L'aéroport Toulouse-Blagnac paralysé par la neige le 8 janvier 2009 © TF1-LCI
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Si le sud de la France reprennait lentement son souffle depuis jeudi après-midi, les blocages n'étaient pas terminés. Ainsi, l'aéroport de Marseille-Marignane, fermé depuis mercredi, a rouvert dans l'après-midi. Mais le sort des centaines de passagers encore bloqués demeurait incertain, certains semblant voués à passer une 2e nuit sur place en raison des vols annulés. D'autant que tous les vols ne devaient pas être assurés dans la mesure où une grande partie du personnel de l'aéroport, notamment de sécurité, n'avait pas été relevé depuis 36 heures et que les routes d'accès à l'aéroport étaient toujours difficiles et les autoroutes fermées. Le trafic a également repris en début de soirée à l'aéroport de Toulouse-Blagnac, qui a reconnu avoir manqué de produit pour "déverglacer" ses pistes. Toute la journée, les avions étaient restés au sol.
Météo France a placé le Gard et l'Hérault en vigilance orange en raison de la neige et du verglas entre 21 heures et vendredi midi en raison toujours des risques de neige et de verglas. En revanche la vigilance orange a été levée en PACA. Les transports scolaires sont annulés dans le Tarn et la Haute-Garonne. La circulation a en revanche été rétablie sur l'A61, où plus de 400 véhicules avaient été bloqués dans la matinée par le verglas. Les poids lourds qui étaient bloqués ont pu reprendre la route.
Rails : retour à la normale prévu vendredi
En PACA, sur la route, la circulation a été rétablie sur les autoroutes A7 et A8 entre la vallée du Rhône et Nice. Autour d'Aix-en-Provence et Marseille, l'A50, l'A51 et l'A52 ont rouvert, ainsi que l'A54 pour les véhicules légers. L'accès à Marseille par le nord a été rouvert sur l'A7 et l'A51, l'A55 restant cependant bloquée. A Marseille même, la circulation des bus n'a repris au compte-gouttes qu'en milieu d'après-midi, seuls quelques grands axes ayant été salés. Dans la région, le trafic ferroviaire a repris progressivement, plusieurs TGV accusant des retards importants. Le trafic des Corail restait limité et seul un TER sur quatre a circulé. Le retour à la normale est prévu vendredi. Au total, 2.600 personnes ont été hébergées mercredi soir dans les Bouches-du-Rhône, où 1.000 foyers restaient privés d'électricité jeudi vers 19h.
La perturbation des transports a conduit l'université de Provence à fermer tous ses sites jusqu'à lundi, reportant les examens prévus cette semaine. Les collèges et lycées des Bouches-du-Rhône rouvriront vendredi mais des écoles resteront fermés et les transports scolaires ne seront pas assurés dans le département. Il en sera de même dans les Landes où la préfecture a décidé également d'interdire la circulation des poids-lourds sur l'A63 et l'A10, mesure reconduite dans les Pyrénées-Atlantiques.
Des défaillances dit Fillon, Gaudin rétorque
Parallèlement à la situation sur le terrain, Michèle Alliot-Marie et Dominique Bussereau ont annoncé jeudi l'envoi "d'une mission conjointe". Cette mission est "dépêchée sur place" pour "évaluer les conditions dans lesquelles les différents opérateurs ont anticipé et géré les conséquences de cet épisode météorologique". De son côté, François Fillon a demandé que soient tirés des "enseignements" des blocages "inacceptables" dus au froid qui ont affecté des usagers de la route et des aéroports dans certaines régions françaises, reconnaissant des "problèmes de moyens".
"Les ministres seraient bien inspirés de regarder d'abord les services de l'Etat avant de regarder les services des collectivités territoriales dont la générosité est excessive, dont le dévouement a absolument été total et complet", a réagi le sénateur maire UMP de Marseille, Jean-Claude Gaudin.
Mais comment la neige a-t-elle pu bloquer toute la Provence en quelques heures ? Alors que la presse régionale critiquait jeudi matin, les autorités locales invoquaient le manque de moyens techniques mais doutaient dans le même temps de l'utilité d'investir pour remédier à un phénomène si exceptionnel. "Est-ce que pour un événement qui se produit statistiquement tous les 20 ans, il faut que la ville et la communauté urbaine investissent des dizaines de millions d'euros dans des équipements qui serviront de façon aléatoire ou est-ce qu'on peut se dire qu'on peut supporter pendant une journée d'avoir une situation un peu atypique ?", s'interrogeait ainsi le préfet des Bouches-du-Rhône, Michel Sappin.
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