Les couloirs du lycée professionnel Pierre-et-Marie-Curie de Château-Gontier © TF1/LCI| Le père de l'élève agresseur témoigne |
Xavier Darcos refuse de parler de violence scolaire après l'agression d'un professeur dans un lycée de Château-Gontier, en Mayenne. "C'est beaucoup plus le cas d'un enfant qui ne va pas bien, d'un jeune homme qui a des problèmes psychologiques lourds, je crois, qu'un problème de violence stricto sensu, même si évidemment cela se passe dans un établissement scolaire", a-t-il estimé mardi sur France Info. Il est vrai que l'élève était suivi pour problèmes psychiatriques, comme l'a révélé le procureur de la République de Laval Alex Perrin. Et il avait, semble-t-il, prémédité son geste.
"Il ressort clairement des auditions qu'il s'était muni préalablement d'un couteau. Il en avait deux sur lui, un couteau à virole classique et un couteau de cuisine d'une vingtaine de centimètres, manifestement avec l'intention de l'utiliser contre l'enseignant, ce qu'il a fait", a expliqué le magistrat lors d'un point de presse dans l'établissement. Il a cependant souligné que le garçon, majeur depuis deux mois, n'avait aucun antécédent judiciaire, contrairement à de premières informations délivrées par erreur de sources judiciaires.
Ni accrochage, ni conflit avec son professeur
Selon le magistrat, l'agresseur "n'a pas eu de mot, d'accrochage, de conflit" avec son professeur : "il a cristallisé son échec (scolaire) sur cet enseignant qu'il a peut-être trouvé trop exigeant". Le procureur de la République a souligné qu'Antoine "ne s'était jamais signalé par des comportements violents envers les autres" et que "rien ne pouvait laisser penser à ce comportement agressif. La surprise est assez totale".
Le jeune homme avait fait une tentative de suicide en octobre, ce qui avait conduit sa famille à demander une hospitalisation dans un établissement psychiatrique. Il en était sorti sur demande de ses parents, mais contre l'avis des médecins, avant d'être réhospitalisé le 30 octobre jusqu'au 24 novembre. "Depuis quelques jours, il avait décidé de ne plus prendre régulièrement son traitement neuroleptique", a précisé le procureur.
La victime, professeur d'électrotechnique âgé de 30 ans, a été frappée de trois coups de couteau et blessée sérieusement "au niveau du dos et du bas du dos" alors qu'il donnait un cours de soutien à quatre élèves, dont son agresseur, selon le procureur. L'enseignant, opéré dans la nuit et dont les jours ne sont pas en danger, devrait être entendu dans les heures qui viennent par les enquêteurs. Le procureur a indiqué avoir requis une expertise psychiatrique pour le jeune agresseur, dont la garde à vue devrait être prolongée jusqu'à mercredi.
D'après agence
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