Les violences en Guadeloupe, le 19 février 2009 © LCILa tension reste forte en Guadeloupe. La nuit a été agîtée avec un certains nombre d'incidents à plusieurs endroits de l'île. Deux magasins importants ont été incendiés, ainsi que deux restaurants et une concession automobile, à Pointe-à-Pitre, à Sainte-Anne, à Saint-Claude et à Baie-Mahault. Les forces de l'ordre ont aussi essuyé des tirs à balle réelle à Gosier, une commune côtière. Des echauffourées ont ensuite éclaté à Sainte-Rose, où la mairie a été envahie par des "casseurs". La préfecture a d'abord parlé de "mise à sac", avant d'évoquer simplement des dégradations. Au petit matin, il est apparu que c'est sa façade qui a subi d'importantes destructions (portes, fenêtres, baies vitrées). Mais les "casseurs" n'ont pas saccagé l'intérieur, selon le préfet et selon le maire de Sainte-Rose, qui a décrit une place "jonchée de gravats, de bris de bouteilles, de poteries cassées". Les gendarmes "projetés" sur place avec des hélicoptères ont ramené l'ordre dans la commune et "repris la maîtrise totale de la situation", a indiqué le préfet.
Les forces de l'ordre ont procédé à 39 arrestations. Ces personnes se trouvaient sur des barrages, en possession d'armes à feu ou "parce qu'elles avaient agressé des forces de l'ordre", selon le directeur de cabinet du préfet. La ministre de l'Intérieur et de l'Outre-Mer Michèle Alliot-Marie a réagi aux incidents de la nuit en jurant que "les pillages, les violences contre les personnes, les exactions" ne seront pas "tolérés" aux Antilles. Elle a instauré une réunion quotidienne sur la sécurité aux Antilles. A l'issue de la première, a été annoncé l'envoi en Guadeloupe de "quatre escadrons de gendarmes mobiles", soit 280 militaires, alors qu'un millier de gendarmes et autant de policiers sont déjà sur place.
"L'éternel oublié de l'Outre-mer"
Sur place, la polémique sur la mort d'un syndicaliste dans la nuit de mardi à mercredi reste vive. Elie Domota, le leader du LKP en Guadeloupe, a émis mercredi des "doutes" sur la "version officielle". "On nous dit qu'il a été tué par un tir non identifié et brusquement après, on nous dit qu'il a été tué par des jeunes. On demande à la justice de mener une enquête approfondie pour réellement définir ce qui s'est passé parce que les circonstances sont encore troubles", a-t-il ajouté. François Fillon a assuré jeudi que ce crime avait été "commis par des délinquants". "Les forces de l'ordre n'y sont pour rien. Ceux qui barrent les rues, attaquent les commerçants, sont responsables de la dégradation de la situation", a-t-il assuré. "A partir du moment où l'on barre les rues, où on sort du cadre légal, on attise la violence, on prend la responsabilité de la violence", a-t-il déclaré.
En toute fin de son allocution rendant compte du sommet social de l'Elysée, Nicolas Sarkozy a évoqué la situation mercredi soir, soulignant "l'angoisse" et "une certaine forme de désespérance de nos compatriotes des territoires d'Outre-mer". C'est la première fois qu'il s'adressait directement aux Français sur ce sujet depuis le 20 janvier, début des grèves en Guadeloupe. Le président doit recevoir jeudi les élus d'Outre-Mer, avant de s'exprimer sur RFO. (Lire notre article).
Retour MYTF1

Chargement en cours...




