Tunnel A86 où les évadés de la prison de Moulins ont été interpellés le 17 février 2009 © LCI
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L'administration pénitenciaire a convoqué les syndicats mercredi matin pour faire le point sur les questions de sécurité aprés la double évasion de Moulins. Et dix détenus parmi les plus dangereux de la prison de Moulins, endommagée par l'évasion de dimanche, ont été transférés mardi matin dans d'autres établissements par mesure de précaution, car deux portes blindées ont été détruites, tandis que les parloirs ont été suspendus à Moulins. Sans être catégorique, et en attendant les résultats de l'enquête, le directeur de l'Administration pénitentiaire n'a pas exclu que les explosifs aient été passés lors d'un parloir, même si les détenus font l'objet d'une fouille complète à son issue."La France est un pays qui ne fouille pas les familles", et les parloirs se déroulent avec contact direct, sans séparation matérielle entre détenus et familles, a-t-il noté.
En tous cas, les policiers n'en reviennent pas d'avoir trouvé autant d'armes dans la voiture des deux fuyards : 400 grammes d'explosifs, un pistolet chargé de 12 balles et 14 autres munitions. "En l'état de l'enquête, il n'apparaît pas que Christophe Khider ait fait feu" sur les policiers lors de son interpellation avec son compagnon de cavale, a déclaré mardi arpès-midi le procureur de le République de Créteil, Jean-Jacques Bosc. Les policiers ont fait usage de leur arme à "deux épisodes différents" : quand Khider, qui s'était engagé sur l'A86, a exhibé son arme une première fois tandis que les policiers se portaient à sa hauteur et lui donnaient l'injonction de s'arrêter, puis après l'accident au moment de l'interpellation d'Omar Top El Hadj, Khider a une nouvelle fois menacé les policiers avec son arme, un pistolet Glock, et a été "atteint d'un tir à l'épaule".
Etats stable
Hospitalisé à Henri-Mondor à Créteil et "dans un état stable" selon l'hôpital, Christophe Khider a pu être entendu par le service départemental de police judiciaire, chargé d'une enquête pour "tentative d'homicide sur agent de police".
L'affaire doit être intégrée au dossier sur l'évasion dont la juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Lyon est saisi, a précisé M. Bosc. L'inspection générale des services (IGS, la police des polices) a été quant à elle saisie d'une enquête sur l'utilisation de leur arme par les policiers. "Une procédure habituelle", a souligné le magistrat. Fichés au grand banditisme, les deux détenus s'étaient évadés dimanche de la centrale de Moulins et leur cavale, au cours de laquelle ils ont multiplié les prises d'otages et les vols de voitures, a pris fin mardi matin près de Créteil après une course poursuite et une fusillade avec la police.
La garde à vue de la concubine de Christophe Khider a été prolongée de 24 heures, tandis que la soeur du second fuyard, Omar Top El Hadj, a été remise en liberté.
Selon le directeur de l'Administration pénitentiaire, la dangerosité de Christophe Khider était prise en compte. "Nous étions certains qu'il était prêt à commettre un meurtre. (...) C'est un homme qui n'accepte pas sa responsabilité, et quand vous êtes dans cet état d'esprit, vous n'avez de cesse que de sortir", a-t-il expliqué.
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