10.000 secouristes, l'armée en renfort

Par D.H. (avec agences), le 25 janvier 2009 à 07h36 , mis à jour le 25 janvier 2009 à 22h23

8 morts et de gigantesques dégâts : le Sud-Ouest a connu samedi une tempête plus forte qu'en 1999. Le patron de la SNCF parle de "vision de guerre". Nicolas Sarkozy, venu sur place dimanche, a exhorté les assureurs à "faire leur métier".

toit tempêtePhoto d'un internaute de LCI.fr dont le toit a été emporté le 24 janvier 2009 par la tempête, à Serres Castet, dans les Pyrénées Atlantiques © DR

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Des routes barrées par les troncs d'arbres, des maisons sans chauffage, et souvent aussi sans eau potable, des distributeurs de billets en panne, des maisons de retraite à l'eau froide pour la toilette des personnes âgées, des toits envolés, des forêts dévastées... La tempête qui a ravagé samedi le Sud-Ouest de la France, baptisée "Klaus" par les services météos allemands, a frappé plus fort en intensité que les deux tempêtes des 26 et 27 décembre 1999, selon Météo France. Elles avaient alors fait 92 morts et des dégâts considérables. 

La tempête de samedi fut plus localisée. Mais tout aussi, voire plus, dévastatrice. Le président de la SNCF, venu sur place, parle même de "vision de guerre". Les vents ont soufflé jusqu'à 184 km/h (un record atteint dans les Pyrénées). La tempête a fait huit morts, selon un nouveau bilan. Alors que trois personne sont décédées samedi dans les Landes et une un en Gironde (lire notre article),  un couple de septuagénaires a été retrouvé mort dimanche à Nantheuil, en Dordogne, à la suite d'une intoxication au monoxyde de carbone liée à l'utilisation d'un groupe électrogène à cause des coupures d'électricité. Et pour les mêmes raisons, deux plaisanciers sont morts à bord de leur voilier amarré à Port-Barcarès, dans les Pyrénées-Orientales. Depuis samedi, plusieurs dizaines d'accidents ont intoxiqué plus de 100 personnes, sans que leur vie soit mise en danger, selon les cellules de crise mises en place contre la tempête dans la région.

La zone est placée dimanche soir encore en vigilance orange, il y a des risques d'inondations. 6 départements sont concernés. L'heure est maintenant à la reconstruction et au bilan. Selon l'Elysée, quelque 10.000 personnels de secours de renfort (5.000 pompiers, 1.000 agents SNCF, 1.000 électriciens et 1.000 de France Télécom) étaient à pied d'oeuvre dimanche sur place.

La reconstruction 

Nicolas Sarkozy est venu dimanche à la mi-journée en Gironde, accompagné quatre ministres ainsi que des patrons d'EDF, de la SNCF et de la fédération française des sociétés d'assurance. Le chef de l'Etat a estimé que, grâce aux leçons de 1999, il y avait eu "beaucoup plus de réactivité, moins de victimes, plus d'efficacité", soulignant le "travail remarquable" des "fonctionnaires de l'Etat et des collectivités territoriales" et de Météo France. Le système d'alerte à échelle (de blanc à rouge) avait été institué après la tempête de 1999.

  • Nicolas Sarkozy a fait appel à l'armée pour porter secours "en hommes et en matériels" aux victimes de la tempête et "permettre un retour aussi rapide que possible à la normale". "Je demande en particulier à l'armée de terre d'apporter tout son concours au dégagement des voies de  communication", a-t-il ajouté. 700 militaires pourraient rejoindre lundi les 300 qui ont participé dès dimanche aux opérations de secours.
  • Le réseau de transport d'électricité dans le sud de la France sera totalement réalimenté "au plus tard dans cinq jours", préalable indispensable au retour du courant chez tous les consommateurs (800.000 foyers en étaient encore privés dimanche soir : lire tous les dégâts plus bas), a annoncé dimanche RTE, le gestionnaire du réseau. Selon ERDS, 1.000 agents de la force sont mobilisés et 12 hélicoptères pour repérer les dégâts. Des équipes d'électriciens en provenance d'Europe étaient aussi en renfort. "La priorité aujourd'hui est de rétablir l'électricité le plus vite possible. En 1999, il avait fallu trois semaines, là nous espérons que dans une petite semaine tout le monde sera raccordé", a dit de son côté le président. En revanche le chef de l'Etat a repoussé l'idée d'enterrer totalement le réseau électrique français : "je n'ai pas 100 milliards d'euros pour enterrer tout tout de suite", a-t-il répondu (voir la vidéo).
  • Le président de la SNCF, Guillaume Pépy, a dit dimanche qu'il faudrait plusieurs jours pour ramener le trafic à la normale, alors qu'environ 1.500 km de voies ont été affectées selon lui. Il a également promis le remboursement de tous les billets.

