
Un jeune homme suspecté d'avoir fourni les données bancaires, dont celles de Nicolas Sarkozy, ayant servi à ouvrir frauduleusement des lignes de téléphonie mobile, a été mis en examen à Nanterre et écroué le 27 février, a-t-on appris de source judiciaire, confirmant une information de Mediapart.
Ce Sénégalais né en 1981 et qui a déclaré résider à Mantes-la-Jolie (Yvelines), "a reconnu avoir fourni" aux autres mis en examen "la plupart des références bancaires utilisées pour l'ouverture des lignes téléphoniques", a expliqué la source judiciaire. Il a été mis en examen notamment pour "escroquerie en bande organisée" par la juge d'instruction Françoise Méry-Dujardin et placé en détention provisoire, a-t-on précisé.
Des prélèvements douteux
Le jeune homme était employé de décembre 2007 à mai 2008 chez Teleperformance, une société auprès de laquelle Canal + sous-traitait notamment la gestion de ses abonnements. C'est par ce biais qu'il aurait eu accès aux données bancaires des victimes, parmi lesquelles figurent notamment le président de la République, son père et sa première épouse Marie-Dominique Culioli.
En septembre, Nicolas Sarkozy avait déposé plainte auprès du parquet de Nanterre après avoir constaté les prélèvements douteux sur son compte bancaire personnel à Neuilly-sur-Seine. Le préjudice s'est élevé, dans son cas, à 170 euros. Lorsque l'affaire avait été révélée, une source proche du dossier avait indiqué que les coordonnées bancaires d'une cinquantaine de personnes avaient été utilisées.
"Escroquerie en bande organisée"
Six personnes, dont un couple de Sénégalais et trois employés d'une boutique de téléphonie mobile, ont déjà été mises en examen, notamment pour "escroquerie en bande organisée". Parmi les suspects, deux hommes ont été placés en détention provisoire.
Dans un communiqué diffusé jeudi, la société Téléperformance a exprimé "sa totale coopération avec les autorités judiciaires". "Dès novembre 2008, la direction de Teleperformance France et son directeur de la sécurité des données ont permis de détecter informatiquement la malveillance et d'identifier ainsi l'un des coupables présumés", a ajouté la société.
De son côté le Groupe C+ tient à préciser que l'entreprise à qui il avait sous traité certaines tâches administratives et dont le collaborateur a commis un acte d'escroquerie à l'égard de Nicolas Sarkozy ne travaille plus pour CANAL+ depuis plusieurs mois. CANAL+ a adopté les dispositions nécessaires pour que les données personnelles de ses clients soient totalement protégées et qu'un tel incident ne puisse pas se reproduire. CANAL+ va se constituer partie civile dans cette procédure.
(Avec agence)
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