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> Les films impressionnants des internautes
> La catastrophe ravive le débat sur la vétusté du réseau
> Un foyer de personnes âgées handicapées à l'eau froide
> Sarkozy : "je n'ai pas 100 milliards pour enterrer" les lignes électriques"
> Les images de la dévastation
> La forêt des Landes très touchée
> Bloqués dans un TGV dans les Landes
La déclaration se fait attendre. François Fillon l'avait annoncée pour ce mardi, mais le Premier ministre attend l'avis d'une commission qui doit se réunir dans l'après-midi pour se prononcer sur une éventuelle déclaration d'état de catastrophe naturelle dans le Sud-Ouest. De cette "réunion technique" présidée par Alain Perret, le directeur de la Sécurité civile, il en sortira un avis transmis au chef du gouvernement, à qui il reviendra ensuite de trancher. Matignon n'a pas précisé mardi quand sa décision serait connue.
Alors que l'évaluation des dégâts reste difficile, tout danger n'est pas écarté : six départements sont toujours placés en vigilance orange pour des risques d'inondations : la Charente-Maritime, la Charente, la Dordogne, la Gironde, les Landes et le Gers. De très fortes vagues sont aussi attendues jusqu'à mardi soir sur le littoral est du Var et sud-ouest des Alpes-Maritimes, l'élévation temporaire du niveau de la mer pouvant entraîner des débordements. Les autorités recommandent la prudence aux habitants et automobilistes circulant sur le littoral. Météo-France attend des vagues de 3,5 à 5 mètres dans la zone concernée, entraînant une surcote de 20 à 30 centimètres du niveau de la mer.
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La menace des inondations, notamment dans le bassin de l'Adour, plane sur nombre de foyers fragilisés par la tempête et parfois sans électricité ni chauffage. Le nombre des sinistrés privés de courant décroît au fil des heures, mais il était encore mardi de 276.000. La région Aquitaine reste la plus touchée. Viennent ensuite les Midi-Pyrénées et le Languedoc-Roussillon. La remise en service devrait prendre au moins une semaine, pour la plupart des foyers (lire plus bas).
La reconstruction
10.000 personnels de secours de renfort (5000 pompiers, 1000 agents SNCF, 1000 électriciens et 1000 de France Télécom) étaient à pied d'oeuvre encore mardi.
- L'électricité pourrait être rétablie d'ici jeudi dans 100% des foyers. 12 postes de transformation restent à remettre en service, opération qui devrait être réalisé d'ici à jeudi soir. Toutefois, le président de la RTE a indiqué qu'il restait à rétablir les liaisons basses et moyenne tension, domaine de la société ERDF, filiale à 100 % d'EDF, qui connecte les usagers au réseau. La direction de RTE a ajouté que ses équipes techniques "prêteraient main forte aux équipes d'ERDF" dès leur travail achevé. Le président de RTE a estimé que les leçons avaient été tirés "de l'expérience de la tempête de 1999", notamment avec "l'élargissement des couloirs d'élagage autour des lignes", "la pose de pylône anti-cascade", qui évite les effets domino en cas de chute. Le président de RTE a indiqué que deux fois moins de lignes avaient été endommagées que lors de la tempête de 1999, et trois fois moins de postes.
- La distribution de l'eau potable par la société Saur est redevenue normale mardi matin. L'ensemble des installations ont été équipés de groupe électrogène et fonctionnent désormais normalement. Les sociétés de distribution Veolia et Suez avaient annoncé lundi un retour à la normale de la distribution d'eau potable sur leurs réseaux du sud-ouest, dès le soir même pour la première et mardi matin pour la seconde.
- Sept-cent-cinquante militaires ont été déployés lundi dans le département des Landes pour aider la population et les services publics touchés par la tempête. Au total, un millier de militaires sont présents dans les neuf départements du Sud-Ouest frappés ce week-end.
