Avalanche de Valmeinier : l'attitude du guide en question

le 17 mars 2009 à 22h16 , mis à jour le 17 mars 2009 à 22h25

Selon le parquet d'Albertville, le guide qui encadrait les lycéens décédés lors de l'avalanche du 11 mars a "pris des risques". Une information judiciaire va être ouverte.

avalanche valmeinier savoieUne avalanche à Valmeinier (Savoie) a fait quatre morts, trois blessés dont un grave. © TF1/LCI

Le guide qui encadrait les lycéens décédés lors de l'avalanche du 11 mars à Valmeinier a-t-il pris trop de risques ? C'est ce que devra déterminer l'information judicaire, qui va être ouverte par le parquet d'Albertville dans les prochains jours pour "homicides et blessures involontaires", ainsi que pour "mise en danger de la vie d'autrui". Selon le parquet, le guide a en tout cas "pris des risques". "Dans l'enquête ouverte pour rechercher les responsabilités, tout semble converger vers l'attitude du guide", également décédé, a indiqué le procureur de la République d'Albertville, Henry-Michel Perret, lors d'un point presse au palais de justice de la ville.

L'information judiciaire vise à établir une éventuelle faute pénale du guide, contre qui l'action publique s'éteindra du fait de son décès, ou à défaut une éventuelle faute civile, qui ouvrirait le droit à l'indemnisation des proches des victimes, lesquelles pourraient assigner l'Etat devant les tribunaux. Sur la base de témoignages des rescapés, les enquêteurs ont établi que le guide, Francis Dumas, 54 ans, a "pris conscience" peu avant l'avalanche de la "transformation du manteau neigeux" près du col des Marches, où le risque avalancheux était de 3 sur une échelle de 5, a détaillé Henry-Michel Perret. Un épais brouillard avait en outre contraint le groupe à se dévier de l'itinéraire classique et à se retrouver peu avant la coulée sur une "pente accentuée".

Une taille exceptionnelle

"Le guide a estimé qu'il fallait prendre certaines précautions en instaurant une distance de sécurité de l'ordre de 20 mètres entre les différents skieurs mais ces distances n'ont pas été respectées", a poursuivi le procureur de la République, soulignant que ces précautions étaient donc "insuffisantes". "On peut penser qu'il y a eu des légèretés et des négligences" de la part du guide, "donc une faute civile", mais dans le cadre d'une enquête pénale, seule compterait une faute "grave caractérisée", qui reste à déterminer, a souligné le procureur.

L'avalanche, d'une taille "exceptionnelle", avait fauché le groupe de huit lycéens, tuant trois d'entre eux et en blessant trois autres. Un expert nivologue saisi par la justice n'est pas parvenu à établir l'origine du déclenchement de la coulée, estimant qu'il n'était toutefois pas lié à une surcharge. "En dehors du guide, je ne vois pas d'autres responsabilités notamment de l'établissement qui n'a fait que mettre sur pied une formation", a ajouté Henry-Michel Perret.

(D'après agence)

le 17 mars 2009 à 22:16
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