© INTERNEPrès de 300 policiers et gendarmes ont mené mardi matin une importante opération dans une zone de squats de migrants à Calais, où près de 150 d'entre eux ont été interpellés, a annoncé la préfecture du Pas-de-Calais. Un coup de filet mené sur réquisition du procureur de la République de Boulogne-sur-Mer. Dans la nuit, des gendarmes ont également interpellé 33 autres personnes sur des aires d'autoroutes de la région de Calais, et onze autres près de Saint-Omer, précise la préfecture. Ce secteur du Pas-de-Calais est connu pour voir affluer chaque année des centaines de migrants illégaux qui cherchent à passer en Grande-Bretagne.
Les interpellations sont "vraiment pour démanteler les filières, c'est une opération de déstabilisation des filières, pour essayer de trouver des passeurs", a indiqué une porte-parole de la préfecture. Les quelque 200 personnes au total arrêtées, parmi lesquelles beaucoup se déclarent afghanes, ont notamment été placées en garde à vue à Calais, Coquelles, Boulogne et Lille.
Besson fera des "propositions" jeudi
Lors de l'opération, qui s'est déroulée en tre 7 heures et 10h30 ce matin, un périmètre de sécurité a été mis en place. "On est coincés, la démocratie fonctionne bien", a ironisé Jean-Claude Lenoir, bénévole du Collectif C-Sur (soutien d'urgence aux réfugiés), maintenu derrière le périmètre. "Depuis huit jours, ça a été des gazages incessants. Ils sont au squat des Afghans, dans la zone des dunes de Calais", a-t-il témoigné, indiquant que des cars de police étaient visibles.
Le ministre de l'Immigration doit se rendre jeudi à Calais pour "faire part de ses analyses et de ses propositions". S"exprimant devant la presse, Eric Besson a justifié l'opération lancée dans la matinée. "La situation s'était détériorée à Calais. Il ne peut être dit que passeurs et trafiquants font la loi. Les valeurs de base ont été mises en doute, il fallait réaffirmer que force doit rester à la loi", a-t-il déclaré.
Eric Besson s'était déjà rendu à Calais le 27 janvier, lors d'une de ses premières sorties après sa nomination à son ministère. Il s'était engagé à apporter des solutions concrètes avant le 1er mai. Sa visite avait été notamment sollicitée par la maire UMP de Calais, Natacha Bouchart, soulignant la "situation intenable" de sa ville qui doit faire face à un afflux de migrants venus pour la plupart du Moyen-Orient.
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