marie-Odile Bertella-Geffroy. Son avocate n'a pas souhaité s'exprimer.
Le parquet, qui avait ouvert en fin d'après-midi une information judiciaire, avait requis son placement sous contrôle judiciaire avec interdiction de se rendre à l'hôpital Saint-Vincent-de-Paul et d'entrer en contact avec les personnels. La juge a retenu ces demandes, allant au-delà en interdisant provisoirement à la jeune femme d'exercer sa profession. Selon une source proche du dossier, la juge n'a retenu à son encontre qu'"une simple négligence, imprudence ou inattention".
Le flacon pas à sa place
La victime, un petit garçon prénommé Ilyès, avait été conduit mercredi matin par ses parents au service pédiatrique de l'hôpital pour une angine. L'enfant est décédé à 20h45 en réanimation après une subite aggravation de son état. L'infirmière a reconnu lui avoir administré par erreur une perfusion du chlorure de magnésium au lieu d'un sérum glucosé destiné à le réhydrater, ce qui pourrait avoir provoqué un arrêt cardiaque. L'enquête judiciaire devra déterminer le rôle exact du produit incriminé dans la mort de l'enfant et les circonstances dans lesquelles l'erreur de manipulation à pu se produire. Car si selon le parquet, le chlorure de magnésium, qui n'est pas un produit dangereux en soi, peut l'être pour un enfant de cet âge avec un goutte à goutte réglé sur la base du produit initialement prévu, selon une source proche du dossier, "aucune conclusion médicale ne peut être établie" pour le moment.
Jeudi, le père du petit IIyès avait reproché à l'hôpital de ne pas avoir réagi assez vite alors que son fils était "en train de mourir", ce que récuse Roselyne Vasseur, coordinatrice générale des soins du groupe hospitalier Cochin-Saint-Vincent-de-Paul, pour qui l'alerte "a été donnée extrêmement rapidement" et "tout ce qui devait être fait a été fait". Mais pour l'oncle de l'enfant, "on ne peut pas mettre tout sur le dos de cette pauvre dame [l'infirmière]". Vendredi, ce dernier a même indiqué que la famille du petit garçon comptait porter plainte. Selon une source proche du dossier, le flacon de chlorure de magnésium n'était en tout cas pas à sa place et ressemblait beaucoup au flacon de sérum glucosé - même bouchon, même étiquette, même si les inscriptions, B46 pour l'un, et chlorure de magnésium pour l'autre, étaient dissemblables.
(D'après agence)
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