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La folle cavale continue. Fichés au grand banditisme, les deux détenus, qui se sont évadés dimanche après-midi de la maison centrale de Moulins-Yzeure, dans l'Allier, ont braqué un automobiliste et son petit-fils de 5 ans, dans la nuit de dimanche à lundi dans l'agglomération amiénoise, avant de les relâcher plusieurs heures plus tard sains et saufs à Saint-Laurent-Blangy, près d'Arras. Ils ont alors braqué la voiture d'une
quinquagénaire, qui a raconté avoir eu "la peur de sa vie" quand au petit matin les deux hommes "lui ont braqué un pistolet dessus" et ont tenté de l'emmener dans leur fuite. "Mais j'ai eu de la chance, une voiture est alors passée (...) et les deux hommes sont alors partis."
Les deux hommes "sont probablement loin", a reconnu une source policière lundi en fin d'après-midi. Ils ont pu aller vers la "Belgique, la Hollande, ou redescendre dans l'Aisne pour aller vers le Luxembourg, il y a plein de possibilités." "Leur plan n'était pas prévu comme ça. Il y a une part d'improvisation", a poursuivi cette source, soulignant que l'enquête allait être longue. Selon Charles Pellegrini, ancien patron de l'Office central de répression du banditisme, c'est d'ailleurs la raison pour laquelle ils n'ont pas encore été capturés : voir la vidéo.
"Ils m'ont dit qu'ils avaient des explosifs"
Le premier fuyard, Christophe Khider, 37 ans, a été condamné à la perpétuité pour un braquage avec mort d'otage. Il avait été ensuite condamné en 2007 à 15 ans de prison pour une tentative d'évasion de la prison de Fresnes en 2001. Le second, Omar Top El Hadj, 30 ans, a été condamné à 10 ans de réclusion criminelle pour une fusillade avec des policiers en 2002. Il était "libérable en 2020", selon une source pénitentiaire.
Les deux "otages d'Amiens" ont été auditionnés après avoir reçu des "soins", selon une source policière, précisant que le grand-père, âgé de 65 ans, aurait été "violenté". Deux "voitures-relais" utilisées par les fuyards et retrouvées l'une à Amiens, l'autre à Arras, devaient en outre être "passées au peigne fin" par les services de l'Identité judiciaire de la police judiciaire. "Ils m'ont dit qu'ils avaient des explosifs. Leur grande hantise, c'était de rencontrer un camion de gendarmerie ou un barrage, parce qu'ils étaient décidés à tirer. J'ai compris qu'ils n'avaient rien à perdre", a raconté sur RTL l'automobiliste retenu en otage. Dimanche déjà, c'est à l'aide d'otages qu'ils se sont enfuis. Après avoir fait sauter les portes du parloir, ils ont pris deux surveillants en otage, qu'ils ont relâchés dans la soirée à Evry, dans l'Essonne. Entre temps, il y a aussi eu changement de voitures, notamment après un accident.
Garde à vue prolongée pour la compagne et la soeur
Le plan "Epervier", consistant à l'établissement massif de barrages de gendarmerie, a été déclenché dès dimanche. L'administration pénitentiaire a annoncé lundi des "mesures d'urgence" pour renforcer la sécurité, en particulier des "renforts" de personnel, à la prison de Moulins, qui comprend deux établissements distincts, une maison d'arrêt et une maison centrale, compte 272 places.
La concubine de Christophe Khider et la soeur d'Omar Top El Hadj ont été placées en garde à vue et sont interrogées par la police judiciaire. "Il y a eu concomitance entre leur arrivée à Moulins et l'évasion. C'est pourquoi nous avons encore besoin de les interroger", a souligné le procureur de Lyon, ajoutant que si une mise en examen des deux femmes intervenait, ce ne serait "pas avant mardi". Leur garde à vue a été prolongée de 24h. La quarantaine d'autres personnes qui se trouvaient dans le parloir au moment où les détenus ont pris en otage les deux surveillants avec au moins un pistolet ont été entendues par les enquêteurs dans la nuit .
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