Le Printemps totalement évacué le 16 décembre 2008 après la découverte d'explosifs © LCI.fr/D.H.La phraséologie, pas plus que le mode opératoire du simulacre d'attentat, ne semblent accréditer l'hypothèse d'une action islamiste. Alors, qui en voulait au Printemps-Haussmann ? Ancien employé du grand magasin ? Client mécontent ? Fournisseur en conflit avec l'enseigne ? Les enquêteurs explorent méthodiquement toutes les pistes. Ils exploitent les bandes vidéo du grand magasin et les explosifs retrouvés pour tenter, par ce travail de fourmi, d'identifier le ou les auteurs de cette action. Un homme vu sur une bande vidéo portant un sac dans le magasin avant-hier matin avant la découverte de bâtons de dynamite a été ainsi identifié et entendu, mais il a été mis hors de cause. Toujours prudent sur l'origine du dépôt d'explosifs au Printemps, le gouvernement français a renforcé les mesures déjà prises à l'approche des fêtes dans le cadre du plan Vigipirate. Plus de 700 policiers et gendarmes renforceront la sécurité des grands magasins et sites accueillant du public, soit 2200 hommes au total.
Pour rassurer et protéger le chaland, le magasin a aussi renforcé ses propres effectifs de sécurité, en uniforme et en civil, et mis en place un contrôle systématique des sacs. Pour l'heure, les portiques de sécurité ne sont pas envisagés. Pierre Pelerrey, directeur général du Printemps-Haussmann, a refusé d'anticiper un impact quelconque sur la fréquentation, alors que 11% du chiffre d'affaires des grands magasins est réalisé en décembre. Mais selon certains vendeurs du Printemps, il y a déjà une baisse de la clientèle. "On ne peut pas évacuer un grand magasin pour des raisons de terrorisme sans impact sur le chiffre d'affaires et la fréquentation", a commenté un responsable du secteur, sous couvert de l'anonymat.
"Du terrorisme commercial"
Jusqu'à présent et grâce aux touristes notamment, les grands magasins, qui commercialisent vêtements, accessoires de mode, produits de beauté, décoration de la maison, meubles, jouets et alimentation, ont résisté à la crise de la consommation liée au ralentissement économique, contrairement aux grandes chaînes de prêt-à-porter, d'ameublement ou de l'alimentation. Si les ventes d'habillement, tous circuits confondus, ont chuté de 4,6% en novembre par rapport au même mois de 2007, les grands magasins ont été les seuls à afficher une hausse (+4%), a annoncé mercredi l'Institut français de la mode. En comparaison, les petits magasins de prêt-à-porter ont vu leurs ventes dégringoler de 8% et les grandes chaînes de 5%.
"Nous sommes tous solidaires de ce qui se passe au Printemps et sommes inquiets, même si nos magasins sont moins souvent la cible de terrorisme", a commenté Lucien Odier, président de la Fédération des enseignes de l'habillement, dont certaines chaînes adhérentes, notamment H&M, Zara ou Gap, sont situées boulevard Haussmann. "Il ne faut surtout pas que les clients cèdent à la panique. C'est du terrorisme commercial que de faire des menaces dans un quartier marchand comme Haussmann à quelques jours de Noël, à un moment où on n'arrive pas à faire de chiffre d'affaires".
D'après agence
Retour MYTF1
Chargement en cours...



