Elise avec son père mardi soir à Marseille © REUTERS![]() |
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Ce fut encore un long voyage pour la fillette de trois ans et demi mais avec son papa cette fois. Elise, la petite fille enlevée le 20 mars à Arles est rentrée en France mardi. Il y a deux jours, elle avait été retrouvée en Hongrie aux côtés de sa mère russe qui tentait de franchir la frontière avec l'Ukraine.
Ballottée depuis deux ans entre son père et sa mère, la fillette est arrivée à Roissy à la mi-journée avant de repartir pour Lyon, où l'avocat de son père, Me Victor Gioia, les a accueillis. Dans la soirée, les trois se sont retrouvés à Marseille.
La décision lundi par les autorités hongroises de remettre la fillette au père a été qualifiée de "précipitée" par Moscou. Selon Paris, le retour de l'enfant en France est conforme au droit européen, la mère, Irina Belenkaya, étant visée par un double mandat d'arrêt européen émis par la justice française. Née à Moscou le 2 novembre 2005, Elise a vécu en France avant d'être emmenée en Russie par sa mère en 2007 après la séparation du couple, puis enlevée à Moscou par son père qui l'a ramenée à l'automne 2008 en France, à Arles où il réside. C'est là qu'elle a à nouveau été enlevée en pleine rue le 20 mars sous les yeux de son père qui a été violemment frappé par deux hommes alors qu'une femme - le père a dit reconnaître son ex-épouse - s'emparait de l'enfant.
Cette "situation absurde"
Le cas d'Elise est rendu complexe par l'absence d'accord bilatéral entre Paris et Moscou pour trancher la question de la garde. Pour avoir chacun soustrait leur fille à l'autorité de l'autre dans son pays, les deux parents sont poursuivis par la justice, le père en Russie et la mère en France. Désormais, pour éviter un nouvel enlèvement, les autorités françaises et russes devraient s'efforcer de convaincre les parents de se mettre d'accord sur des modalités de garde et de visite. "L'objectif est de trouver un accord à l'amiable avalisé par les parents et par la justice de leurs deux pays", a déclaré le porte-parole de la Chancellerie française, Guillaume Didier, pour qui, dans le cas d'Elise, cela pourrait prendre "des mois". Moscou a de son côté proposé à la France "des consultations concrètes entre experts". "Nous avons affaire à un cas avec une collusion juridique complexe", a dit le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov.
Jean-Michel André, le père, s'est dit prêt mardi à "trouver une solution à cette situation absurde" et à "la négocier, la construire avec les autorités françaises et en accord avec les autorités russes". L'avocate de Mme Belenkaya durant la procédure de divorce en France, Me Catherine Dejean, a indiqué avoir saisi dès 2008, avec le père, le bureau français d'entraide internationale. "La seule issue n'est pas dans la justice pour le moment mais dans une médiation internationale où les médiateurs devront aider les parents à surmonter leurs peurs", a indiqué Me Dejean.
La mère d'Elise, placée en garde à vue en Hongrie, doit comparaître à huis clos mercredi à Budapest devant un tribunal qui doit décider de sa mise sous écrou ou de sa libération. Selon le procureur de la République d'Aix-en-Provence, Olivier Rothé, son transfert en France pourrait prendre "plusieurs semaines", selon qu'elle l'accepte ou non.
(D'après agence)
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