Un CRS blessé évacué par les secours, samedi soir à Bastia (Corse). © TF1/LCI![]() |
| Ce qu'il s'est passé |
Le mot d'ordre de la manifestation était de dénoncer les "violences policières" après qu'un collégien eut été blessé lundi dans une précédente manifestation contre le verdict Colonna. Samedi soir, à Bastia, au moins quatre membres des forces de l'ordre ont été blessés grièvement à la fin d'un défilé, qui a rassemblé de 1.500 à 15.000 personnes.
Dimanche, sur RTL, la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie a annoncé son départ pour l'île dans la journée. Selon un communiqué du ministère de l'Intérieur, "une dizaine de personnes blessées ont reçu des soins à l'hôpital de Bastia. Deux policiers des compagnies républicaines de sécurité (CRS), plus sérieusement touchés, sont encore hospitalisés".
Les incidents ont éclaté lors de la dispersion du cortège aux abords de la préfecture. Des manifestants ont jeté des pierres et des cocktails molotov en direction des forces de l'ordre qui ont répliqué par des tirs de grenades lacrymogènes. Un CRS a été ainsi gravement blessé à une jambe, touché par un cocktail molotov, un autre victime d'un traumatisme facial lors d'un jet de projectile. Il y a également une dizaine de CRS blessés. Il n'y a eu ni blessé ni interpellation parmi les manifestants. Vers 21h30, le calme était revenu dans les rues de la ville.
Des cris et des chants corses
Des panneaux de circulation ont été arrachés, des poubelles ont été incendiées et une agence de la banque Crédit Agricole a été saccagée. Un fourgon de police a également été endommagé par l'emploi d'un marron de terre, un explosif utilisé notamment pour déterrer les souches d'arbres, selon les forces de l'ordre. Le bâtiment de La Poste a été couvert de "tags" par des manifestants. "Erignac=salope", "les Français dans les fours", "Vive la violence politique, signé FLNC", pouvait-on lire notamment sur les murs de l'édifice.
C'est le pôle indépendantiste Corsica Libera qui organisait le défilé. Le cortège, composé de nombreux jeunes et précédé d'une voiture portant un drapeau à tête de Maure, l'emblème de la Corse, a défilé aux cris de "Yvan", "Liberté" ou "Assassins" et au rythme de chants corses.
Selon l'avocat du collégien blessé lundi, Jean-Guy Talamoni, également dirigeant de Corsica Libera, le jeune homme a été blessé par un tir tendu de grenade lacrymogène à faible distance et non par le tir d'une fusée marine de détresse comme l'affirment les autorités. L'avocat précise que le collégien est toujours hospitalisé à Bastia mais qu'il est sorti du coma et que son état de santé s'améliore.
(D'après agence)
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