L'appartement HLM de Banyuls où se trouve l'appartement d'une famille dont les enfants étaient affamés (avril 2009) © TF1/LCI| Le martyre de huit enfants |
Rien vu, rien remarqué. Les résidents du logement HLM du Puig à Banyuls, où vivait le couple écroué pour maltraitance sur ses 8 enfants, ont découvert avec étonnement la situation dramatique de voisins qu'ils considéraient sans problème. La famille vivait apparemment dans le dénuement. Le père de famille, d'origine marocaine, et son épouse d'origine slave, convertie à l'islam, âgés respectivement de 49 ans et 50 ans, ont été mis en examen pour privation d'aliments et de soins au point de compromettre la santé des enfants mineurs, pour manquement à leurs obligations légales et violences habituelles sur mineurs.
Pourtant, des soupçons existaient. Il y a quelques années déjà, un enseignant avait été troublé par le cas de ces enfants. Et en 2004, une enquête sociale avait été lancée suite à une information préoccupante émise depuis l'école de Banyuls. Mais elle n'avait débouché sur rien. L'assistante sociale chargée d'enquêter n'avait tout simplement pas pu entrer dans l'appartement de la famille. Elle avait trouvé porte close et les parents n'avaient pas même voulu la recevoir. Selon le docteur Isabelle Lemoine, de la direction de la solidarité au Conseil général des Pyrénées-Orientales, "elle avait été éconduite sous le prétexte que c'était une subalterne". La procédure judiciaire avait néanmoins suivi son cours, mais sans éléments suffisants, elle avait débouché sur un non-lieu l'année suivante.
"On a découvert l'affaire en même temps que tout le monde"
Mais personne aujourd'hui, dans leur entourage immédiat, ne déclare s'être rendu compte de ce problème apparemment de longue date. A la mairie, une employée assure : "on a découvert l'affaire en même temps que tout le monde". Sylvie Lopez, une amie de la mère vivant dans le même immeuble, considère que la mère était "très affectueuse avec ses enfants, très discrète". Dans un jardin proche, trois mères de famille déclarent qu'elles "discutaient avec elle de la pluie et du beau temps". La maltraitance ? Elles n'ont rien vu : les filles étaient habillées de vêtements amples et les garçons de djellabah. Les parents, fervents musulmans, obligeaient souvent leurs filles à porter le voile. Un adolescent de 15 ans, qui était allé au CM2 avec l'un des fils, note que "la mère avait un problème avec le port du voile" et était entrée en conflit avec l'école sur cette question. Mais la maigreur de son camarade ne le choquait pas puisqu'il l'avait toujours vu comme cela, explique-t-il.
Il aura donc fallu une perquisition des gendarmes au domicile du couple pour découvrir l'état déplorable des adolescents. On leur avait signalé que l'un des enfants du couple, un garçon de 13 ans, mesurant 1,65 m et ne pesant que 32 kg, avait été vu fouillant dans les poubelles à la recherche de nourriture. L'enfant portait des traces de coups sur le visage et sur les bras. Et lors de la perquisition, les gendarmes avaient découvert les autres enfants dans un état similaire, les deux fillettes du couple, âgées de 15 ans et de 13 ans et demi, ne pesant chacune que 22 kg.
Retour MYTF1

Chargement en cours...