- Le trafic ferroviaire, complètement interrompu sur certaines lignes, ne reprendra "sans doute" totalement que dans une à deux semaines, a estimé lundi sur France Info le président de la SNCF, Guillaume Pepy.
- L'ensemble des stations de pompage et des châteaux d'eau des Landes ont été raccordés mardi selon la préfecture du département. Mais en raison de ruptures de canalisation ou de fuites, certaines communes ou habitations isolées ne sont pas encore desservies.
Les indemnisations
- Le coût de la tempête Klaus sera "supérieur à 600 millions d'euros" pour les assureurs, selon une estimation encore provisoire de la Fédération française des sociétés d'assurance (FFSA) mardi.
- L'Assemblée permanente des chambres de métiers et de l'artisanat et les Chambres de métier et d'artisanat vont de leur côté indemniser à hauteur de 1500 euros maximum les entreprises artisanales sinistrées. Les premiers chèques seront distribués dès cette semaine.
- Cinq millions d'euros ont été mobilisés pour permettre le dégagement des arbres, a annoncé lundi le ministère de l'Agriculture, qui prévoit de réunir mardi les responsables de la filière bois pour dresser un premier bilan.
- Concernant les fonds publics qui pourraient être mobilisés, Nicolas Sarkozy a évoqué un fonds d'extrême urgence de la Protection civile à destination des communes qui peut apporter 3 millions d'euros selon lui, et un autre fonds de solidarité concernant les catastrophes naturelles, qui dispose selon ses chiffres de 19 millions d'euros. En clair : l'Etat aura recours aux crédits déjà programmés pour les catastrophes, mais semble exclure toute dépense nouvelle. Le ministre de l'Agriculture, Michel Barnier, a de son côté indiqué que la France ferait appel à la solidarité européenne.
- Paris a demandé à la commission européenne l'aide du fonds de solidarité de l'Union européenne pour faire face aux dégâts. Ce fonds a été créé en 2002 afin d'aider la population d'un État membre victime d'une catastrophe naturelle majeure. Il dispose d'un budget annuel d'un milliard d'euros. La France en a déjà bénéficié à plusieurs reprises, notamment lors des inondations de décembre 2003 dans le Sud-Est.
- Le président du conseil régional de Midi-Pyrénées (PS) va proposer à la commission permanente de l'assemblée régionale de voter une aide d'urgence d'un million d'euros "pour les communes ayant subi des dommages sur le domaine public" lors de la tempête. L'adoption de cette aide devrait intervenir lors de la prochaine réunion de la commission le 5 février.
- Quatre Mirages F1 effectueront, dès que les conditions météo le permettront, des vols de reconnaissance des zones dévastées pour évaluer les dégâts et risques d'inondations.
Les dégâts
Même si la tempête est déjà loin, Météo France appelle toujours à la prudence. "Dans les tous les cas, ne vous engagez pas, à pied ou en voiture, sur une voie immergée et pour votre sécurité, respectez bien les déviations mises en place", recommande l'organisme. Problèmes d'eau potable, centraux téléphoniques en panne, trains paralysés : les coupures d'électricité dues à la tempête dans le Sud-Ouest ont provoqué des perturbations en cascade qui risquent de durer.
- Tous les établissements scolaires (écoles, collèges, lycées, IUT) étaient fermés lundi dans les Landes, en Gironde, dans les Pyrénées-Orientales et le Lot-et-Garonne pour permettre une évaluation, "par établissement", des conséquences de la tempête. Mardi, le ministre de l'Education nationale Xavier Darcos se déplace en Gironde. Il se rendra au lycée Victor-Louis de Talence "pour rencontrer et apporter son soutien aux personnels de l'établissement". Il s'entretiendra également avec la cellule de crise mise en place par le rectorat de Bordeaux et fera un bilan sur la situation de l'académie.
- Les habitants sont souvent aussi privés d'eau potable, en raison des pannes d'électricité dans les stations de pompage. Les secours ont organisé l'acheminement de 180.000 bouteilles aux plusieurs milliers de personnes sinistrées.
