Un des quatre adultes et l'enfant voyageant sur le "Tanit" © DRAlors que les quatre ex-otages du voilier Tanit, rapatriés dimanche en France (lire notre article), doivent rejoindre lundi ou mardi la Bretagne, leur région d'origine, beaucoup s'interrogent sur les conditions de leur libération vendredi par un commando de la marine française. Une opération durant laquelle Florent Lemaçon, le cinquième otage français aux mains des pirates somaliens, a trouvé la mort.
Le skipper du Tanit victime d'un "tir militaire"
Le parquet confirme l'implication de l'armée dans la mort en 2009 de Florent Lemaçon, le skipper pris en otage par des pirates somalien. "L'Etat assumera", assure le ministre de la Défense.
Publié le 05/05/2010
Interrogé sur France Info, le "père" du GIGN, Christian Prouteau estime que l'emploi d'un commando de marine pour libérer des otages n'était pas la bonne solution. "Ce n'est pas leur métier de libérer des otages !", assène l'ancien gendarme qui ajoute que, 35 ans après sa création, le Groupe d'Intervention de la Gendarmerie Nationale reste la seule unité d'élite spécialisée dans la libération d'otages. Aux militaires la "mission de faire la guerre", déclare Christian Prouteau. Mais lorsque la vie d'innocents est en jeu, la situation exige des "qualités de tireur et de négociation", relevant plus "du domaine civil que de la guerre". Selon lui, seul le corps d'élite de la gendarmerie aurait pu offrir les meilleures garanties pour éviter le drame qui s'est produit à bord du voilier captif au large des côtes somaliennes.
Enquête judiciaire
Les otages ont été libérés lors d'une opération menée par huit commandos-marine. Leur voilier de 12,5 mètres ne se trouvait plus alors qu'à quelque 20 nautiques (environ 30 km) de Ras Hafun. Avant l'assaut, deux des cinq pirates ont été tués sur le pont du Tanit depuis une frégate française, selon le ministère de la Défense. Les trois autres, dont l'un s'était jeté à l'eau, ont été capturés. Florent Lemaçon a été tué au cours d'un échange de tirs, dans le carré du voilier, entre les militaires français, arrivés sur le Tanit à bord d'un canot pneumatique, et les preneurs d'otages. Selon des indications données par la Défense, Florent Lemaçon protégeait sa femme et son fils avec un matelas.
Le corps de Florent Lemaçon devrait être rapatrié en France "dans les jours qui viennent", selon le quai d'Orsay. Samedi, le ministre de la Défense hervé Morin, en n'excluant pas qu'il ait été tué par "un tir français", avait expliqué qu'une "enquête judiciaire et une autopsie" permettraient de déterminer l'origine du tir mortel. Parti de Vannes fin juillet 2008, le Tanit avait été capturé le 4 avril dans le golfe d'Aden, à environ 640 km au large de Ras Hafun, dans la région autonome autoproclamée du Puntland (Nord-Est de la Somalie).
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