Un policier raconte : "Nous avons vu la mort de près"

le 08 avril 2009 à 08h10 , mis à jour le 08 avril 2009 à 22h32

Un policier présent dans l'hôtel incendié à Strasbourg par des militants anti-Otan accuse sa hiérarchie d'avoir trop tardé à le secourir, lui et ses collègues.

Manifestation heurts Otan Strasbourg © TF1

La stratégie de la police durant les violents affrontements qui se sont produits à Strasbourg alors que se réunissaient les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Otan continue à faire polémique. Un policier présent samedi dans l'hôtel Ibis incendié par des militants autonomes accuse sa hiérarchie d'avoir mis en danger sa vie et celle de ses collègues, en tardant à leur porter secours.

 

Dans un mail envoyé mardi aux syndicats de police, le gardien de la paix raconte : "Nous avons vu la mort de près, de trop près durant une bonne demi heure". Selon lui, "le directeur départemental (de la police de Strasbourg), chef du dispositif, avait donné l'ordre aux effectifs se rapprochant de faire demi-tour". Le policier écrit encore : "Nous avons pu finalement être évacués, une fois la zone nettoyée par les membres de notre belle et grande famille", soulignant qu'il avait laissé derrière lui vêtements et "matériels collectifs". 

 

Une vingtaine de minutes avant l'intervention

 

Au cours de cette évacuation, il affirme avoir sauvé certains de ses collègues présents (six selon son décompte) : "Mes collègues me disent que je leur ai sauvé la vie, mais notre professionnalisme, notre sang-froid, notre courage et notre dévouement ont également permis de sauver la vie de six autres personnes (quatre employés de l' hôtel, un journaliste et un client)", écrit-il.

 

Pointé du doigt dans ce mail, le directeur départemental, Luc-Didier Mazoyer, dément les accusations : "J'ai donné l'ordre au chef des Brigades anti-criminalité d'attendre le rassemblement de tous ses effectifs qui étaient dispersés en centre-ville, ce qui a duré tout au plus quelques minutes, pour qu'il puisse intervenir en toute sécurité avec l'appui d'une compagnie de CRS". Selon lui, une vingtaine de minutes se sont écoulées entre l'appel au secours des policiers dans l'hôtel Ibis et l'intervention. Les personnels ont pu être évacués une demi-heure après l'appel, précise-t-il encore.

 

Jean-Claude Delage, secrétaire général d'Alliance (second syndicat de gardiens de la paix), demande pour sa part une enquête sur ces accusations afin de voir si elles sont, ou non, "fondées", car "si ce qui est dit était vrai, ce serait inadmissible". Du côté de l'Unsa-police, principal syndicat, on confirme avoir reçu le courriel, sans souhaiter s'exprimer.

 

D'après agence

le 08 avril 2009 à 08:10
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