Cinq voitures ont été incendiées aux Mureaux (Yvelines) le 3 février 2007 © TF1-LCILes Mureaux, Gagny, Vigneux... ces derniers jours ont encore été marqués par de violents affrontements entre jeunes ou entre des jeunes et la police. Faisant le point sur les phénomènes de bandes, la ministre de l'Intérieur a déclaré mardi sur Europe 1 que "222 bandes" étaient recensées en France. "Ces 222 bandes sont à 79% en région parisienne et elles comportent environ 2.500 individus qui sont des permanents de ces bandes, 2.500 autres qui sont des occasionnels", a précisé Michèle Alliot-Marie, ajoutant que "parmi eux vous avez 47% de mineurs" et que "la grande majorité d'entre eux sont des gens désocialisés". Cette désocialisation se marque, a-t-elle ajouté, par "des attaques contre tout ce qui représente l'autorité, l'Etat et notamment les policiers", a-t-elle précisé.
"Il y a des territoires" et certains "voudraient qu'ils échappent aux policiers et notamment les territoires où il y a des trafics de drogue. Depuis plusieurs mois et notamment la réforme du renseignement et la création de la direction centrale du renseignement intérieur, les (fonctionnaires des) Sdig (sous-direction de l'information générale - ex-renseignements généraux) vont dans les quartiers et en six mois, ils ont arrêté un quart des membres permanents de ces bandes", a poursuivi la ministre.
Moins de délinquance mais des actions plus violentes
Selon elle, le niveau de délinquance en France "n'a jamais été aussi bas avec, entre février 2008 et février 2009, 100.000 victimes d'actes de délinquance de moins qu'entre février 2007 et février 2008". "Dans le même temps où il y a une baisse de la délinquance, à l'intérieur de la délinquance, vous avez des montées de certaines actions, par exemple les escroqueries (...) une montée des vols à main armée et une montée de la violence de la part d'un certain nombre de jeunes ou de moins jeunes", a-t-elle ajouté. Le 11 mars, au lendemain de l'expédition punitive qui a fait 12 blessés dans un lycée de Gagny, Nicolas Sarkozy a demandé à la ministre de l'Intérieur de lui présenter d'ici "fin mars" "un plan d'action" pour renforcer la lutte contre les "bandes violentes".
La semaine dernière, des sources policières ont également publié des chiffres sur le phénomène des bandes. Il ressort qu'entre septembre et décembre 2008, 151 affrontements entre bandes (dont plus de 75% ont eu lieu en Ile-de-France) ont été répertoriés. Au cours de ceux-ci, deux des protagonistes ont été tués par arme blanche et 35 autres ont été blessés, le plus souvent également par arme blanche. Plus de 60% de ces affrontements ont lieu sur la voie publique, dans des lieux publics tels que les gares, les établissements de restauration rapide ou aux abords des stades. Dans l'ensemble des faits observés, 98% des protagonistes sont de sexe masculin, 46% sont scolarisés (35%) ou exercent une activité professionnelle (11%), 22% sont déscolarisés, 32% sont en recherche d'emploi. Par tranches d'âges, 11% ont moins de 13 ans, 37% ont entre 13 et 18 ans, 52% sont des jeunes majeurs (de 18 à 25 ans). En France, la plupart des bandes ont le quartier comme centre et la plupart d'entre elles en portent d'ailleurs le nom.
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