© SXC.HUVers 6h mardi matin, policiers et gendarmes ont frappé à la porte de 26 personnes à Boulogne-Billancourt, dans les Hauts-de-Seine et à Poitiers, dans la Vienne, pour leur notifier leur interpellation. Ils sont soupçonnés d'avoir piraté les réseaux des trois opérateurs téléphoniques Orange, SFR et Bouygues Télécom, pour un préjudice de 8 millions d'euros, Soixante policiers et gendarmes ont été mobilisés pour cette opération, dont l'annonce a été faite à l'ouverture du troisième forum international sur la cybercriminalité, à Lille, en présence de la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie.
Ces personnes, agissant par groupes, sont soupçonnées d'avoir ouvert des lignes auprès des trois opérateurs en usant de faux documents d'identité, administratifs et bancaires. Une fois les lignes ouvertes, des outils informatiques spécifiques, surnommés "pondeuses", permettaient de générer automatiquement des milliers d'envois de SMS pour participer à des jeux. Les gains d'argent ou de biens divers obtenus ainsi, gratuitement, étaient soit empochés soit revendus.
Toutes les personnes interpellées ont été placées en garde à vue dans différentes unités de police et de gendarmerie de Paris, et des régions Bretagne, Pays-de-Loire, Poitou-Charente, Lorraine et Nord-Pas-de-Calais. "Les auditions des gardés à vue et l'exploitation des différents documents ou éléments informatiques recueillis lors des perquisitions devraient permettre d'établir avec précision" la façon dont ces personnes percevaient leurs gains, sous formes de numéraires ou de biens divers, "avant de les empocher ou de les revendre", estiment les enquêteurs. Ces malversations avaient commencé en 2007. Au plan mondial, la cybercriminalité a causé un préjudice estimé à mille milliards de dollars en 2008, via le vol de données informatiques aux entreprises, selon une étude de la société spécialisée dans la sécurité informatique McAfee.
Cybercriminalité : renforcement des moyens humains et matériels |
La ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie a annoncé mardi un renforcement des moyens matériels et humains, ainsi qu'une modification de la législation, afin de lutter contre la cybercriminalité. La ministre a annoncé que le "nombre de cyber-enquêteurs passera de 200 à 300 à la fin de l'année 2009 dans la police et à 214 dans la gendarmerie". La plate-forme nationale de signalement des sites et contenus illicites sur internet a vu sa compétence élargie. "Jusqu'alors, le signalement automatique n'était possible que pour les sites à caractère pédopornographiques, depuis janvier, elle donne aux internautes les moyens de signaler automatiquement toute forme de malversation constatée sur internet" a déclaré la ministre. Plus de 450.000 connexions ont été enregistrées sur cette plate-forme et près de 12.500 signalements ont été effectuées, a dit la ministre. "Usurper l'identité d'autrui par courrier est interdite par la loi, ce n'est pas le cas pour l'usurpation d'identité sur internet, qui sera dorénavant sanctionnée" a t-elle déclaré. "Le blocage des contenus à caractère pédopornographique par les fournisseurs d'accès à internet est prévu dans le projet de loi" qui permettra aussi "la possibilité de captation de données numérique à distance par des enquêteurs" a-t-elle dit. |
D'après agence
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