Extrait de la vidéo d'une agression dans un bus © TF1/LCI| Agression dans un bus : la vidéo et la polémique |
Depuis l'apparition de la vidéo sur internet, la polémique monte : sur la réalité de l'agression qu'elle montre, sur la manière dont elle a été mise en ligne... Les images, qui ont fait leur apparition en début de semaine, proviendraient de la caméra de vidéosurveilance d'un bus de nuit Noctilien, dans lequel un voyageur a été agressé le 7 décembre 2008 dans le XVIIIe arrondissement de Paris. Les inscriptions portées sur la vidéo mentionnent l'heure : 3h45.
L'extrait mis en ligne, qui dure plusieurs minutes, est particulièrement violent. On y voit un jeune homme passé à tabac par un groupe d'individus qui tentent de lui dérober son portefeuille. La victime est rouée de coups de pied et de poing aux cris, semble-t-il, de "fils de pute" et de "sale Français". Deux passagers qui tentent de s'interposer sont également frappés tandis que la plupart des voyageurs prennent la fuite. Le conducteur de bus,q ui a donné l'alerte, reste sur son siège.
Menaces de révocation
L'apparition de cette vidéo sur internet et sa reprise par des sites d'extrême-droite ont laissé supposer à une possible manipulation des images. Mais la réalité de l'agression est établie puisque selon une note du ministère de l'Intérieur, trois interpellations ont eu lieu suite à l'incident. La question est donc de savoir qui a mis ces images en ligne. Une double enquête, administrative et judiciaire, est en cours, à la RATP et au sein de la police, pour déterminer si les fuites sont le fait d'employés de la régie ou de policiers.
Depuis mercredi matin, un gardien de la paix appartenant au Service régional de la police des Transports (SRPT) est en garde vue à l'Inspection générale des services -la police des polices. Il est soupçonné d'être à l'origine de cette diffusion à partir de sa page Facebook, avant que les images ne soient reprises sur des sites de partage de vidéos, YouTube et Dailymotion notamment, et assorties de commentaires évoquant des "racailles" lors d'une "agression anti-blanc". Contacté par la rédaction de 20minutes.fr, le fonctionnaire, «paniqué», a fait retirer la vidéo de Facebook mardi midi et son compte personnel a été fermé."J'ai fait ça pour faire voir à̀ mes amis dans quelles conditions on travaillait et ça a fuité", aurait-il par ailleurs expliqué au Post.fr.
La Ratp porte plainte
La police n'a pas souhaité préciser si c'était bien cette personne qui se trouvait actuellement en garde à vue. Si les faits venaient à être confirmés, il encourrait des sanctions pénales et disciplinaires. Il pourrait, selon une source policière jointe par LCI.fr, être suspendu à titre conservatoire dès sa sortie de garde à vue. Il est passible d'une révocation.
A la préfecture de police, on précise que lors d'une enquête sur une agression, les images enregistrées par les caméras de surveillance de la RATP "sont transmises sur réquisitions à des policiers qui les placent sous scellés", ces éléments "faisant partie du secret de l'enquête". Et l'on rappelle "que tout policier qui viole le secret de l'enquête s'expose à des poursuites".
Pour le Président de la RATP, Pierre Mongin, "la diffusion sur Internet de la vidéo est un acte constitutif d'un délit, la RATP est victime dans cette affaire, elle porte plainte et elle demande que toute la lumière soit faite sur l'origine de cette fuite", a-t-il déclaré avant d'ajouter que cette vidéo constitue "plus qu'une fuite, c'est une manipulation d'un document de type policier et judiciaire à des fins de communication externe".
Avec agences
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