© LCIAlors que l'infirmière qui a reconnu une erreur de médicament a été mise en examen vendredi soir pour "homicide involontaire" (lire notre article), deux jours après la mort d'un enfant de 3 ans à l'hôpital Saint-Vincent-de-Paul à Paris, la polémique enfle. Jeudi, le président du syndicat de médecins urgentistes Amuf, Patrick Pelloux, a demandé la démission de la ministre de la Santé Roselyne Bachelot. "C'est les lampistes à chaque fois qu'on met en avant (...). On veut bien travailler dans la difficulté, mais lorsque la ministre (...) nous accuse et ne prend pas, je dirais, les nuances sur la présomption d'innocence, ça commence à bien faire. Je crois que Roselyne Bachelot doit démissionner", a-t-il estimé sur France Info. Selon lui, "l'infirmière [de l'hôpital Saint-Vincent-de-Paul] a fait son job, elle s'est trompée, c'est une erreur".
En cause selon lui, "des problèmes considérables pour avoir du personnel en nombre". Début décembre, l'Amuf avait d'ailleurs lancé une grève symbolique pour dénoncer un manque de crédits pouvant mettre en danger "la sécurité des patients". Mais pour Roselyne Bachelot, "une récupération de ce type n'est pas digne". "La récupération d'un drame aussi épouvantable n'est pas de mise", a-t-elle déclaré vendredi sur Europe 1. Peu après, sur RTL, répondant à une question sur ses déclarations de jeudi selon lesquelles la garde à vue de l'infirmière était "normale", la ministre a déclaré qu'"une famille a perdu le jour de Noël un petit garçon de trois ans, donc cette enquête judiciaire (...) on la doit à la famille de ce petit bonhomme". Elle a également précisé que cette enquête judiciaire était "accompagnée d'ailleurs par une enquête administrative de l'Assistance publique de Paris et également de la direction départementale des affaires sanitaires et sociales", la DDASS.
"On veut que la justice soit faite"
La ministre a souligné que le petit garçon décédé mercredi soir à l'hôpital Saint-Vincent-de-Paul à Paris n'était pas aux urgences, mais "dans un service de pédiatrie générale, où il y a avait 7 personnels hospitaliers pour 12 personnes hospitalisées". Dans l'unité où il était hospitalisé, il y avait "2 personnes - une infirmière, une aide-soignante - pour 5 petits malades", a-t-elle ajouté. Répondant à la famille du petit garçon, qui reprochait à l'hôpital de ne pas avoir réagi assez vite alors que son fils était "en train de mourir", l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris a assuré vendredi que les équipes de réanimation avaient été alertées dès que la dégradation de l'état du petit Ilyès avait été constatée et qu'"elles sont intervenues immédiatement".
Mais pour Issam, l'oncle de l'enfant hospitalisé pour une angine, l'infirmière n'est pas la seule responsable. "On peut pas mettre tout sur le dos de cette pauvre dame. Je veux pas de bouc-émissaire, je veux que tous les responsable soient punis", a-t-il estimé. Vendredi, il a également indiqué que la famille de l'enfant compte porter plainte dans les prochains jours. "Nous attendons qu'on nous rende le corps de notre fils et on prendra un avocat", a-t-il précisé, estimant que l'information judiciaire ouverte vendredi pour "homicide involontaire" à l'encontre de l'infirmière, qui a reconnu avoir administré par erreur à l'enfant une perfusion de chlorure de magnésium au lieu de sérum glucosé destiné à le réhydrater, "n'était pas satisfaite". "On veut que la justice soit faite", a-t-il plaidé.
(D'après agence)
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