- Environ 100.000 clients sont encore privés de téléphone fixe. Près de 4000 techniciens d'intervention sillonnent le terrain dans les trois régions concernées: Aquitaine, Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon. Certaines personnes sont aussi privés de réseau de mobile. Environ 25% des antennes relais Orange (groupe France Télécom) sont privées d'électricité dans la zone. Et 400.000 abonnés de SFR n'ont toujours pas accès au réseau de téléphonie mobile en raison des coupures d'électricité.
- L'hôpital de Mont-de-Marsan a mis en oeuvre un dispositif exceptionnel (Plan blanc) en raison d'une forte occupation des services hospitaliers, beaucoup de malades ne regagnant pas leurs domiciles après la tempête.
- La SNCF a acheminé et installé des groupes électrogènes pour pallier les insuffisances d'alimentation électriques sur les axes Bordeaux-Agen-Toulouse et Tarbes-Toulouse. La circulation a repris normalement sur ces axes. La vitesse des trains sur l'axe Narbonne-Perpignan, intégralement rouvert, est pour sa part limitée, en raison d'une insuffisance de puissance du réseau électrique. Les deux axes les plus fortement touchés par la tempête, Bordeaux-Hendaye (à partir de Facture) et Dax-Tarbes ne sont, quant à eux, pas encore rétablis. Les axes Paris-Bordeaux, Paris-Toulouse (via Limoges) et Toulouse-Montpellier fonctionnent normalement. La SNCF, qui a mis en place "140 autocars" pour assurer l'acheminement des usagers sur la zone touchée "recommande néanmoins à l'ensemble des voyageurs de différer leur voyage."
- Le patrimoine forestier est très touché, notamment dans le département des Landes (le plus touché par la tempête), où se trouve le plus important massif français (voir la vidéo). Les sylviculteurs de la région, qui demandent des aides de l'Etat, craignent que des conséquences plus dramatiques encore qu'en 1999, où environ 150.000 hectares de forêt avaient été détruits. Selon le syndicat des sylviculteurs du Sud-Ouest, la tempête a ravagé 60% de la forêt dans le Sud de la Gironde et les Landes. La tempête a eu des "conséquences dramatiques" pour les forêts, en particulier le massif des Landes, a déclaré dimanche la Secrétaire d'Etat à l'Ecologie, Chantal Jouanno, qui se rendra sur place mardi matin. Et Michel Barnier a annoncé un pla global pour récupérer et revaloriser le bois tombé (lire notre article).
- De nombreuses portions de routes sont impraticables, notamment sur le réseau secondaire ou en zones forestières encombrées par des chutes d'arbres.
Parmi les blessés de la tempête, le député-maire socialiste du Teich, en Gironde, François Deluga, avait décidé de réparer lui-même son toit. Il est tombé de l'échelle et s'est fracturé la hanche. La tempête a fait 11 morts en Espagne.
"Klaus" a frappé plus fort qu'en 1999 |
Baptisée "Klaus" par les services météorologiques allemands, la tempête a frappé plus fort en intensité que les deux tempêtes des 26 et 27 décembre 1999, selon Météo France. Plus localisée, elle a aussi été plus dévastatrice. Le président de la SNCF, venu sur place, parle même de "vision de guerre". Les vents ont soufflé jusqu'à 184 km/h (un record atteint dans les Pyrénées). La tempête a fait onze morts, selon un bilan provisoire. Quatre personnes sont décédées par intoxication au monoxyde de carbone en raison d'une mauvaise utilisation de groupes électrogènes : deux en Dordogne et deux dans les Pyrénées-Orientales. Quatre décès ont été recensés dans les Landes : deux par des chutes d'arbres, un corps a été retrouvé dans les bois et une quatrième personne a été victime d'un malaise. En Gironde, deux personnes, sous assistance respiratoire, sont décédées. Dans les Pyrénées-Atlantiques, une personne est morte après avoir chuté d'un toit. |
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