Jurdan Martitegi, haut dirigeant présumé d'ETA © TF1/LCIAprès quelques heures de relative incertitude, les détails de l'opération des polices française et espagnole qui ont contribué à porter un coup très dur à l'ETA ont été confirmés dimanche : Jurdan Martitegi, soupçonné d'être le principal dirigeant militaire de l'organisation séparatiste basque, a été arrêté samedi dans le sud-ouest de la France. Le même jour, des deux côtés de la frontière franco-espagnole, huit autres membres présumés de l'ETA ont été interpellés.
Jurdan Martitegi a été arrêté à Montauriol, dans la région de Perpignan avec deux autres membres présumés d'ETA, dont Alexander Uriarte Cuadrado ; parallèlement, six personnes ont été arrêtées dans la province basque d'Alava en liaison avec l'opération menée en France. Selon les médias espagnols, l'opération a été coordonnée par Baltasar Garzon, le juge spécialiste des affaires de terrorisme de l'Audience nationale, le tribunal espagnol chargé de ces affaires.
Des armes de poing
A Montauriol, la police française a saisi trois armes de poing, deux voitures dont l'une munie de fausses plaques minéralogiques, et un "récipient du type de ceux habituellement utilisés par ETA pour fabriquer des engins explosifs", a fait le ministère français de l'Intérieur, en soulignant que "l'opération, qui a conduit à l'arrestation du plus haut dirigeant des commandos erratas, a commencé en Espagne". Dimanche, le chef militaire présumé de l'organisation séparatiste était entendu à Montpellier, avant un probable transfert vers Paris.
Jurdan Martitegi, 28 ans, un ancien dirigeant considéré comme particulièrement violent du "commando Biscaye" démantelé en juillet dernier, est soupçonné d'avoir succédé au poste de chef de l'appareil militaire d'ETA à Aitzol Iriondo, arrêté le 8 décembre 2008 en France. Ce dernier avait lui-même remplacé Garikoitz Aspiazu dit 'Txeroki', également interpellé en France, le 17 novembre dernier. Selon le ministre espagnol de l'Intérieur, Alfredo Perez Rubalcaba, le coup de filet de samedi a permis de déjouer un attentat en préparation au Pays Basque espagnol.
Ces derniers mois, de nombreux responsables et membres présumés d'ETA ont été arrêtés en France. Depuis le début de l'année, 11 ont été interpellés en France et 11 en Espagne, selon les médias espagnols. Jugée responsable de 825 meurtres en plus de 40 ans de violences pour l'indépendance du pays basque, l'ETA, durement frappée, remplace pourtant régulièrement sa hiérarchie ainsi mise hors course par des opérations policières successives, et menace : le groupe a averti la semaine dernière qu'il comptait poursuivre ses actions violentes et a fixé comme "objectif prioritaire" les "responsables politiques" du prochain gouvernement du Pays Basque, qui devrait être présidé par le socialiste Patxi Lopez, après 30 ans au pouvoir du parti nationaliste PNV.
(D'après agence)
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