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| MAM à Bastia |
La tension était forte dimanche en Corse au lendemain d'une très violente manifestation nationaliste à Bastia. Bilan : dix blessés chez les manifestants, 70 chez les forces de l'ordre. La ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie s'est rendue sur place dans la journée, au chevet des huit policiers gravement blessés et hospitalisés. Et de fustiger "des violences inadmissibles commises par une poignée d'individus dont le but est d'attaquer tous les symboles de l'Etat". Le maire de Bastia Émile Zuccarelli a, lui, parlé de "démarche fascisante". Les nationalistes se sont de leur côté félicités de ce qu'ils voient comme une prise de conscience politique des jeunes Corses. Les visant directement, le ministre a dénoncé la "lâcheté" de "ceux qui mettent en avant des jeunes dans les manifestations".
Cette affaire est une conséquence indirecte de la condamnation d'Yvan Colonna à la perpétuité avec une période de sûreté de 22 ans pour l'assassinat du préfet Erignac en 1998. La manifestation de samedi faisait suite à une autre organisée lundi dernier en soutien du condamné, qui clame son innocence. Un collégien avait alors été très gravement blessé à la tête, apparemment par un tir tendu de grenade lacrymogène, une technique normalement prohibée dans les procédures policières.
Des scènes de guérilla urbaine
Organisée sous le mot d'ordre "Stop à la répression", la manifestation de samedi a été marquée par des affrontements très violents entre la police et des jeunes militants nationalistes, qui ont lancé des projectiles, de cocktails molotov, incendié des voitures et même fait usage de bombes artisanales faites de boules de pétanques farcies d'explosifs. Le coordinateur des services de sécurité en Corse a dit "avoir vécu de véritables scènes de guérilla urbaine comme Bastia n'en avait jamais connu ces dernières années". Pour les responsables nationalistes, les manifestants ne faisaient que répondre à la violence de la police.
Les dégâts matériels sont importants : deux agences bancaires mises à sac, l'ex mairie incendiée, un début d'incendie dans le hall de la Banque de France et de nombreux tags d'injures, à la veuve Erignac, entre autres. Pour expliquer l'absence d'arrestation, Michèle Alliot-Marie a souligné "que les contacts directs entre forces de l'ordre et manifestants (avaient) été rarissimes". "Les images et certains éléments recueillis permettront d'identifier les fauteurs de troubles qui seront déférés devant la justice et condamnés".
(D'après agence)
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