Des barrages ont été mis en place dimanche 15 février, après l'évasion de deux détenus de la prison de Moulins (Allier). © TF1/LCI 
Evasion spectaculaire à l'explosif
Ils avaient des explosifs, des armes... Deux détenus se sont évadés spectaculairement dimanche de la maison d'arrêt de Moulins, dans l'Allier. Les faits se sont déroulés vers 16 heures. "Ils ont fait sauter les portes du parloir à l'explosif, a raconté à LCI.fr James Vergniaux, délégué régional du syndicat FO. Ils ont pris deux surveillants en otage. Ils ont ensuite pris la fuite par la porte d'entrée de la prison, toujours à l'aide d'explosifs. Puis, ils sont partis avec une voiture volée..." Selon le sous-préfet de l'Allier interrogé par LCI, ils ont changé de voiture après avoir eu un accident, aux alentours de Nevers. Ils "sont en bonne santé", selon l'administration pénitentiaire à Paris.
Les deux fonctionnaires pris en otage ont été libérés peu avant 19h30 près d'Evry (Essonne). Peu avant, les fuyards avaient été repérés à un péage à hauteur de Fleury-en-Bière par des gendarmes qui n'ont rien tenté afin de ne pas mettre en péril la vie des otages. Le plan "Epervier", consistant à l'établissement massif de barrages de gendarmerie, a été déclenché. "A priori, ils sont armés d'au moins un pistolet", a déclaré un membre de la gendarmerie de l'Allier. Et le préfet de l'Allier a demandé l'intervention du GIPN (Groupe d'Intervention de la Police nationale). Une course-poursuite avec les gendarmes était ainsi engagée dans la soirée, selon une source au sein des forces de l'ordre de Moulins, précisant que deux hélicoptères de la gendarmerie de Lyon et de Paris avaient été mobilisés.
"Il préférera mourir"
Le premier fuyard, âgé de 37 ans, avait été condamné à la perpétuité en 1999 pour un braquage avec mort d'otage, selon une source pénitentiaire. Il avait été ensuite condamné en 2007 à 15 ans de prison pour une tentative d'évasion de la prison de Fresnes en 2001, selon la même source, précisant que les deux hommes étaient fichés au grand banditisme. Le second, 28 ans, était "libérable en 2020". La mère d'un des évadés a estimé sur Europe 1 que son fils, qui purgeait une longue peine, avait agi par désespoir. "Mon fils, je sais ce qu'il va choisir, il va faire le choix de se tuer, j'en suis sûre. Tout ce que je veux c'est que le surveillant ne soit pas blessé et qu'il lâche le dernier otage, c'est tout", a-t-elle déclaré, avant qu'on apprenne la libération du second otage. "Il ne retournera pas en prison, j'en suis persuadée, il préférera mourir."
Confronté à cette nouvelle évasion, le syndicat FO pénitentiaire dénonce le "trop de laxisme de la part de l'administration pénitentiaire en terme de sécurité". "On n'adapte pas suffisamment la sécurité au profil du détenu, martèle James Vergniaux qui précise que ces deux détenus, classés DPS, comprendre Détenus particulièrement surveillés, étaient "signalés depuis bien longtemps pour leur dangerosité".
La centrale de Moulins compte 125 détenus pour 126 places. La précédente tentative d'évasion à Moulins remonte à 2003. En 2002, une évasion avec un hélicoptère détourné avait réussi. L'une des dernières évasions spectaculaires en France, également à l'explosif, est celle du braqueur Antonio Ferrara de la prison de Fresnes, en 2003.
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