Les indemnisations 

  • Après l'appel déjà des ministres Lagarde et Woerth, le président a pressé dimanche, sur un ton assez sévère, les assureurs "de faire leur métier (... soit) verser les indemnisations quand il y a un drame", parlant d'une "tempête sans précédent".
  • Le président de la Fédération française des sociétés d'assurances qui l'accompagnait a répondu, en promettant une "mobilisation générale" de sa profession. Les experts vont se rendre "sur le terrain, le plus rapidement possible", a assuré Bernard Spitz, assurant aussi "des procédures les plus rapides possibles". Avant la mise en place de centraux téléphoniques pour traiter les demandes, il invite les sinistrés à consulter le site de sa fédération ffsa.fr
  • Le groupe d'assurances Groupama Centre Atlantique n'appliquera "pas de franchises" à ses assurés touchés par la tempête, a de son côté affirmé son directeur général sur Europe 1, rappelant que les dégâts dus au vent et à la tempête étaient "pris en charge dans les contrats habitation".
  • Pour la prise en charge des dégâts causés par les inondations, il faut que l'état de catastrophe naturelle soit officiellement décrété pour que les assurances prennent en charge les travaux. Une déclaration de l'état de catastrophe naturelle qui sera faite rapidement, a promis dimanche le chef de l'Etat : il a estimé que la liste des communes susceptibles de bénéficier de cette procédure pourrait être présentée lors du conseil des ministres du 4 février, parlant d'une "affaire de jours".
  • Concernant les fonds publics qui pourraient être mobilisés, le président a évoqué un fonds d'extrême urgence de la Protection civile à destination des communes qui peut apporter 3 millions d'euros selon lui, et un autre fonds de solidarité concernant les catastrophes naturelles, qui dispose selon ses chiffres de 19 millions d'euros. En clair : l'Etat aura recours aux crédits déjà programmés pour les catastrophes, mais semble exclure toute dépense nouvelle. Le ministre de l'Agriculture, Michel Barnier, a de son côté indiqué que la France ferait appel à la solidarité européenne.  

Les dégâts 

La tempête s'est achevée dans la nuit de samedi à dimanche, même si Météo France appelle toujours à la prudence. "Dans les tous les cas, ne vous engagez pas, à pied ou en voiture, sur une voie immergée et pour votre sécurité, respectez bien les déviations mises en place", recommande l'organisme. Problèmes d'eau potable, centraux téléphoniques en panne, trains paralysés : les coupures d'électricité dues à la tempête dans le Sud-Ouest ont provoqué des perturbations en cascade qui risquent de durer plusieurs jours.

  • Tous les établissements scolaires (écoles, collèges, lycées, IUT) seront fermés lundi dans les Landes, en Gironde, dans les Pyrénées-Orientales et le Lot-et-Garonne pour permettre une évaluation, "par établissement", des conséquences de la tempête
  • Quelque 800.000 foyers étaient toujours privés d'électricité dimanche soir, contre 1,7 million au plus fort de la tempête.
  • Les habitants sont souvent aussi privés d'eau potable, en raison des pannes d'électricité dans les stations de pompage. La préfecture de Dordogne a organisé l'acheminement de 100.000 bouteilles à 15.000 personnes.
  • France Télécom parle de son côté de "dégâts considérables" sur son réseau, assurant se mobiliser pour dépanner 300.000 clients encore privés dimanche soir de téléphone fixe. Certaines personnes sont aussi privés de réseau de mobile. Environ 25% des antennes relais Orange (groupe France Télécom) sont privées d'électricité dans la zone.
  • L'hôpital de Mont-de-Marsan a mis en oeuvre un dispositif exceptionnel (Plan blanc) en raison d'une forte occupation des services hospitaliers, beaucoup de malades ne regagnant pas leurs domiciles après la tempête.
  • Quelque 1.500 km de voies SNCF ont été affectées. Les axes Toulouse-Montauban-Limoges-Paris et Toulouse-Narbonne-Montpellier ont été remis en service dimanche mais les axes Hendaye-Dax-Bordeaux et Toulouse-Agen-Bordeaux étaient toujours fermés au trafic en milieu de journée. La compagnie invite les voyageurs à différer leurs déplacements. Quelques liaisons TER ont pu être assurées, par train et bus, dimanche après-midi en Aquitaine. Dimanche matin, 44 passages à niveau étaient hors service faute d'électricité, selon la SNCF, qui a mobilisé un millier d'agents. Des voyageurs en détresse ont été hébergés (voir la vidéo). Samedi soir, la SNCF évoquait 800 clients pris en charge.
  • Le patrimoine forestier est très touché, notamment dans le département des Landes (le plus touché par la tempête), où se trouve le plus important massif français (voir la vidéo). Les sylviculteurs de la région, qui demandent des aides de l'Etat, craignent que des conséquences plus dramatiques encore qu'en 1999, où environ 150.000 hectares de forêt avaient été détruits. Selon le syndicat des sylviculteurs du Sud-Ouest, la tempête a ravagé 60% de la forêt dans le Sud de la Gironde et les Landes. La tempête a eu des "conséquences dramatiques" pour les forêts, en particulier le massif des Landes, a déclaré dimanche la Secrétaire d'Etat à l'Ecologie, Chantal Jouanno, qui se rendra sur place mardi matin. Et Michel Barnier a annoncé un pla global pour récupérer et revaloriser le bois tombé (lire notre article).
  • De nombreuses portions de routes sont impraticables, notamment sur le réseau secondaire ou en zones forestières encombrées par des chutes d'arbres.
  • Le trafic des aéroports de Toulouse-Blagnac et Perpignan a été rétabli dimanche matin.

