Le wagon du mémorial de la déportation à Drancy © TF1/LCIDes croix gammées tracées à la peinture noire ont été découvertes samedi matin, en pleine Pâque juive, sur le wagon et la stèle du mémorial de la déportation de Drancy, en Seine-Saint-Denis, érigé en souvenir des juifs qui y ont été internés avant d'être déportés vers le camp d'extermination d'Auschwitz pendant la Seconde guerre mondiale. "Une croix gammée haute de 1,50 m a été peinte sur le wagon, une autre de 1 m de haut a été tracée sur la stèle, et une troisième a été tracée sur le mur d'un commerce à 500 m de là", a indiqué un porte-parole du ministère de l'Intérieur. La police a précisé par la suite que deux inscriptions avaient été retrouvées sur la stèle et une sur le wagon. Deux autres ont également été découvertes sur un restaurant et une boulangerie, situés à proximité, sans liens avec la communauté juive.
Sur les vidéos des caméras de surveillance du site, on voit un homme en train de tracer ces inscriptions, a annoncé la préfecture, alors que la police visionne l'ensemble des images. La mairie de Drancy a précisé que les inscriptions avaient été effacées peu après les constatations policières, afin "de montrer que la haine, le racisme et l'intolérance n'ont pas droit de cité à Drancy".
La première fois que cela arrive
Selon le député-maire de la ville, Jean-Christophe Lagarde, les inscriptions ont été réalisées entre 1h20 et 2 heures du matin par une personne d'une vingtaine d'années de type européen. "Indigné", il a d'ores et déjà fait part de son intention de porter plainte, ajoutant que ce n'était "malheureusement pas la première fois" que ce type d'acte se déroulait à Drancy, mais qu'il s'agissait jusqu'à présent "plus d'actes isolés que d'actes politiques". "C'est la première fois, depuis l'inauguration du monument en 1976, que celui-ci est entaché de croix gammées", a déploré pour sa part Raphaël Chemouni, responsable du conservatoire historique du camp de Drancy,
Dans un communiqué, la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie a condamné "avec la plus grande fermeté" ces inscriptions. "Tous les moyens sont mis en oeuvre pour identifier les responsables de ces actes inqualifiables et les traduire en justice", a écrit la ministre. L'Union des étudiants juifs de France s'est dite de son côté "indignée" par cet acte qui s'inscrit selon elle "dans un contexte de très forte hausse des actes antisémistes depuis le début de l'année". Le Conseil représentatif des institutions juives de France a estimé que cet acte constituait une "insulte à la France toute entière". Présent sur place, Hassan Chalghoumi, imam de Drancy, a voulu "montrer le soutien de la communauté musulmane envers la communauté juive et condamner la personne responsable, quelles que soient son origine, ses croyances et ses idées politiques". "Nous entretenons d'excellentes relations entre communautés à Drancy et nous voulons montrer qu'une telle ville, symbole de malheur dans le passé, peut devenir un exemple de tolérance", a-t-il ajouté.
(D'après agence)
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