Le lieu où un policier a été tué à La Courneuve © LCISix personnes ont été interpellées dimanche matin dans le cadre de l'enquête sur la mort d'un policier en civil tué samedi soir par balle à La Courneuve, en Seine-Saint-Denis, alors qu'il n'était pas en service. Parmi les six suspects, il y a une femme, selon une source policière. Une série d'interpellations avaient été réalisées immédiatement après le meurtre mais n'avaient rien donné et les personnes avaient été relâchées, selon la police. Une autre source policière a précisé que les interpellés, de jeunes majeurs, appartenaient à la communauté indo-pakistanaise. Ils étaient toujours entendus dimanche soir dans les locaux de la brigade criminelle de la police judiciaire de Paris, Quai des Orfèvres.
Les cinq hommes devraient être déférés mardi au parquet de Bobigny, a-t-on appris de source proche du dossier. Au cours de son audition, un des interpellés, âgé de 28 ans, a expliqué, selon une source proche du dossier, que le policier aurait assisté à une altercation et aurait demandé aux protagonistes de partir. Ne se faisant pas entendre, il aurait alors fait état de sa qualité de policier et se serait fait frapper. Il aurait ensuite sorti son arme et aurait été désarmé par le suspect de 28 ans. Celui-ci a indiqué, lors de son audition, avoir tiré plusieurs fois en l'air et au sol, affirmant n'avoir pas visé le policier, a-t-on ajouté lundi de même source. Interrogé sur ces déclarations par l'AFP, le parquet de Bobigny s'est refusé à confirmer ou infirmer.
Selon le maire PCF de La Courneuve, Gilles Poux, "une rixe a opposé samedi soir des gens qui sembleraient d'origine indo-pakistanaise" dans le quartier "très passant mais pas particulièrement difficile" des Quatre-Routes, où "de nombreux commerces ont été rachetés" par des membres de cette communauté. "Ce n'est pas le milieu du grand banditisme mais un milieu sri-lankais ou pakistanais de fêtards, où certains s'adonnent parfois à la fraude commerciale", a expliqué de son côté Frédéric Lagache, secrétaire national du syndicat Alliance, deuxième syndicat de gardiens de la paix. "Je ne sais ni pourquoi, ni comment ce collègue s'est retrouvé là, peut-être a-t-il voulu porter assistance, mais on évacue totalement l'hypothèse d'un règlement de comptes", a ajouté Frédéric Lagache.
Le fonctionnaire "fréquentait beaucoup le quartier"
Le brassard de fonction du policier a été retrouvé non loin de son corps et son arme a été découverte dans le local à poubelles de l'immeuble où ont eu lieu les interpellations, non loin du lieu du drame. Une enquête a été ouverte et confiée à la brigade criminelle de la police judiciaire de Paris. "Toutes les hypothèses sont ouvertes : règlement de comptes, bagarres d'après boire, affaires financières", a-t-on indiqué de source policière.
Le policier, retrouvé mort samedi soir à la Courneuve (Seine-Saint-Denis), a été tué d'une balle l'ayant atteint à la tête, la traversant de part en part selon les premiers résultats de l'autopsie, a-t-on appris lundi de source judiciaire. Selon une source policière, le corps présentait également de nombreuses lésions traumatiques ainsi que des ecchymoses, semblant prouver que le policier avait été battu. "Des traces de blessures défensives", ont aussi été relevées, laissant à penser que le policier était toujours en vie à ce moment-là.
Le policier décédé avait été entendu comme témoin, dans une récente affaire d'extorsion de fonds au détriment d'un membre de la communauté pakistanaise. Dans le cadre de cette même affaire, un autre policier de la Courneuve avait été placé en détention avant d'être libéré il y a quelques semaines. Le fonctionnaire "fréquentait beaucoup le quartier" où il a été abattu, selon une source policière.
D'après agence
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