Parmi les blessés de la tempête, le député-maire socialiste du Teich, en Gironde, François Deluga, avait décidé de réparer lui-même son toit. Il est tombé de l'échelle et s'est fracturé la hanche. La tempête a fait 11 morts en Espagne.

Par D.H. (avec agences) le 25 janvier 2009 à 07:36
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57 Commentaires

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  • Manoz, le 26/01/2009 à 09h42

    Je suis tres triste par se sepctacle de désolation malgré tous il va faloire reconstruire. Si le département a besoin de mains d'oeuvre ,je suis couvreur zingueur en portage salarial et je serai heureus de venir en renfort pour aider les sinistrés.

  • Larry920, le 26/01/2009 à 07h25

    L'armée devrait etre réquisitionnée automatiqueemnt en cas de sinistre important sur le territoire français ,cela aiderait à remonter l'estime de cette armée auprès de la population et cela résoudrait beaucoup de soucis sur le terrain.merci à tous le sfonctionnaires qui se sont demenés pour cette tempete.

  • Jb, le 26/01/2009 à 00h02

    Detenant un diplome de secouriste je souhaiterai me rendre utile a la suite de la tempete pour aider les sinistrer pouvait me dire comment faire les demarche svp et l'endroit exacte

  • Bruno, le 25/01/2009 à 21h38

    Les établissements scolaires seront fermés en gironde lundi!!!

  • CHARETTE89, le 25/01/2009 à 21h22

    Eh ouais en Allemagne ils enterrent les lignes pas chez nous, l'Espagne plus touchée que nous par la tempête va venir en aide à EDF. Mais M le Président dit que tout va bien, alors on l'écoute...

  • Bony, le 25/01/2009 à 21h11

    Arrêtez de parler d'EDF : EDF n'est désormais qu'un commercialisateur d'élec. parmi tant d'autres. Les réseaux, aériens ou souterrains en basse tension appartiennent aux collectivités locales. Donc si vous voulez que le réseau soit enterré... quant aux personnes que vous voyez intervenir pour rétablir, ils font partie depuis 1 an d' ERDF, le raccordeur et distributeur de TOUS les commercialisateurs d'électricité (hors régies) type POWEO pour l'exemple.

  • Alain, le 25/01/2009 à 20h47

    Pour repondre à Jules de montpellier, il est pret à payer le double voire le triple sa facture d'electricité pour enfouir les réseaux?????????? je ne le pense pas alors qu'il n'ecrive pas n'importe quoi.

  • Gérard, le 25/01/2009 à 20h44

    Courage à tous les landais, une vraie désolation un paysage d'apocalypse et des gens qui sont choqués et qui ont eus trés peur, ils se serrent les coudes entre eux ça c'est formidable, à BASCONS et à tous les landais courage

  • Marine, le 25/01/2009 à 20h42

    On parle beaucoup du sud ouest mais nous à Perpignan on est aussi en galère! ce soir encore il y a des gens qui n'ont ni eau ni electricité! je suis de tout coeur avec les personnes qui sont isolées j'ai moi-même eu très peur (je suis seule aussi!)! et excusez moi mais ce n'est pas parce que notre très cher ami Sarko est venu voir les dégats qu'il sait ce que les gens endurent! à ça se montrer il sait faire mais agir??!! je suis outrée de certains de ses propos... bref courage a tous les sinistrés moi je n'ai rien eu dieu merci mais je pense très fort a vous!

  • Luc, le 25/01/2009 à 20h32

    Enterrer toutes les lignes , ce serait une facture énorme pour les consommateurs.

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