La pièce où un enfant de 7 ans était séquestré à Millau © TF1-LCIIl s'appelle Dylan. Il a 7 ans. Et il a vécu un véritable calvaire. Il "était enfermé depuis plusieurs années dans une pièce qui ne comportait qu'un matelas imbibé d'urine avec un sommier, sans jouets ni meubles", a déclaré jeudi le procureur de la République de Millau, Patrick Desjardins. "Cette chambre ne pouvait être éclairée et verrouillée que de l'extérieur. Les volets étaient constamment fermés. Ce petit garçon vivait dans des conditions pires que dans une cellule de prison et ce depuis plusieurs années", a-t-il ajouté. "Le dénuement total de ce petit garçon a atteint un point extrêmement rare et grave", a-t-il estimé.
Le père et sa compagne ont été mis en examen jeudi après-midi pour "privations de soins par ascendant", "abandon moral ou matériel d'un mineur" et "non respect d'obligation scolaire". Le père, âgé de 42 ans et maçon de profession, est également poursuivi pour "violences habituelles sur mineur de moins de 15 ans". Il a été écroué. La mère est quant à elle également mise en examen pour non-empêchement de ce délit. Son placement en détention provisoire est en cours d'examen.
Signalement lors de la naissance d'un deuxième enfant
Quant à Dylan, il a été placé avec son petit frère dans une famille d'accueil et Dylan fait l'objet d'examens médicaux complémentaires. Les services sociaux avaient commencé à s'intéresser à ce couple, un homme de 42 ans et une femme de 35 ans, lors de la naissance de leur deuxième petit garçon en août 2008. Un signalement avait été effectué auprès de la juge pour enfants de Rodez. Des investigations et le refus des parents de se rendre aux convocations ont conduit les policiers à intervenir au domicile du couple au centre de Millau. Ceux-ci ont découvert un "enfant très affaibli physiquement, manifestement intelligent mais sans aucune éducation", selon le procureur de la République.
Le petit garçon, déclaré à la naissance, n'avait jamais été scolarisé. L'enquête pour maltraitances évidentes liées à des négligences et déficiences éducatives se poursuit pour déterminer d'éventuelles violences physiques pour lesquelles "de fortes suspicions existent".
Les voisins sous le choc
Rue Ladoux, les voisins ont appris l'arrestation avec stupeur et exprimaient leur incompréhension. "C'est un enfant qu'on apercevait de temps en temps. Il ne tenait pas en place, plutôt turbulent, mais rien ne laissait penser qu'il était maltraité. Pas de traces évidentes de coups en tout cas", a déclaré leur voisin, Charles. "C'était un petit hyperactif. Parfois, je l'entendais crier surtout l'été quand ses parents dînaient dehors, mais de là imaginer un tel drame...", a raconté une autre voisine souhaitant garder l'anonymat.
Encore sous le choc, consterné, le voisin qui habite juste au-dessus du couple soupçonné d'avoir séquestré Dylan n'a jamais rien entendu de suspect ni soupçonné des maltraitances de la part de gens qu'il décrit comme "pas très sociables". Pas de cris, pas d'appel au secours de la part de l'enfant qu'il connaissait "de vue", assure cet homme de 30 ans. "On ne le voyait pas souvent. Le peu de fois que je l'ai vu, il avait l'air hyperactif", dit-il, précisant l'avoir aperçu "cet été une ou deux fois", dans le jardin derrière la maison, une demeure ancienne de deux étages, à cinq minutes du centre-ville. Ses parents "disaient qu'il était suivi par un centre social, qu'il suivait des cours par correspondance", ajoute-t-il.
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Les images de la pièce où l'enfant était séquestré
D'après agence
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Quelles conséquences psychologiques pour l'enfant ?
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