La polémique enfle après la mort du petit Ilyès

le 27 décembre 2008 à 19h20 , mis à jour le 27 décembre 2008 à 19h28

Conditions de travail dégradées, problèmes d'étiquetage, déménagement de services à l'hôpital Saint-Vincent de Paul : les professionnels accusent après le décès de l'enfant.

Panneau du service de pédiatrie de l'hôpital Saint-Vincent-de-Paul, à ParisPanneau du service de pédiatrie de l'hôpital Saint-Vincent-de-Paul, à Paris © TF1/LCI

Après la mort mercredi à l'hôpital Saint-Vincent de Paul, à Paris, du petit Ilyès qui avait reçu une perfusion erronée, et la mise en garde à vue d'une infirmière - finalement mise en examen avec interdiction d'exercer sa profession vendredi - des syndicats de professionnels de santé hospitaliers dénoncent un manque de moyens et des conditions de travail dégradées. Selon la Coordination nationale infirmière, qui comprend aussi bien des professionnels salariés qu'une minorité de libéraux, "les rappels sur les jours de repos et les heures supplémentaires accumulées des professionnels augmentent et la vigilance de ces soignants peut être parfois altérée (...) Si preuve est faite que l'infirmière n'est pas seule responsable, toute la chaîne des responsabilités devra être condamnée y compris celle de l'administration et cela au plus haut degré".

  • Mort d'Ilyès : l'AP-HP mise en examen

    L'Assistance publique-Hôpitaux de Paris a été mise en examen en tant que personne morale pour "homicide involontaire" dans l'enquête sur la mort fin 2008 du petit Ilyès liée à une surdose de chlorure de magnésium lors d'une perfusion.

    Publié le 10/11/2009 Mort d'Ilyès : l'AP-HP mise en examen
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Le SNPEH (pédiatres des hôpitaux) a aussi pointé un manque de clarté des étiquettes pouvant favoriser des confusions entre produits. "Souvent, pour des raisons économiques, on choisit les fournisseurs les moins chers dont les étiquettes ne sont pas toujours les plus claires", a déclaré le président du SNPEH, Jean-Louis Chabernaud. D'autres syndicats de professionnels incriminent un entretien insuffisant du matériel et des locaux lié à la "fermeture" prévue de l'hôpital Saint-Vincent-de-Paul. Un transfert de services de l'hôpital vers d'autres établissements est prévu de longue date dans le cadre de "regroupements", et Saint-Vincent-de-Paul constitue déjà un groupe hospitalier commun avec l'hôpital Cochin, tout proche.

"Le matériel n'est pas toujours renouvelé"

"Ce n'est peut-être pas arrivé par hasard à Saint-Vincent-de-Paul qui est un peu à l'abandon car il doit fermer prochainement", a ainsi déclaré samedi le président du syndicat de pédiatres SNPEH, Jean-Louis Chabernaud. "Le matériel n'est pas toujours renouvelé et l'entretien des locaux n'est pas toujours assuré convenablement. L'ambiance n'est pas toujours optimale, ce qui peut nuire à la sécurité du travail". Cette "fermeture" a également été pointée par le principal syndicat des hôpitaux, la CGT-santé, qui a notamment souligné que le sujet avait encore été abordé lors d'un Conseil d'administration qui s'est tenu avant Noël.

En revanche, un syndicat minoritaire de médecins libéraux a exprimé samedi son soutien à la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot. "Nous sommes aux côtés de notre ministre de tutelle qui a pris ses responsabilités aussi bien au regard de la société, que d'une famille dans la douleur, de l'institution hospitalière, et du professionnel de santé concerné", écrit la Fédération des Médecins de France.

Pour sa part, Philippe Juvin, secrétaire national de l'UMP et chef de service des urgences à l'hôpital Beaujon, à Paris, a dénoncé samedi une "manipulation politicienne". "Prétendre que l'hôpital manque de moyens est faux", affirme le responsable dans un communiqué. "La France est un des pays qui a les dépenses de santé par habitant les plus élevées. Cette année, le budget des hôpitaux augmentera de plus de 3%, malgré la crise". Lui incrimine plutôt un "manque d'organisation", assurant que cela "crée un gâchis honteux". Ainsi, se demande-t-il, "pourquoi les blocs opératoires ferment-ils à 15h alors que le personnel est là et que les patients attendent ? Voilà le véritable débat : le manque d'organisation et pas le manque de moyens".

