Panneau du service de pédiatrie de l'hôpital Saint-Vincent-de-Paul, à Paris © TF1/LCIAprès la mort mercredi à l'hôpital Saint-Vincent de Paul, à Paris, du petit Ilyès qui avait reçu une perfusion erronée, et la mise en garde à vue d'une infirmière - finalement mise en examen avec interdiction d'exercer sa profession vendredi - des syndicats de professionnels de santé hospitaliers dénoncent un manque de moyens et des conditions de travail dégradées. Selon la Coordination nationale infirmière, qui comprend aussi bien des professionnels salariés qu'une minorité de libéraux, "les rappels sur les jours de repos et les heures supplémentaires accumulées des professionnels augmentent et la vigilance de ces soignants peut être parfois altérée (...) Si preuve est faite que l'infirmière n'est pas seule responsable, toute la chaîne des responsabilités devra être condamnée y compris celle de l'administration et cela au plus haut degré".
Mort d'Ilyès : l'AP-HP mise en examen
L'Assistance publique-Hôpitaux de Paris a été mise en examen en tant que personne morale pour "homicide involontaire" dans l'enquête sur la mort fin 2008 du petit Ilyès liée à une surdose de chlorure de magnésium lors d'une perfusion.
Publié le 10/11/2009
Le SNPEH (pédiatres des hôpitaux) a aussi pointé un manque de clarté des étiquettes pouvant favoriser des confusions entre produits. "Souvent, pour des raisons économiques, on choisit les fournisseurs les moins chers dont les étiquettes ne sont pas toujours les plus claires", a déclaré le président du SNPEH, Jean-Louis Chabernaud. D'autres syndicats de professionnels incriminent un entretien insuffisant du matériel et des locaux lié à la "fermeture" prévue de l'hôpital Saint-Vincent-de-Paul. Un transfert de services de l'hôpital vers d'autres établissements est prévu de longue date dans le cadre de "regroupements", et Saint-Vincent-de-Paul constitue déjà un groupe hospitalier commun avec l'hôpital Cochin, tout proche.
"Le matériel n'est pas toujours renouvelé"
"Ce n'est peut-être pas arrivé par hasard à Saint-Vincent-de-Paul qui est un peu à l'abandon car il doit fermer prochainement", a ainsi déclaré samedi le président du syndicat de pédiatres SNPEH, Jean-Louis Chabernaud. "Le matériel n'est pas toujours renouvelé et l'entretien des locaux n'est pas toujours assuré convenablement. L'ambiance n'est pas toujours optimale, ce qui peut nuire à la sécurité du travail". Cette "fermeture" a également été pointée par le principal syndicat des hôpitaux, la CGT-santé, qui a notamment souligné que le sujet avait encore été abordé lors d'un Conseil d'administration qui s'est tenu avant Noël.
En revanche, un syndicat minoritaire de médecins libéraux a exprimé samedi son soutien à la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot. "Nous sommes aux côtés de notre ministre de tutelle qui a pris ses responsabilités aussi bien au regard de la société, que d'une famille dans la douleur, de l'institution hospitalière, et du professionnel de santé concerné", écrit la Fédération des Médecins de France.
Pour sa part, Philippe Juvin, secrétaire national de l'UMP et chef de service des urgences à l'hôpital Beaujon, à Paris, a dénoncé samedi une "manipulation politicienne". "Prétendre que l'hôpital manque de moyens est faux", affirme le responsable dans un communiqué. "La France est un des pays qui a les dépenses de santé par habitant les plus élevées. Cette année, le budget des hôpitaux augmentera de plus de 3%, malgré la crise". Lui incrimine plutôt un "manque d'organisation", assurant que cela "crée un gâchis honteux". Ainsi, se demande-t-il, "pourquoi les blocs opératoires ferment-ils à 15h alors que le personnel est là et que les patients attendent ? Voilà le véritable débat : le manque d'organisation et pas le manque de moyens".
D'après agence
| Les proches d'une octogénaire décédée dénoncent |
La famille d'une octogénaire, décédée le 26 décembre à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière après s'être étouffée en prenant son repas, a dénoncé samedi des dysfonctionnements dans sa prise en charge et annoncé son intention de porter plainte pour "homicide involontaire". Atteint de troubles du sommeil - ronflement et apnée -, Emilie Chalom, 85 ans, avait été admise pour des examens le 23 décembre au soir à la Pitié, dans le service du docteur Isabelle Arnulf, une neurologue réputée dans les pathologies du sommeil. La direction de l'hôpital, qui a reçu vendredi la famille, a indiqué qu'une enquête interne avait été ouverte et qu'il était encore trop pour se prononcer sur "d'éventuels problèmes". |
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