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| > La colère du maire de Strasbourg > Qui sont les casseurs ? > La ville panse ses plaies > L'interview de Sarkozy sur TF1 |
Invitée lundi matin sur LCI, la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie est revenue sur les violences qui ont émaillé le sommet de l'Otan samedi à Strasbourg. Assurant qu'elle comprenait "le traumatisme" des habitants de Strasbourg dont deux quartiers ont été en partie sinistrés, elle a toutefois affirmé "que les forces de l'ordre n'ont pas pu tout empêcher" face à des petits groupes de casseurs très mobiles qui se "dispersent très vite". Par ailleurs, elle a tenu, après Nicolas Sarkozy, à saluer le travail des forces de l'ordre.
Pour autant, a ajouté Mme Alliot-Marie, "il y aura des indemnisations" et le préfet recevra les habitants concernés par les dégâts. Interrogée sur les déclarations dimanche du sénateur-maire PS de Strasbourg, Roland Ries, indiquant que la ville allait demander des explications et des compensations à l'Etat, la ministre de l'Intérieur a assuré que M. Ries lui avait dit, avant les incidents, que le dispositif prévu "était parfaitement adapté". Près de 10.000 policiers ou gendarmes et 1.500 militaires ont quadrillé Strasbourg lors du sommet célébrant le 60e anniversaire de l'Otan, qui s'est lui déroulé sans accros. Au total, 330 personnes ont été interpellées. Dimanche soir, seule une douzaine de personnes étaient en garde à vue. Huit jeunes seront jugés en comparution immédiate ce lundi. Ils seront jugés pour port d'arme prohibée - des barres de fer, une hachette ou des pierres -, jet de pierres sur des policiers ou détention de substance pouvant servir à la fabrication d'engins explosifs. Plus de la moitié sont français, les autres allemands, tous âgés d'une vingtaine d'années.
"Livrés aux casseurs"
Se faisant l'interprète de cette population dimanche soir sur LCI, le maire socialiste de Strasbourg, Roland Ries, a demandé des éclaircissements. Les habitants ont eu le sentiment d'avoir été "livrés aux casseurs et non protégés", avait-il dit auparavant. "Je souhaite interpeller à ce sujet le préfet et la chaîne de commandement qui a géré les opérations", a-t-il ajouté. L'élu a par ailleurs demandé une aide exceptionnelle de l'Etat. Le parti des Verts, lui, la formation d'une commission d'enquête. Roland Ries veut par ailleurs demander au gouvernement une aide financière. L'élu rappelle que le quartier sinistré faisait depuis plusieurs années l'objet d'un projet de réaménagement et a suggéré que l'Etat y apporte son soutien.
Selon des témoins et des journalistes présents sur place, les violences ont parfois duré plus d'une heure sans que les policiers, massés à proximité, parfois à 200 mètres de là, n'interviennent. Dimanche, au lendemain des très violents incidents qui ont secoué Strasbourg en marge du sommet de l'Otan, la désolation et la colère dominaient dans la capitale alsacienne.
Elle était particulièrement grande chez les habitants du quartier du Pont du Rhin, "terrain de jeu" des casseurs infiltrés dans la manifestation anti-Otan. Un hôtel, un ancien poste de douane et une pharmacie ont été mis à sac et incendiés par des centaines de jeunes cagoulés. Après le passage officiel de la manifestation, les forces de l'ordre avaient déserté le terrain. La population de ce quartier modeste est choquée. Interrogé par TF1, l'un de ses habitants se dit même "sacrifié". Omniprésente dans la ville, la police est restée invisible dans ce quartier proche de la frontière. Les auteurs des violences, des "Black blocks" armés de barres de fer, étaient au nombre de 2.000, selon la préfecture. Autre interrogation, l'arrivée tardive des pompiers. Selon les habitants, les bâtiments partis en fumée auraient pu être sauvés s'ils étaient arrivés plus rapidement sur place.
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