© INTERNELe ministre de l'Immigration, Eric Besson était déjà venu le 27 janvier à Calais. Il s'était alors engagé à "exposer des solutions" au problème des migrants d'ici le 1er mai. Il est de retour dans la cité ce jeudi où il doit annoncer son intention de fermer la "jungle", cette vaste zone sablonneuse à proximité du port où ont trouvé refuge des centaines de clandestins en transit, a indiqué mercredi soir son ministère.
Mercredi, les 194 migrants interpellés mardi lors d'une opération de police controversée à Calais ont tous été remis en liberté, a indiqué le parquet de Boulogne-sur-Mer. Neuf des migrants interpellés avaient été placés en garde à vue mais "aucun chef d'inculpation n'a pu être retenu contre eux", a précisé le procureur. "Les enquêteurs vont continuer leur travail mais aucune charge ne permettait de dire que telle ou telle personne était un passeur", a-t-il dit à Reuters.
Eric Besson avait justifié cette opération par une volonté de démanteler les réseaux de passeurs d'immigrants illégaux et de réaffirmer que "force doit rester à loi". Des associations ont dénoncé un "nettoyage" avant la venue du ministre jeudi à Calais, par où transitent de nombreux candidats à l'immigration vers la Grande-Bretagne. En outre, la gauche a dénoncé une "mise en scène médiatique déplorable" le jour même où le président Nicolas Sarkozy promettait de passer la lutte contre l'insécurité "à la vitesse supérieure".
"Echec de la solidarité européenne"
Près de 500 policiers et gendarmes, dont 300 rien qu'à Calais, étaient intervenus sur quatre sites. Selon la préfecture, quelque 150 personnes, essentiellement des Afghans, avaient été arrêtées à Calais dans la zone industrielle des Dunes, surnommée "la jungle", où campent de nombreux migrants illégaux. Quarante-quatre autres sans papiers ont été arrêtés lors d'opérations menées sur des aires d'autoroutes du département.
Dans un communiqué, l'association France Terre d'Asile a estimé mercredi "qu'au-delà des mises en scène spectaculaires et des déclarations guerrières", la situation des migrants à Calais reflétait d'abord "l'échec de la solidarité européenne et l'égoïsme ou l'isolement britannique." "Alors que la plupart des grands pays européens sont présents militairement en Afghanistan, nous sommes collectivement incapables de construire une réponse généreuse et réaliste aux migrations venant de ce pays", écrit-elle.
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