Articles de presse sur Joël Gaillard © TF1/LCICela fait deux jours que Joël Gaillard, un schizophrène dangereux, s'est échappé d'un hôpital psychiatrique de Marseille. Mais malgré les recherches, policiers et gendarmes étaient toujours sans nouvelles de lui dimanche soir. L'homme, âgé de 38 ans, s'était évadé de l'établissement Edouard Toulouse dans la soirée de vendredi, "sans doute entre 23 heures, l'heure de la dernière vision de l'infirmière, et 1 heure du matin, deuxième ronde de l'infirmière", a précisé la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot. Dimanche, les recherches pour le retrouver se concentraient sur les Bouches-du-Rhône et les Hautes-Alpes où réside la famille du malade. Mais selon une source proche du dossier, elles sont rendues difficiles par le fait que les enquêteurs ne disposent pas d'un signalement précis de Joël Gaillard.
D'ores et déjà, le préfet de région, Michel Sappin, "a ouvert une enquête administrative sur les conditions dans lesquelles les deux individus ont pu s'échapper et plus largement sur les conditions de sécurité de l'établissement", a indiqué la préfecture. "Il a demandé à la DDASS et à la police de mener cette enquête et de lui rendre compte", a-t-on précisé. Du côté de l'établissement, on fait valoir que la structure n'est pas préparée à accueillir ce type de patients. "Quand un détenu est hospitalisé en chirurgie, il est gardé par deux policiers, ce n'est pas le cas en psychiatrie où on nous demande à la fois de le soigner et de le retenir", a déploré Pierre Tribouillard, secrétaire du syndicat FO de l'hôpital psychiatrique Edouard-Toulouse.
Libéré une première fois en 2003
Interné d'office en octobre 2007 dans cet établissement psychiatrique, Joël Gaillard avait été interpellé à Gap en mars 2004, après le meurtre à coups de hache de Germain Trabuc, 83 ans, le compagnon de sa grand-mère. Déclaré pénalement irresponsable, il avait bénéficié d'un non-lieu dans cette affaire. Joël Gaillard avait été interné une première fois à l'hôpital Edouard Toulouse en 2001 après une tentative de meurtre dans les Hautes-Alpes. Il en était sorti en décembre 2003. Une décision de l'hôpital et du préfet de région contre laquelle a porté plainte la famille de Germain Trabuc en mars 2007, estimant que Joël Gaillard n'aurait pas dû être libéré.
Dimanche matin, un autre patient, jugé lui non dangereux, s'était échappé en pyjama du même hôpital marseillais. Dans l'après-midi, il a été retrouvé dans une cité des quartiers Nord de la cité phocéenne. Agé de 19 ans et connu des services de police pour des vols avec effraction, il avait été transféré de la maison d'arrêt des Baumettes à l'hôpital Edouard Toulouse pour des soins. Mais pour Roselyne Bachelot, il ne faut pas mélanger les deux affaires. "On a d'un côté un détenu hospitalisé qui profite de cette hospitalisation pour faire une fugue, et de l'autre un malade déclaré irresponsable pénalement, reconnu comme dangereux, schizophrène, qui fait, dans le cadre d'une hospitalisation d'office, une fugue", a-t-elle déclaré dimanche soir. Ce sont des "contextes très différents".
La ministre a toutefois souligné que ces incidents "posent la question récurrente des mesures de sécurité dans les hôpitaux psychiatriques". "Comme l'a déclaré le président Sarkozy lors de sa visite à l'hôpital d'Anthony, nous avons décidé d'un plan de 70 millions d'euros", a rappelé Roselyne Bachelot. Alors qu'il existe actuellement cinq unités pour malades difficiles, soit 420 places, ce plan prévoit l'ouverture de "quatre UMD répartis sur l'ensemble du territoire, de 40 places chacune, soit 160 places" supplémentaires, a détaillé la ministre. Le plan prévoit également "la création de 200 chambres sécurisées pour ces malades dangereux". Pour les malades détenus qui seraient amenés à être hospitalisés pour des soins psychiatriques, "il y a un plan d'ouverture d'Unités d'hospitalisation spécialement aménagées, qui sont des établissements de santé mais où les dispositifs de sécurité sont assurés par l'administration pénitentiaire", a ajouté la ministre. Concernant la réforme de la loi de 1990 sur l'hospitalisation d'office, "les concertations avec les professionnels, avec les syndicats représentatifs des organisations professionnelles qui travaillent dans les hôpitaux psychiatriques ont commencé, et ce texte de loi sera présenté au printemps 2009", a-t-elle annoncé.
(D'après agence)
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