D'après agence

Les proches d'une octogénaire décédée dénoncent

La famille d'une octogénaire, décédée le 26 décembre à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière après s'être étouffée en prenant son repas, a dénoncé samedi des dysfonctionnements dans sa prise en charge et annoncé son intention de porter plainte pour "homicide involontaire". Atteint de troubles du sommeil - ronflement et apnée -, Emilie Chalom, 85 ans, avait été admise pour des examens le 23 décembre au soir à la Pitié, dans le service du docteur Isabelle Arnulf, une neurologue réputée dans les pathologies du sommeil. La direction de l'hôpital, qui a reçu vendredi la famille, a indiqué qu'une enquête interne avait été ouverte et qu'il était encore trop pour se prononcer sur "d'éventuels problèmes".

le 27 décembre 2008 à 19:20
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7 Commentaires

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  • Noisette, le 27/12/2008 à 22h19

    Je suis effarée quand je lis cette info. Mon père est décédé en Sept 1999 peu après avoir pris son repas, le personnel a été incapable de me dire ainsi qu'à ma famille le motif de sa mort. Je lui ai dis au revoir à 18H45 et nous avons été avisé de son décès à 21 h. A notre arrivée à l'hopital, la réponse à notre question a été " nous ne savons pas" . Il avait été hospitalisé pour une désydratation depuis 3 jours et devais se rendre dans une maison de retraite, et depuis tout ce temps je n'arrive pas à faire le deuil de mon père. C'est très douloureux.

  • Necker75, le 27/12/2008 à 22h00

    Ca y est tous les deces vont etre de la faute des soignants maintenant!!! peut etre faudrai t il interdire les medecins et infirmieres de travailler aussi!!! de tout coeur avec la famille de ce petit ange qui a quitte ces parents mercredi mais il faudrait peut etre ne pas en abuser!!!

  • Patrick, le 27/12/2008 à 21h41

    Le bouc emissaire a ete vite trouve en la personne de l'infirmiere. Le probleme de ce metier tres contraignat et pas du tout defendu et compose majoritairement de femmes. Ces bons medecins lorsqu'ils font des erreurs monumentales s'en sortent toujours les "cuisses propres". Un peu normal combien d'hommes politiques sont issues du corps medical ? Il va de soi qu'ils ne font pas s'autoflageller. Annoncer des chiffres c'est bien, mais quelles sont les personnes derrieres les conseils d'administrations des hopitaux ? Allons, ne soyez pas frappes d'agnosie, des hommes politiques, des amis etc. Donc il est toujours facile de tirer sur le plus faible, manifestement un metier a majorite de femmes. Regardez vous en face et ne tentez pas encore une fois de vous defiler par une defense malhabile. Honte a tous ces hypocrites.

  • Etudiante IDE, le 27/12/2008 à 20h56

    Moi je soutient l'infirmiére : RESPONSABLE mais pas COUPABLE ceux qui disent que l'infirmiére n'a que ce qu'elle mérite et bah venez voir la vie dans un hopital vous ne sauriez pas déçu et arreter de dire on vous a pas forcer a faire ce métier si ils étaient pas là je c'est pas ce que vous feriez, ils sauvent la vie de millions de personnes, sa on le dit moins souvent à la Télé !!!! et la fille qui est morte sur le quai d'une gare à cause d'un train ? on a mis le cheminot qui conduisé le train en garde à vue ? à ma connaissance non ! tout sa me révolte... je c'est , c'est triste pour la petit bonhomme qui en a payé les frais mais si la ministre aurait fait quelque chose avant....

  • Zabou, le 27/12/2008 à 20h49

    C'est dramatique pour la famille de l enfant mais c'est également dramatique pour cette 'infirmière qui pendant 11 ans a fait son travail correctement. La faute a qui, si une telle erreur arrive ?. Il ne faut pas oublier que le manque de personnel dans les hopitaux est un problème crucial . Et ce n'est pas ce gouvernement qui va faire quelque chose au contraire ........

  • Didier, le 27/12/2008 à 20h42

    Où est pendant ce temps le Président Sarkozy ???? Il sefait bronzé au Brésil. Un enfant qui décède grâce à sa politique de rigueiur dans les hôpitaux il 's'en fiche, du moment que lui s'il avait une angine, il aurait tout le corps médical du Val de Grâce à son chevet. Egalité des soins en Chine pas en France !!!!!!

  • Pepe le Moko, le 27/12/2008 à 20h17

    Je plains en tout 1er lieu les parents, mais aussi cette pauvre infirmière qui verra sa vie gâchée pour une erreur comme nous pouvons en faire tous. Heureusement, pour la plupart d'entre nous, les conséquences ne sont pas aussi dramatiques. Ceci dit, je suis une fois de plus scandalisé par les prises de position syndicales qui profitent de ce drame pour faire éclater leurs revendications politiques sur les "conditions de travail et les moyens". A les entendre, c'est la cause de tous les maux. Que devraient alors dire les personnels des cliniques privées dont l'efficacité est pourtant bien supérieure avec un coût bien moins élevé pour la "Secu". C'est bien comme le dit le Dr Juvin, un manque d'organisation p)lutôt que de moyens, attitude commune d'ailleurs à tous les services publics...

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