La synagogue visée par un cocktail Molotov à Saint-Denis, le 11 janvier 2009 © LCIC'est non pas une, mais neuf bouteilles incendiaires qui ont été lancées dimanche soir contre le centre communautaire juif Ohr Menahem et la synagogue à Saint-Denis, dans la banlieue nord de Paris. Deux ont provoqué un début d'incendie dans la cafétéria, a précisé le parquet de Bobigny. Les faits s'étaient produits, selon la préfecture, "peu avant 22h30". Selon le président du Bureau national de vigilance, Sammy Ghozlan, trois personnes avaient été aperçues par un témoin avant de prendre la fuite.
La ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie a condamné "avec la plus grande fermeté" ces actes "lâches et inadmissibles". Elle rappelle, "comme elle l'a fait la semaine dernière avec les représentants du CRIF et du CFCM, que rien ne saurait justifier de tels agissements". La ministre assure par ailleurs que tout sera mis en oeuvre pour retrouver les "auteurs de cette agression afin qu'ils répondent devant la justice de cet acte intolérable". De son côté, le président du Consistoire Central de France et de Paris, Joël Mergui, "exprime sa colère face à ce nouvel acte antisémite, qui fait suite à une succession de menaces et d'actes dangereux contre la communauté juive à travers toute la France".
Amara reçoit plusieurs associations
"Ce que nous redoutions est arrivé", a déclaré le président du Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme Sammy Ghozlan, qui avait demandé mercredi au préfet d'interdire une manifestation de solidarité avec la population palestinienne organisée par la mairie PCF de la ville. La manifestation "risque de provoquer des dérapages, inciter à la haine et au passage à l'acte antijuif", avaient estimé le Conseil des communautés juives (CCJ) de Seine-Saint-Denis et le Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme. "Nous mettons en cause l'activisme du maire", a ajouté Sammy Ghozlan, qui demande au préfet d'interdire à l'avenir d'autres manifestations. L'UEJF (Union des étudiants juifs de France), dénonce également ce nouvel acte antisémite, le 30e recensé en France depuis le 27 décembre, premier jour de l'offensive israélienne contre le Hamas.
SOS Racisme a condamné cette attaque "avec la plus grande fermeté" dénonçant "celles et ceux qui essaient de donner un aspect ethnico-religieux au conflit au Proche Orient afin de plaquer artificiellement les lignes de fracture qui existent là-bas sur la situation française". La Ligue communiste révolutionnaires a dénoncé "cette agression irresponsable". Et pour Bertrand Delanoë, le maire socialiste de Paris, "chaque citoyen, attaché aux valeurs républicaines et laïques, se sent atterré par la multiplication d'actes antisémites dans notre pays ces dernières semaines".
Le porte-parole du Parti socialiste Benoît Hamon a lui lancé un appel au calme. "J'espère que tout le monde saura garder son sang froid", a-t-il dit sur RMC. Les pouvoirs publics et la classe politique doivent "donner les bonnes grilles de lecture pour dire que c'est un conflit entre Israël et les territoires palestiniens, pas un conflit entre les Juifs et les Arabes", a ajouté le député européen. C'est dans ce contexte tendu que la secrétaire d'Etat en charge de la politique de la ville, Fadela Amara, doit recevoir dans la journée plusieurs associations pour discuter des actes antisémites qui se sont succédés depuis le début du conflit à Gaza. Seront présents notamment l'UEJF, SOS Racisme, Ni Putes Ni Soumises, Braves Garçons d'Afrique, l'AFEV, Changeons de regard, Energie citoyenne et Droit de cités.
Les incidents antisémites se multiplient |
Des cocktails Molotov ont été lancés dans la nuit de dimanche à lundi à Schiltigheim, dans le Bas-Rhin, contre une maison servant de lieu de culte à la communauté israélite. Selon la police, des morceaux de verre correspondants à trois bouteilles de 75 cl ont été retrouvés près de la façade, noircie à trois endroits par de la fumée. Aucune inscription ni message n'ont été retrouvés sur place. Lundi dernier, des tags "Assassins" et "Vive démocratie Israël" avaient été découverts sur la synagogue de Lingolsheim, également en banlieue de Strasbourg. Une dizaine d'inscriptions antisémites et pro-palestiniennes ont par ailleurs été découvertes lundi matin sur le mur d'un centre social situé dans la banlieue du Puy-en-Velay. Et à Strasbourg, lundi après-midi, un groupe de 100 à 200 lycéens, pour la plupart d'origine immigrée, se sont répandus dans le centre-villi en scandant "Israël assassin", créant quelques incidents au passage. |
Note de la rédaction : en raison de nombreux abus et de propos tombant sous le coup de la loi française, du côté des deux parties en présence, LCI.fr a décidé de ne plus valider aucun avis sur le conflit israélo-palestinien.
D'après agence
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