© AFP/J-P.Clatot"D'un coup j'ai entendu 'prrrououou' et l'avalanche m'a couché, j'ai sauté en arrière pour pouvoir me relever". Alan Lorenzo, un lycéen de 16 ans, qui est miraculeusement rescapé de l'avalanche ayant coûté la vie à trois de ses camarades mercredi à Valmeinier (Savoie), a raconté jeudi s'être senti comme dans "un cercueil" en passant trois heures sous la neige à attendre les secours.
L'adolescent se trouvait au moment du drame avant-dernier de la cordée de sept lycéens en ski de randonnée, encadrés par un guide de 54 ans, lui aussi décédé. Le effectuait une conversion (demi-tour) lorsque la coulée l'a fauché à la mi-journée.
"J'ai réussi à creuser" pour respirer
"Je me suis pris la coulée de face, les autres l'on reçue de côté, ils ont été fauchés et ensevelis sous la neige. C'était puissant. C'était terrible. Moi aussi j'avais la tête sous la neige mais j'ai pu me dégager en partie et attendre les sauveteurs", a-t-il ajouté. "Je me suis servi d'un de mes bâtons pour tenter de me sortir de là, j'ai réussi à creuser une sorte de cheminée au-dessus de moi afin de respirer", a encore expliqué Alan.
"Mes deux jambes étaient coincées dans la neige, je ne pouvais rien faire, je ne pouvais pas bouger, j'avais l'impression d'être dans un cercueil, je n'avais qu'une main pour dégager la neige", a-t-il poursuivi. "Pourtant au bout d'un moment, j'ai pu dégager ma tête. Je contractais mes muscles pour ne pas avoir froid. C'est un réflexe. Je me disais que, pour me réchauffer, il valait mieux bouger", selon le miraculé que les sauveteurs ont pu sortir trois heures après l'avalanche.
"C'était un peu 'craignos'"
Les secours ont en effet rencontré des difficultés pour atteindre le lieu de l'accident en raison de l'épais brouillard qui sévissait mercredi et des risques de sur-avalanche, selon la gendarmerie. Selon le lycéen, cette sortie "n'aurait jamais dû avoir lieu, car il y avait un gros risque d'avalanche. Le manteau neigeux était instable" dans ce secteur de Valmeinier.
Météo France avait évalué, dans le secteur, le risque avalancheux à 4 sur une échelle de 5. Alan a toutefois assuré que les conditions météorologiques étaient "bonnes" au départ de la randonnée, que le brouillard s'était levé par la suite, accompagné de chutes de neige sur le plateau où s'est déclenchée l'avalanche.
Les lycéens de ce groupe, en classe ski-études au lycée agricole de la Motte-Servolex, étaient tous de bons skieurs mais certains n'avaient jamais pratiqué le ski de randonnée. "Je n'en avais jamais fait. C'était le deuxième jour, c'était un peu 'craignos", a ajouté Alan qui se dit "terriblement choqué" d'avoir perdu "de bons copains".
Un des blessés hors de danger |
Le pronostic vital d'un des lycéens blessés dans l'avalanche n'était "plus engagé" jeudi après-midi, a-t-on appris de source judiciaire. "Aux dernières nouvelles, le pronostic vital" de ce lycéen âgé de 16 ans hospitalisé à Grenoble, "n'est plus engagé", a-t-on précisé de même source. Le parquet d'Albertville a ouvert une enquête de flagrance pour "homicides et blessures involontaires" et co-saisi la section de recherches de la gendarmerie de Savoie et le peloton de gendarmerie de haute-montagne (PGHM) de Modane (Savoie). Les principales interrogations tournent autour de l'opportunité de la sortie et du moment choisi, dans un "secteur considéré comme très dangereux et où le risque d'avalanche était de 4 sur 5", a-t-on souligné. La justice a mandaté un expert-nivologue qui s'est rendu sur les lieux de l'avalanche jeudi matin, et dont le rapport n'est pas attendu dans l'immédiat. L'action publique s'éteint à l'encontre du principal responsable de la sortie, à savoir le guide, décédé dans l'accident, mais l'enquête permettra de déterminer d'éventuelles responsabilités indirectes, tournant autour de l'organisation de cette sortie exercée dans un cadre scolaire, a-t-on précisé de même source. |
(D'après agence)
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