La synagogue visée par un cocktail Molotov à Saint-Denis, le 11 janvier 2009 © LCIC'est non pas une, mais neuf bouteilles incendiaires qui ont été lancées dimanche soir contre le centre communautaire juif Ohr Menahem et la synagogue à Saint-Denis, dans la banlieue nord de Paris. Deux ont provoqué un début d'incendie dans la cafétéria, a précisé le parquet de Bobigny. Les faits s'étaient produits, selon la préfecture, "peu avant 22h30". Selon le président du Bureau national de vigilance, Sammy Ghozlan, trois personnes avaient été aperçues par un témoin avant de prendre la fuite.
Cet incident est loin d'être isolé. Des cocktails Molotov ont ainsi été lancés dans la nuit de dimanche à lundi à Schiltigheim, dans le Bas-Rhin, contre une maison servant de lieu de culte à la communauté israélite. Une dizaine d'inscriptions antisémites et pro-palestiniennes ont par ailleurs été découvertes lundi matin sur le mur d'un centre social situé dans la banlieue du Puy-en-Velay. Et à Strasbourg, lundi après-midi, un groupe de 100 à 200 lycéens, pour la plupart d'origine immigrée, se sont répandus dans le centre-ville en scandant "Israël assassin", créant quelques incidents au passage.
Des "violences inadmissibles"
Nicolas Sarkozy a fermement condamné lundi soir les "violences inadmissibles" commises en France, "au prétexte" du conflit au Proche-Orient et assuré que ces crimes ne "resteraient pas impunis", en présentant à l'Elysée ses voeux aux autorités religieuses. De son côté, la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, a dénoncé "une recrudescence" des actes contre les synagogues mais aussi contre les mosquées.
Mêmes appels au calme du côté des associations. Le président du Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme, Sammy Ghozlan, a dénoncé "la recrudescence d'actes hostiles" aux juifs, une trentaine, selon lui, depuis le début de l'opération israélienne à Gaza. L'agression contre les lieux de culte juifs a également été dénoncée par le Conseil français du culte musulman, la Grande Mosquée de Paris, le Mouvement de la Paix et de nombreuses associations de défense des droits de l'homme. "Ne laissons pas le conflit du Proche-Orient arriver en France", a demandé l'Union des étudiants juifs de France. Le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples associé à l'Union juive pour la paix a réaffirmé avec force que ce conflit n'est ni religieux ni communautaire, prévoyant la tenue de réunions de quartier pour les deux communautés pour éviter "les dérapages racistes".
Fadela Amara reçoit les associations
Sur le terrain les autorités religieuses s'appliquent à calmer le jeu. En Seine-Saint-Denis, par exemple, on indique de source policière que les prêches du vendredi dans les mosquées ont été très modérés. Lundi soir, Fadela Amara, secrétaire d'Etat à la politique de la Ville, a reçu plusieurs associations pour les sensibiliser à cette question. Les représentants des religions vont publier "dans les prochains jours" une déclaration commune concernant les événements au Proche-Orient, a annoncé par ailleurs le cardinal André Vingt-Trois, président de la Conférence des évêques de France, à l'issue de l'entretien avec Nicolas Sarkozy.
En revanche, près de 90 organisations, essentiellement françaises et beaucoup pro-palestiniennes, ont annoncé qu'elles allaient déposer plainte mercredi devant la Cour pénale internationale pour "crimes de guerre" visant l'offensive israélienne à Gaza.
Note de la rédaction : en raison de nombreux abus et de propos tombant sous le coup de la loi française, du côté des deux parties en présence, LCI.fr a décidé de ne plus valider aucun avis sur le conflit israélo-palestinien.
D'après agence
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