Image d'archives. © TF1/LCILes policiers chargés de l'enquête après l'incendie d'une voiture jetée contre la grille d'une synagogue lundi soir à Toulouse recherchent trois personnes, aperçues par des témoins, a indiqué mardi le procureur de la République de Toulouse, Michel Valet. Ces trois personnes ont été vues en train de s'enfuir et sont soupçonnées d'être les auteurs de cette action, a précisé le procureur. "Pour l'instant, personne n'a été interpellé", a-t-il dit, ajoutant qu'un important travail de la police technique et d'investigation avait été entrepris par le SRPJ de Toulouse.
Un autre véhicule contenant des cocktails molotov a été découverte à proximité de la synagogue visée par la voiture incendiée dans un quartier périphérique de Toulouse dans la nuit de lundi à mardi. Un rabbin de la communauté juive de Toulouse donnait un enseignement à des adultes à l'intérieur de la synagogue, équipée d'un système de vidéo-surveillance, quand l'incident s'est produit. "Personne n'a été blessé dans l'incendie qui n'a pas été revendiqué", a précisé la directrice de cabinet du préfet de Haute-Garonne. Ce sont des voisins du lieu de culte qui ont donné l'alerte. Par ailleurs, un "second véhicule a été découvert non loin avec à l'intérieur trois cocktails Molotov" non utilisés, a précisé la préfecture. Une des premières hypothèses des enquêteurs semble conclure que "les auteurs ont été dérangés vraisemblablement par une alarme". Le parquet, saisi de l'affaire, devrait désigner le service régional de police judiciaire pour suivre l'enquête.
En visite en Syrie sur fond de crise à Gaza, Nicolas Sarkozy a assuré mardi qu'il "ne saurait tolérer" que le conflit au Proche-Orient "se traduise par des violences communautaristes" en France, après qu'une voiture incendiée a été lancée dans la nuit contre une synagogue à Toulouse. Le président "condamne avec la plus grande fermeté l'acte de vandalisme commis et demande aux services de police et à la Justice de mettre en oeuvre tous les moyens nécessaires pour que leurs auteurs soient interpellés et sévèrement sanctionnés", selon un communiqué rendu public par l'Elysée. Et le Premier ministre François Fillon a promis mardi "la plus extrême fermeté" contre les auteurs de violences communautaires en France qui seraient liées au conflit entre Israël et le Hamas à Gaza.
"Acte lié à la situation à Gaza"
Le Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme (BNVCA), le Consistoire Central de France et SOS Racisme ont immédiatement condamné l'"agression antisémite" contre la synagogue. Le Consistoire Central de France condamne "l'accumulation d'actes de violences commis contre des synagogues en France et appelle à la réaction des pouvoirs public". De son côté, le président de SOS Racisme estime qu'il "est fort probable que cet acte criminel soit lié à la situation en cours dans la bande de Gaza" et souligne que "celles et ceux qui voudraient jouer le jeu de l'importation du conflit du Proche-Orient sur notre territoire ne le font certainement pas pour aider ni les Israéliens, ni les Palestiniens, à moins qu'il nous soit expliqué en quoi frapper un Juif ici améliorerait la situation dans la bande de Gaza ou en quoi se livrer à des ratonnades apporterait un plus à la sécurité d'Israël."
Le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP) s'est joint en fin de matinée au concert de protestations. Dans un communiqué, il exprime "son indignation et son effroi devant ce lâche et inacceptable acte d'intention antisémite qui s'est produit à Toulouse". "Rien ne saurait justifier l'instrumentalisation et l'exploitation antisémite de la souffrance du peuple palestinien si ce n'est que salir le combat de tous les militants de la paix et desservir le droit du peuple palestinien", ajoute le MRAP.
La ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie a également réagi mardi matin. La ministre a souhaité sur RMC-Info que soient retrouvés "rapidement" les "auteurs de cet acte débile et révoltant (qu'elle) condamne très fortement". Interrogée sur les liens éventuels entre cet acte et la situation au Proche-Orient, Mme Alliot Marie est demeurée prudente. "C'est très difficile de le dire aujourd'hui", a-t-elle répondu : "la police technique et scientifique est à cette heure en train de relever tous les indices".
Des inconnus ont allumé un feu lundi soir devant une synagogue à Bruxelles, noircissant légèrement la porte d'entrée, a-t-on appris mardi auprès de la police locale.
(D'après agence)
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